À Mongo, la lutte contre la malnutrition passe par une prise en charge vitale des enfants

À l’hôpital provincial de Mongo, des enfants souffrant de malnutrition aiguë reçoivent des soins vitaux pour retrouver la santé

Annadjib Ramadane Mahamat
Khadidja Hatap, 22 ans, étudiante en santé et mère de trois enfants.
UNICEF/2025/Annadjib
18 septembre 2025

En ce début d’après-midi, en pleine saison des pluies, la salle d’hospitalisation de l’unité nutritionnelle thérapeutique de l’hôpital provincial de Mongo est calme. Certaines mères sont allongées sur leur lit, d’autres assises avec leurs enfants malades sur des nattes ou près des lits. Le personnel de santé assure le suivi, vérifie les carnets et contrôle régulièrement l’état des enfants. 

Khadidja Hatap, 22 ans, étudiante en santé et mère de trois enfants.
UNICEF/2025/Annadjib Khadidja Hatap, 22 ans, étudiante en santé et mère de trois enfants.

Parmi ces mères, Khadidja Hatap, 22 ans, étudiante en santé et mère de trois enfants. Son fils de 9 mois, Hatap Souleymane, est blotti contre elle. Le petit a été admis il y a une semaine, souffrant de paludisme, d’anémie et de diarrhée, des complications qui, selon le médecin, ont conduit à une malnutrition aiguë sévère avec des complications médicales. 

« Son corps chauffait, puis il a eu une diarrhée de plusieurs jours », 

raconte Khadidja. 

À son arrivée, Souleymane a été traité avec du lait thérapeutique pour retrouver des forces. Aujourd’hui, son état s’améliore, il a pu reprendre l’allaitement et reçoit également une alimentation complémentaire adaptée à son âge. 

À quelques mètres de là, une autre mère, Khadidja Mahamat, 17 ans, veille sur son fils Ibrahim Hissein, 2 ans, hospitalisé depuis 11 jours. Ibrahim a lui aussi été admis en état de malnutrition aiguë sévère, après des vomissements et des diarrhées persistantes.

Ce n’est pas la première fois qu’Hisseine tombe malade de malnutrition : il avait déjà été soigné à l’âge d’un an. Grâce au lait thérapeutique, son état s’est stabilisé et il reprend une alimentation normale. 

« J’ai compris l’importance de l’allaitement exclusif et je vais veiller à ce qu’il mange bien. »

dit Khadidja Mahamat

Pour Tahir Adoum Djibrine, responsable de l’unité nutritionnelle thérapeutique de l’hôpital provincial de Mongo, cette période de l’année est particulièrement difficile : 

Tahir Adoum Djibrine, responsable de l’unité nutritionnelle thérapeutique de l’hôpital provincial de Mongo.
UNICEF/2025/Annadjib Tahir Adoum Djibrine, responsable de l’unité nutritionnelle thérapeutique de l’hôpital provincial de Mongo.

D’avril à octobre, nous constatons deux fois plus de cas de malnutrition aiguë sévère. C’est également la période de soudure, lorsque les réserves alimentaires des familles s’épuisent avant les prochaines récoltes.

Tahir Adoum Djibrine.

À cela s’ajoutent l’augmentation des cas de paludisme et d’infections respiratoires aiguës chez les enfants, précise-t-il. 

Dans la province du Guéra, l’UNICEF, avec le soutien financier de l'aide humanitaire de l'Union européenne, appuie la prévention et la prise en charge de la malnutrition en fournissant des équipements, des intrants nutritionnels et un accompagnement technique aux structures de santé. Cet appui permet à chaque enfant de bénéficier des soins nécessaires pour grandir en bonne santé.