Fatima et ses enfants, la famille qui survit

« Nous avons tout perdu au Soudan ; c’est déjà la troisième fois que je fuis une guerre" - Fatima, Soudanaise, 33 ans

UNICEF RCA
Fatima, refugiée soudanaise à Birao, assise sous un arbre avec ses trois enfants.
UNICEF CAR/2023/Rodriguez
13 décembre 2023

« Nous avons tout perdu au Soudan ; c’est déjà la troisième fois que je fuis une guerre. Je crains devoir le refaire encore une quatrième fois avec mes enfants, » dit Fatima avec les larmes aux yeux.

Assise sous un arbre qui donne une ombre généreuse près de l’espace ami des enfants de Dirima, à Birao, Fatima, 33, décrit sa vie comme une « survie ».  

Originaire de Damazin, au sud-est du Soudan, elle était obligée de son tout petit âge de fuir les violences dans sa région et s’abriter avec ses parents, ses frères et sœurs à Birao, en Centrafrique. Toutefois, lorsque les affrontements se sont déclenchés entre les groupes armés en Centrafrique en 2019, elle a été forcée de rentrer avec son mari et ses quatre enfants de nouveau au Soudan, cette fois-ci à Nyala.

Fatima était heureuse de rentrer dans son pays. Avec son mari, ils avaient même commencé à faire un peu de commerce pour créer une vie aisée à leurs enfants. « Mais c’est comme si la guerre me suivait partout où j’y vais. Un jour des hommes armés ont attaqué la ville et ont tué mon mari. J’ai réussi à m’échapper avec mes quatre enfants et le seul endroit où je sentais pouvoir les protéger c’était Birao, » raconte-t-elle.

Fatima et ses enfants sont arrivés à la ville frontalière de Am-Dafock en juin 2023.  « Une fois à Birao, j’ai cherché mon ancienne maison, mais elle était détruite », se rappelle-t-elle.

Depuis le début de la guerre au Soudan en avril 2023, plus de 25,000 personnes ont cherché refuge en en République centrafricaine (RCA). Plusieurs milliers des réfugiés arrivés à Birao ont été accueilli dans le quartier de Korsi.

Fatima reconnait qu’elle a été chanceuse : « Nous avons trouvé une famille d’accueil avec laquelle mon mari avait des bonnes relations à l’époque, et présentement mes enfants et moi habitons en ville avec eux ».   

Après avoir passé la matinée au marché central, elle accompagne ses enfants à l‘espace ami des enfants établit par UNICEF avec financement du Bureau de la Population, des Réfugiés et des Migrations (PRM) et le Fonds central pour les interventions d’urgence (CERF), où elle rencontre ses copines et passe du temps à causer tranquillement.

Des enfants jouent dans l'espace ami des enfants
UNICEF CAR/2023/Rodriguez Chaque jour, dans les après-midis, cinq espaces amis des enfants accueillent des centaines d'enfants à Birao qui ont fui la guerre au Soudan il y a quelques mois.

« Ici je me sens protéger. Je vois mes enfants jouer avec les animateurs du centre. Ils font de nouveaux amis et les activités les aident à surmonter la douleur qu'ils ont ressentent depuis qu’ils ont perdu leur père et leur stabilité », explique-t-elle. « Je suis contente de les voir apprendre le français pour mieux réussir à l’école et je me sens bien de pouvoir parler librement avec d’autres mamans et partager nos craintes, surtout en ce qui concerne notre futur et celui de nos enfants ».

Sa fille ainée, Ashi, a 12 ans et fréquente les espaces amis des enfants depuis leur installation : « Si j’ai un souhait, c’est que les violences s’arrêtent car nous, les enfants, souffrons tellement », dit-elle. Malgré la peine, elle admet que se faire des amis a rendu la situation plus facile pour elle.

Les espaces amis des enfants apportent bonheur et stabilité. Les enfants peuvent désormais voir un conseiller en soutien psychosocial qui les aide à faire face aux problèmes nés de ce qu’ils ont témoigné. En offrant un peu de répit aux enfants, ils leur permettent d’apprendre et de jouer dans un environnement sûr et supervisé.