La prévention de la maladie à virus Ebola en République du Congo

A Mpouya, les relais communautaires font de la sensibilisation au sein des communautés

Niyonkuru Jean Junior
Ursulle raconte son action dans la lutte contre Ebola dans son rôle de relais communautaire
UNICEF/2020/JJ.Niyonkuru
24 février 2021

Ursulle, 42 ans, maman de deux enfants, est relais communautaire à Mpouya, un district du département des Plateaux, au Centre Est de la République du Congo.

Mpouya se trouve sur le corridor du fleuve Congo, dans une zone identifiée par le ministère de la Santé et ses partenaires comme ayant un risque élevé d'importation d’Ebola. Ceci à cause de sa proximité avec l’épicentre de la 11ème épidémie d’Ebola dans la province de l’Équateur, République Démocratique du Congo (RDC).

« Ici on n’a jamais connu un cas d’Ebola, mais nous restons prudents parce que la RDC n’est pas loin d’ici. » explique Ursulle en parlant d’Ebola, une fièvre hémorragique très grave et souvent mortelle, qui peut atteindre jusqu’à 70% de taux de mortalité.

Le district de Mpouya, une zone à haut risque Ebola  

Le virus qui cause la maladie Ebola est transmis à l’homme par des animaux sauvages, comme des chauves-souris frugivores, des porc-épic et des primates. Ce virus se propage ensuite au sein de la population humaine par contact direct avec du sang, des sécrétions, des organes ou d’autres liquides biologiques de la personne infectée, et des objets ou surfaces contaminées par ces liquides, comme le linge de lit et les vêtements.

Le risque d’importation de la maladie à virus Ebola à Mpouya et dans des autres zones de la République du Congo qui se trouvent le long du fleuve Congo est élevé à cause deux raisons majeures : les mouvements de la population sur les voies navigables et les marchés publics au bord du fleuve.

D’une part, les mouvements réguliers de la population sur les différentes voies navigables et à travers les différents points d'entrée le long des fleuves Congo et Oubangi entre la province de l'Équateur en RDC et les départements de la Likouala, de la Cuvette et des Plateaux en République du Congo. Mpouya se trouve justement sur cette voie.

D’autre part, cette partie du fleuve Congo est un corridor commercial très intense avec une forte présence de marchés publics hebdomadaires dans plusieurs villages le long du fleuve, ce qui augmente un potentiel risque de transmission du virus.

L’importance d’engager les communautés

« Quand il y a une alerte, on reçoit l’information et puis on descend sur le terrain pour sensibiliser les villageois. Nous, les relais communautaires, nous sommes le lien entre l’hôpital et la population. » continue Ursulle. 

Ursulle lors d'une reunion des agents communautaires à Mpouya
UNICEF/2020/JJ.Niyonkuru
Ursulle lors d'une reunion des agents communautaires à Mpouya

J’ai participé à deux formations sur comment engager les populations pour prévenir Ebola. Après les formations, nous avons fait de la sensibilisation dans tout le district. Lors de la sensibilisation « porte à porte », on disait aux gens de prendre des précautions, par exemple ne pas toucher les liquides biologiques des autres, être propre et éviter de toucher et manger la viande de brousse car c’est possible que la maladie arrive chez nous.

En 2020, UNICEF a appuyé le Gouvernement du Congo pour la formation de plus de 600 agents communautaires, personnel de la société civile, acteurs de terrain et partenaires sur la communication pour le changement de comportement pour la prévention d’Ebola. C’est grâce aux formations reçues que des relais communautaires comme Ursulle ont acquis les compétences nécessaires pour sensibiliser les communautés sur les mesures préventives et minimiser le risque d’une épidémie d’Ebola au Congo.

En 2020, grâce au financement de USAID, nous avons fourni presque 10 000 supports de communication et de surveillance, comme des boîtes à images, des affiches, des dépliants, des flyers et des dessins animés en français et en langues locales pour appuyer les activités de sensibilisation et surveillance des communautés. Nous avons aussi fourni du matériel pour l’hygiène, comme des savons, des seaux et plus de 700 dispositifs de lavage des mains pour les communautés le plus exposées.

Malgré les efforts pour préparer les populations au risque, il y a un encore beaucoup à faire

Bien que la 11ème épidémie d’Ebola dans la province d’Équateur en RDC soit officiellement terminée à la fin de 2020, le risque de résurgence de la maladie demeure si les mesures préventives ne sont pas respectées.

Une potentielle épidémie d’Ebola dans la République du Congo aurait des effets dévastateurs pour les villages tout au long du fleuve Congo, qui sont déjà très vulnérables aux émergences humanitaires. Ces villages, en effet, sont souvent victimes des inondations, qui multiplient les risques de propagation de maladies d'origine hydrique, notamment le choléra. Faire face à de multiples épidémies de maladies (Ebola, cholera et autres maladies d'origine hydrique) alors que le Congo reste confronté à la crise sanitaire lié à la COVID-19 pourrait être insoutenable.

C’est dans ce sens que le UNICEF, le Gouvernement du Congo et les autres partenaires continuent leurs interventions dans le cadre de la préparation à la riposte au sein des communautés, surtout dans les localités où l’accès à l’information et les pratiques d’hygiène quotidiennes demeurent un point faible.

Aujourd’hui nous ne sommes pas encore 100% équipés pour lutter contre Ebola, dans le cas où cette maladie arrive chez nous. C’est pour cela que notre travail de prévention avec des mesures d’hygiène doit continuer.

Conclut Ursulle