Comment je vis avec le VIH

L’histoire d’une maman courageuse vivant avec le VIH au Congo

Aurelia Jessica Emmanuella ICKONGA
Blanche, 27 ans, jeune vivant avec le VIH
UNICEF_2020_TWIRINGIYIMANA
01 mars 2021

Blanche (nom fictif pour protéger son identité) est une jeune fille de 27 ans, membre de l’association Avenir-Positif de Pointe-Noire, deuxième ville du Congo, qui aide les jeunes vivant avec le VIH. Son témoignage est un message d’espoir et de courage pour des milliers de jeunes mamans vivant avec le VIH dans la République du Congo.

Selon les dernières données disponibles, tirées du Plan Stratégique National de prévention du VIH chez les adolescents et jeunes du Congo 2020-2024, couramment 104 000 personnes dans le pays ont le HIV. Presque sept personnes sur dix vivant avec le VIH, soit 70 000 personnes, sont des femmes comme Blanche.

 « Je sais très bien que certaines personnes ne croient pas que le VIH existe. » dit Blanche. « C’est exactement ce qui s’est passé avec moi quand j’étais petite : ma grand-mère, qui s’occupait de moi après le décès de mes parents quand j’étais très petite, n’assumait pas la maladie. »

« Quand j’étais un enfant j’avais souvent des plaies sur ma tête et j’étais tout le temps malade. » continue Blanche. « Ma grand-mère était persuadée que c’était de la sorcellerie, pas le VIH, et c’est seulement quand j’avais 14 ans qu’elle m’a emmené voir un médecin pour me faire dépister. »

De nouvelles opportunités grâce au dépistage

« J’étais encore toute petite, mais je me rappellerai toujours avoir lu le mot POSITIF en gros caractères sur le bulletin que ma grand-mère tenait dans ses mains et ce jour-là ma vie a basculé. » dit Blanche.

« Dès que ma grand-mère a appris mon statut, elle l’a communiqué à tout le quartier et là mon calvaire a commencé. J’ai été l’objet de moqueries et j’ai commencé à perdre mes amis un à un. C’était triste de voir la réaction des gens qui avant étaient proches de moi. Ils ne rataient pas une occasion de me rappeler mon statut et de m’éviter. Toute ma vie avait changé en l’espace de quelques jours. » 

Malgré les difficultés et la stigmatisation lors de son diagnostic, le fait d’avoir été dépisté à un jeune âge a permis à Blanche de commencer tôt un traitement antirétroviral, qui lui a sauvé la vie. Et pas seulement cela : connaitre son statut lui a permis d’adhérer à une association où elle a découvert sa vocation et a eu l’opportunité d’apprendre un métier.

« C’est seulement quand j’ai été prise en charge par Avenir Positif que j’ai retrouvé ma vraie mission. J’ai commencé à suivre une formation pour devenir couturière et les gens que j’ai rencontré là sont devenus mes amis, une seconde famille. » nous raconte Blanche.

Un futur meilleur pour Blanche et son fils Nathan

Blanche est la maman d’un petit Nathan de 6 ans : « J’ai rencontré le père de mon fils pendant que je suivais mon traitement » raconte la jeune femme. « Lui aussi a le VIH, et j’ai vraiment eu peur quand je suis tombée enceinte, mais grâce aux conseils et à une bonne prise en charge, tout s’est bien passé : Nathan est né et continue à grandir en bonne santé. »

Grâce à l’appui fourni par UNICEF au Gouvernement du Congo pour l’élaboration d’une stratégie nationale de prévention du VIH chez les adolescents et grâce au travail des associations de prise en charge, comme Avenir Positif, des jeunes femmes comme Blanche et leurs enfants ont maintenant l’opportunité d’un futur meilleur.

« Dès que j’aurais terminé ma formation de couturière, qui prend trois ans, je vais essayer de trouver un travail. » nous raconte Blanche. « Je pense que je vais réussir dans mon métier et que je vais reprendre confiance en moi sans avoir peur d’être critiquée par les gens autour de moi. J’espère devenir un exemple pour les autres. »

 « Je me bats pour pouvoir assurer à mon fils un avenir meilleur que le mien. Il est encore petit et je souhaiterais vraiment qu’il ne soit pas stigmatisé à son tour comme enfant d’une maman avec le VIH. Vivre avec cette maladie est un combat de tous les jours, mais heureusement il y a de l’espoir grâce au dépistage et aux traitements. Les personnes vivant avec le VIH et leurs familles ont le droit de vivre une vie pleine et heureuse comme tout le monde. »