Fuyant la guerre au Soudan, les enfants réfugiés en RCA trouvent du réconfort dans les loisirs
Les enfants et adolescents soudanais qui ont fui vers la République centrafricaine cherchent à se reconstruire et à s'instruire après les traumatismes causés par le conflit qui sévit actuellement. Notre reportage photo met en lumière leurs histoires.
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Arafa, 17 ans, et son amie Abrar, 16 ans, se sont mises sur leur trente-et-un pour cette grande occasion. Aujourd'hui, leur club de jeunes passe de la musique de leur pays natal. Elles disent que le Soudan leur manque beaucoup. Ces mélodies familières leur rappellent des souvenirs d'un passé qui s'est évanoui lorsque la violence a éclaté.
Alors qu'ils font leurs premiers pas de danse, le rythme joyeux leur rappelle qu'ils ont quitté le Soudan, mais que le Soudan ne les a jamais quittés.
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La danse est un langage universel, y compris parmi les réfugiés.
Les rythmes de leur pays natal suscitent la joie et les transportent dans un monde loin de la violence.
« Cette activité rassemble les jeunes et les aide à guérir des traumatismes qu'ils ont subis », explique Nadia Yusif, assistante sociale qui coordonne les clubs de jeunes de l'UNICEF dans le quartier de Korsi.
La musique continue.
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Alors que les jeunes dansent, Sada Asia fait partie des spectateurs enthousiastes.
Elle est l'une des bénévoles du réseau communautaire de protection de l'enfance RECOPE à l'origine de l'organisation des activités du club de jeunes de Birao.
Mais au cours des deux dernières années, elle avait vécu son lot d'expériences traumatisantes. Lorsque la guerre a éclaté en 2023, sa vie a été bouleversée. Après que des hommes armés aient tué son mari, fonctionnaire, et incendié leur maison, elle a fui Khartoum, la capitale soudanaise où elle avait vécu toute sa vie. Malgré une blessure par balle à la jambe, elle a rassemblé ses trois jeunes enfants et s'est lancée dans un long et périlleux voyage qui les a finalement conduits à Birao, une ville située à 1 100 kilomètres au nord de la République centrafricaine.
Aujourd'hui, avec son bébé Monder âgé de 16 mois sur les genoux, elle est heureuse de participer à des activités bénévoles qui permettent aux adolescents de vivre des moments passionnants.
« Mes enfants ont failli perdre la vie, dit-elle, mais grâce à la miséricorde de Dieu, ils ont été épargnés et sont maintenant en sécurité et en bonne santé. Le bénévolat me donne la chance d'aider à protéger tous les enfants de notre quartier. »
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« La paix n'a pas de prix ».
Fatouma Mohammed, 16 ans, est une membre enthousiaste du club de jeunes de Birao, dans la communauté de Korsi.
Elle vient de participer à un concours de messages pour la paix. « La paix n'a pas de prix » est le slogan qu'elle a choisi.
Outre la danse, elle participe à de nombreuses autres activités, toutes axées sur la guérison des traumatismes et la promotion d'une culture de paix et de tolérance.
Grâce au financement du Département d'État américain, l'UNICEF et son partenaire, l'International Rescue Committee, soutiennent 20 clubs mixtes pour jeunes dans le quartier de Korsi, qui rassemblent 300 jeunes.
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Moustapha, 17 ans, est un autre membre enthousiaste du club de jeunes. Il se souvient qu'il était lycéen à Nyala (Soudan) lorsque les hostilités ont éclaté. Au début du conflit en 2023, son jeune frère a disparu. Craignant le pire, Moustapha a fui avec ses parents et ses deux frères et sœurs et a atteint Birao après un long voyage, principalement à pied.
Aujourd'hui, il trouve difficile de concilier ses études et son travail dans les champs, qu'il effectue pour aider à subvenir aux besoins de sa famille.
« J'adore venir au club de jeunes. M'amuser avec d'autres jeunes m'aide à me détendre », dit-il.
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Les plus jeunes membres des clubs de jeunes, après avoir assisté aux cours le matin, se réunissent à l'ombre des arbres pour des discussions éducatives, dans une communauté qui accorde une grande importance à l'apprentissage.
Dans le cadre de ce programme de protection des enfants et des jeunes, l'UNICEF et son partenaire IRC, avec le financement du Département d'État américain, ont formé 30 enseignants à la conduite de sessions sur les compétences de vie dans la communauté de Korsi.
Les enfants écoutent attentivement. Ils sont également encouragés à poser des questions et à donner leur avis sur les thèmes débattus.
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Le théâtre aide les enfants à exprimer des problèmes quotidiens dont il leur serait autrement difficile de parler ouvertement. Dans ce sketch, l'un des enseignants joue le rôle d'un conseiller qui écoute un garçon frustré d'avoir trouvé son repas non préparé à son retour de l'école.
« Ce n'est pas la fin du monde, mon enfant. Sois patient et compréhensif. Ta mère a passé toute la journée au marché pour subvenir aux besoins de la famille et elle va bientôt rentrer », dit l'enseignant.