Plus de 2,6 millions de filles en Afghanistan ont été privées d’accès à l'enseignement secondaire depuis 2021 – UNICEF

14 août 2026
Shafiqa* a 15 ans et vit à Kaboul, en Afghanistan. *Les noms ont été modifiés afin de protéger l'identité des personnes concernées.
UNICEF/UN0904364/Azizi Shafiqa* a 15 ans et vit à Kaboul, en Afghanistan. *Les noms ont été modifiés afin de protéger l'identité des personnes concernées.

NEW YORK, le 15 août 2026 – Plus de 2,6 millions de filles en Afghanistan ont été privées d’accès à l’enseignement secondaire depuis la prise de pouvoir par les autorités de facto il y a cinq ans, a déclaré l’UNICEF aujourd’hui. L'Afghanistan demeure ainsi le seul pays au monde où l'enseignement secondaire et supérieur est de fait interdit aux filles et aux femmes.

Les filles n'ont plus accès à l'enseignement formel au-delà de la sixième année de primaire depuis septembre 2021, et les femmes, aux universités depuis décembre 2022.

« Cinq ans, c’est peut-être bref dans l’histoire d’un pays, mais c’est une période déterminante dans la vie d’une fille », a déclaré la Directrice générale de l’UNICEF, Catherine Russell. « Une salle de classe offre bien plus que de l’apprentissage. Elle donne aux jeunes un espace pour s’exprimer et la possibilité d'atteindre leur plein potentiel. Elle offre également une protection contre le travail des enfants, les mariages précoces, la violence et les abus. Avec la fermeture des écoles, cette protection a disparu, au moment même où les filles en avaient le plus besoin. »

Les filles non scolarisées font face à des risques accrus en matière de protection, notamment pour ce qui est du travail des enfants, des abus, du mariage précoce et de la violence liée au genre. En outre, la pauvreté des ménages et les déplacements de population, deux phénomènes très répandus en Afghanistan, exacerbent ces risques. Or, plus de 2,7 millions de personnes sont revenues d'Iran et du Pakistan depuis 2023, dont 60 % d'enfants et de jeunes.

Par ailleurs, les répercussions de cette situation ne se limitent pas aux filles directement concernées. En effet, une analyse publiée par l’UNICEF en avril 2026, intitulée « Éducation des filles et participation des femmes au marché du travail en Afghanistan : Le coût de l’inaction » (The Cost of Inaction on Girls’ Education and Women’s Labour Force Participation in Afghanistan), révèle que l’Afghanistan risque de perdre plus de 20 000 enseignantes et 5 400 professionnelles de santé d’ici à 2030. Le nombre d’enseignantes dans l’éducation de base a déjà diminué de plus de 9 %, passant de près de 73 000 en 2022 à environ 66 000 en 2024. De même, la proportion de femmes dans la fonction publique est passée de 21 % à 17,7 % entre 2023 et 2025.

Cette même analyse estime que les restrictions imposées à l’éducation et à l’emploi des filles et des femmes coûtent au pays 84 millions de dollars des États-Unis par an en perte de production économique, des pertes qui continuent de se creuser chaque année avec le maintien de ces restrictions. De fait, les conséquences se répercutent sur la génération suivante. À mesure que la proportion de mères n’ayant pas reçu d’instruction augmente, les risques d’insuffisance pondérale à la naissance, de vaccination insuffisante et de retard de croissance chez leurs enfants progressent également. Cette combinaison de facteurs exerce une pression supplémentaire sur un système de santé déjà sous tension.

Malgré les restrictions, l’UNICEF continue de soutenir l’apprentissage des enfants en Afghanistan. Ainsi, en 2025, plus de 3,7 millions d’enfants scolarisés dans l’enseignement public ont bénéficié d’un soutien d’urgence ; 442 000 enfants – dont 66 % de filles – ont accédé à des initiatives d’apprentissage au sein de leur communauté et 232 écoles ont été construites ou rénovées.

« L’UNICEF appelle les autorités de facto à lever les restrictions sur l’éducation et à permettre à toutes les filles et femmes de retourner immédiatement à l’école et à l’université », a déclaré Catherine Russell, reprenant l’appel du Secrétaire général de l’ONU à lever la suspension de l’éducation des filles en Afghanistan. « L’UNICEF et ses partenaires se tiennent prêts à soutenir la réouverture des écoles afin que chaque fille puisse y retourner en toute sécurité. Un pays ne peut prospérer si la moitié de sa jeunesse est tenue à l’écart. L'avenir de l'Afghanistan se tient aux portes des salles de classe, attendant qu’on le laisse entrer. »

Contacts presse

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UNICEF Afghanistan
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À propos de l’UNICEF

L’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, œuvre à la protection des droits de chaque enfant, où qu’il soit, en particulier ceux des plus défavorisés et des plus difficiles à atteindre. Dans plus de 190 pays et territoires, nous mettons tout en œuvre pour aider les enfants à vivre, à s’épanouir et à réaliser leur potentiel. 

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