Le volontariat en première ligne pour les droits des enfants en République Centrafricaine
À l'occasion de la Journée internationale des volontaires, rencontrez les bénévoles UN de l’UNICEF qui travaillent chaque jour avec passion pour changer les choses en RCA.
- English
- Français
À l'aube, Christine Mbuyi, volontaire des Nations Unies, vérifie ses dossiers pour s'assurer que tout est en ordre avant de prendre la route cahoteuse qui mène hors de Paoua, dans le nord de la République Centrafricaine.
La destination du jour est Bodoli, un village d'environ 3 500 habitants. Bien qu'il ne soit situé qu'à 20 kilomètres de la ville de Paoua, le trajet dure plus d'une heure en raison du mauvais état de la route. Lorsque Christine arrive, plusieurs centaines de personnes l'attendent déjà à l'ombre de grands arbres.
« Je m'occupe d'un programme éducatif financé par l'UNICEF destiné aux familles vulnérables. C'est fatigant, mais gratifiant. Je ressens beaucoup de satisfaction lorsque je vois des enfants heureux d'aller à l'école. »
Originaire d'Afrique du Sud, Mbuyi a 15 ans d'expérience auprès des Nations Unies dans le domaine humanitaire dans plusieurs pays. Elle est volontaire des Nations Unies en République centrafricaine depuis un peu plus d'un an.
Assise à son bureau improvisé dans une grande salle de classe, elle reçoit patiemment pendant cinq heures les bénéficiaires du programme. Elle vérifie que leurs noms figurent sur la liste approuvée, puis les dirige vers une autre table où ses collègues préparent les montants en espèces appropriés avant que les bénéficiaires ne signent et ne repartent
« En raison des violences qui ont sévi ces dernières années, beaucoup de gens se sont retrouvés sans ressources et ont du mal à envoyer leurs enfants à l'école. Nous les aidons afin qu'aucun enfant ne reste à la maison »
Les frais de scolarité sont officiellement gratuits en République centrafricaine, mais les coûts supplémentaires – tels que les fournitures scolaires, les uniformes et les cotisations à l'association des parents d'élèves – peuvent rapidement devenir insurmontables pour les familles ayant quatre ou cinq enfants en âge scolaire, dans un pays où le niveau de pauvreté est l'un des plus élevés au monde. Ce projet de deux ans, financé par l'Union Européenne et Education Cannot Wait (ECW), apporte une aide considérable à ces ménages.
Emmaculate Ikome, originaire du Cameroun, est une autre volontaire des Nations Unies auprès de l'UNICEF qui travaille également dans le domaine de l'éducation.
« En tant que membre de l'équipe de coordination du pôle éducation, je veille à ce que nous ayons une vision claire des tâches de chacun afin de pouvoir fournir de meilleurs services et éviter les doublons »
Son travail l'amène souvent à se rendre dans des zones rurales éloignées de la capitale, en particulier dans des régions confrontées à des situations d'urgence, où les besoins sont particulièrement criants.
« Je rencontre souvent des classes surpeuplées et des bâtiments scolaires endommagés, souvent avec trop peu d'enseignants. Mais je vois aussi beaucoup d'enfants qui sont désireux et heureux d'apprendre. »
Dans le cadre de son travail, elle partage cette même joie. « L'UNICEF est un rêve pour moi », dit-elle avec conviction. « Je suis très fière d'être volontaire des Nations Unies. En tant que volontaire, vous travaillez sans relâche, indépendamment des avantages que vous pouvez ou non recevoir. »
Emmaculate est la sixième d'une fratrie de sept enfants. Après avoir étudié la psychologie, elle a travaillé pendant dix ans dans les secteurs humanitaire et du développement. Bien qu'elle ait d'abord envisagé de devenir infirmière, elle explique que c'est sa mère qui lui a transmis son intérêt pour l'éducation : « Elle n'a pas eu la chance de faire de longues études, mais elle nous a toujours dit qu'elle voulait que tous ses enfants obtiennent un doctorat. »
Christine et Emma font partie d'une équipe de huit VNU qui travaillent actuellement avec l'UNICEF en République centrafricaine. Soixante-neuf volontaires (35 nationaux et 34 internationaux de 17 nationalités) sont au service des différentes agences des Nations Unies dans le pays, auxquels s'ajoutent 310 autres volontaires dans le cadre de la mission de maintien de la paix des Nations Unies, la MINUSCA.
Créé en 1970 par l'Assemblée générale des Nations Unies, le programme VNU comptait plus de 14 600 volontaires des Nations Unies de plus de 180 nationalités à la fin de 2024. Ils sont présents dans 170 pays auprès de 59 agences des Nations Unies, où ils contribuent à la mise en œuvre de programmes qui améliorent la vie de millions de personnes à travers le monde et apportent une contribution significative à la réalisation des Objectifs de Développement Durable à l'horizon 2030.
En République centrafricaine, leur bénévolat fait une différence pour les enfants.