« Je veux que mes enfants soient en sécurité » : des familles yéménites trouvent refuge à Djibouti
Sous le leadership du Gouvernement de Djibouti, l'UNICEF et ses partenaires accompagnent près de 2 000 enfants arrivés du Yémen avec leurs familles après avoir fui le conflit.
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Ils ont quitté leur maison dans la précipitation, traversé la mer avec leurs familles et laissé derrière eux un quotidien bouleversé par le conflit. Depuis septembre 2026, environ 3 840 personnes sont arrivées à Djibouti depuis le Yémen. Les femmes et les enfants représentent 75 % des nouveaux arrivants, et près de la moitié des personnes arrivées sont des enfants. Au total, environ 2 000 enfants ont été recensés, dont 16 % sont âgés de moins de cinq ans.
Au village de réfugiés de Markazi, à Obock, les autorités djiboutiennes, avec l'appui de l'UNICEF et de ses partenaires, accompagnent les familles dès leur arrivée.
« Nous avons fui pour protéger les enfants »
Zeinab observe ses enfants et ses petits-enfants réunis autour d'elle. Quelques jours plus tôt encore, elle vivait dans le village de Doubab, dans la région de Bab el-Mandeb au Yémen. Aujourd'hui, elle fait partie des milliers de personnes qui ont trouvé refuge à Djibouti.
« Je veux vivre en sécurité. Je veux travailler pour nourrir mes enfants et mes petits-enfants, qu'ils puissent aller à l'école et recevoir des soins de santé », confie-t-elle.
Comme beaucoup d'autres familles, Zeinab a quitté son village dans l'urgence. « À neuf heures du soir, des combats ont éclaté près de chez nous. Il y avait des hommes armés partout. Nous avons fui pour protéger les enfants. » Veuve et cheffe de famille, Zeinab a quitté son village avec ses filles, ses petits-enfants et d'autres proches lorsque les affrontements se sont rapprochés de son quartier. La famille a rejoint la côte dans l'espoir d'embarquer vers Djibouti.
La traversée a été éprouvante. Une panne de carburant a immobilisé l'embarcation pendant près de deux jours. « Nous avons dormi sur l'eau avec les enfants », se souvient-elle. Le bateau a finalement été secouru par les garde-côtes djiboutiens.
Santé et nutrition : répondre aux besoins les plus urgents des enfants
Pour de nombreuses familles, la santé des enfants est une préoccupation immédiate. Au poste de santé de Markazi, géré par le Centre médico-hospitalier d'Obock avec l'appui de l'UNICEF et de ses partenaires, des centaines d'enfants ont déjà reçu des consultations médicales et des femmes enceintes ont bénéficié de soins prénatals. Plus de 740 consultations pour les enfants de moins de cinq ans ont été réalisées depuis le début des arrivées.
Pour les plus jeunes, la vaccination constitue souvent l'une des premières étapes après l'arrivée. À deux mois seulement, la petite Saada, accompagnée de ses parents, a reçu ses premiers vaccins à Markazi.
Les équipes médicales veillent à identifier rapidement les enfants souffrant de malnutrition afin de leur permettre de recevoir une prise en charge adaptée. Au 19 octobre, environ 330 enfants âgés de 6 à 59 mois avaient été examinés. Parmi eux, 79 présentaient une malnutrition aiguë sévère, comme le petit Aziz, et 115 souffraient de malnutrition aiguë modérée.
L'eau, une priorité quotidienne
L'augmentation rapide des arrivées a entraîné de nouveaux besoins en eau, en assainissement et en hygiène au sein du village de réfugiés. Avec le Croissant-Rouge djiboutien et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), l'UNICEF contribue au renforcement des infrastructures de Markazi. Des points d'eau ont été installés ou réhabilités et une quarantaine de latrines d'urgence ont été aménagées afin d'accompagner l'extension du site.
L'accès à l'eau repose également sur l'engagement de volontaires issus de la communauté réfugiée. Originaire du Yémen, Saada participe à la gestion quotidienne des points d'eau et sensibilise les familles aux bonnes pratiques d'hygiène. Comme elle, d'autres volontaires contribuent à informer et orienter les familles vers les structures de santé et les services de nutrition et de protection de l'enfance.
Retrouver un espace pour jouer et s'exprimer
Pour les enfants qui ont fui les violences, retrouver un sentiment de sécurité passe aussi par le jeu, l'apprentissage et l'expression de leurs émotions.
Dans l'Espace Ami des Enfants mis en place par l'UNICEF, Ayan a dessiné un enfant courant sous les bombardements. D'autres ont représenté leur traversée en bateau vers Djibouti. Certains ont choisi de dessiner des maisons, des fleurs ou des cœurs, témoignant de leur espoir de retrouver une vie paisible.
Avec l'appui de bénévoles yéménites, notamment Fozia, Anfal, Amal et Helma, les enfants participent à des activités récréatives et créatives. Depuis septembre, 540 enfants âgés de 4 à 9 ans, dont 69 % de filles, ont participé aux activités de cet espace. Les équipes y apportent également un accompagnement adapté aux enfants ayant vécu des expériences difficiles durant leur déplacement.
Une mobilisation collective pour les enfants et leurs familles
Pour Zeinab et des milliers d'autres parents, l'espoir reste le même : voir leurs enfants grandir en sécurité, en bonne santé, aller à l'école et envisager l'avenir avec davantage de sérénité.
Sous le leadership du Gouvernement de Djibouti, à travers l'Office National d’Assistance aux Réfugiés et Sinistrés (ONARS), la Préfecture et le Conseil régional d'Obock, l'UNICEF travaille en coordination avec le Croissant-Rouge djiboutien, le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le Programme alimentaire mondial (PAM), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et d'autres partenaires afin d'accompagner les enfants et leurs familles dans les domaines de la santé, de la nutrition, de la protection de l'enfance, de l'eau, de l'assainissement et de l'hygiène.
Afin de répondre aux besoins des enfants et des familles dès leur arrivée, l’UNICEF a rapidement mobilisé ses fonds thématiques d’urgence. L’UNICEF remercie l’Union européenne, le Gouvernement italien, le Gouvernement des États-Unis et le Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF) géré par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), pour leur soutien aux enfants et aux familles accueillis au village de réfugiés de Markazi.