Comment je me suis engagé dans la prévention contre le VIH
Christian est un jeune vivant avec le VIH : malgré les difficultés, il reste positif, s’engage et sensibilise les jeunes autour de lui
Christian (nom fictif pour protéger son identité) a 24 ans et il est engagé au sein d’Avenir+, une association basée à Pointe-Noire, la deuxième ville la plus grande de la République du Congo. Avenir+ a été créée en 2007 par un groupe de parents d’enfants vivant avec le VIH pour améliorer leur prise en charge médicale. Au fil du temps, Avenir+ a pris en charge de plus en plus d’enfants et adolescents vivant avec VIH pour une amélioration holistique de leurs conditions de vie : du traitement de la maladie avec des médicaments antirétroviraux, à la santé mentale, les formations professionnelles, les loisirs et la sensibilisation.
Christian a été diagnostiqué positif au VIH en 2004 et son combat n’a pas été de tout repos.
« Tout a commencé quand j’étais tout petit : j’étais tout le temps malade, tout le temps hospitalisé. C’est seulement quand j’ai eu sept ans que j’ai été dépisté et mes parents ont appris avec surprise que j’avais le VIH. Ils sont allés faire le test et ont découvert qu’ils avaient le VIH également tous les deux. » dit Christian pendant une rencontre avec UNICEF le 1 décembre 2020, Journée mondiale de lutte contre le SIDA. Christian explique qu’il est le seul enfant avec VIH de sa famille : les cinq enfants avant lui n’ont pas le virus et sa petite sœur non plus.
« J’ai commencé à prendre mes médicaments quand j’étais encore petit sans trop me poser de questions. Mais au fur et mesure que je grandissais je commençais à trouver ça vraiment contraignant. Quand je posais des questions à mes parents, ils ne me répondaient pas ou ils me répondaient toujours vaguement et j’étais frustré. »
« En signe de rébellion, en 2013, j’ai arrêté mon traitement brutalement. Mais quelques jours après avoir arrêté mon traitement j’ai fait une rechute. Je n’avais jamais été aussi malade et j’ai eu peur. » explique Christian.
« J’ai entendu parler de l’Association Avenir+ par mon oncle il y a quelques années et j’ai décidé d’y aller. Je suis maintenant pair éducateur et je sensibilise les jeunes autour de moi. Je les écoute et je leur donne des conseils pour qu’ils évitent de contracter le virus. » raconte Christian.
« Chez les jeunes de mon âge, il y a encore beaucoup de déni, ce qui est un vrai problème. Quand on est jeune on se sent invincible: c’est pour cela que mon témoignage de jeune vivant avec le VIH est important. Quand je parle avec eux ils comprennent que le virus existe et qu’il faut se protéger pendant les rapports sexuels et dans toutes les activités qui pourraient vous exposer à la transmission du virus. » explique Christian.
L’histoire poignante de Christian apporte un témoignage à des milliers de jeunes vivant avec le VIH enRépublique du Congo. Selon les derniers données disponibles, tirées du Plan Stratégique National de prévention du VIH chez les adolescents et jeunes du Congo 2020-2024, actuellement 104 000 personnes dans le pays ont le HIV. Sur presque sept personnes sur dix vivant avec le HIV, soit 70 000 personnes, la majorité sont des femmes.
Le VIH touche 8 000 enfants et adolescents entre 0 et 15 ans au Congo. Les nouvelles infections chez les adolescents entre 15 et 24 ans représentent le 30% du total.
Seulement un adulte sur quatre vivant avec HIV suit un traitement anti rétroviral. Ce pourcentage est encore plus bas chez les enfants et les adolescents : moins de deux enfants/adolescents sur dix prennent des médicaments pour traiter leur maladie.
L’UNICEF a appuyé le Gouvernement du Congo pour l’élaboration d’une stratégie nationale de prévention du VIH chez les adolescentes.
« Les Associations de la société civile, comme l’association Avenir+, qui s’occupe de 386 jeunes, jouent un rôle important dans cette stratégie. » dit Dr Alexia FILA, Présidente de l’Association Avenir+.
« Ce que nous faisons est très important pour prévenir le HIV chez les adolescents, leur fournir des informations clés sur l’éducation sexuelle, réduire la transmission mère enfant et offrir aux jeunes vivants avec VIH le traitement, l’appui et les opportunités d’épanouissement qu’ils méritent, exactement comme tous les autres enfants et adolescents au Congo. »