« L’eau potable a redonné vie à notre quartier »

Après des années de conflit, à Bria, l’installation des châteaux d’eau par UNICEF et son partenaire Oxfam donne de l’espoir a ses habitants.

Oxfam/ UNICEF RCA
Roseline Andjilongo pose à cote du nouveau château d’eau récemment installé dans son quartier Kotto Ville 2, à Bria.
Oxfam RCA
13 décembre 2025

Pour soutenir son foyer, Roseline Andjilongo, mère de neuf enfants, cultive un petit champ dans le quartier Kotto Ville 2, dans la périphérie de la ville de Bria, et vend des beignets et du café en poudre. Son mari est chasseur, un travail incertain qui ne permet pas toujours de nourrir la famille. Malgré tous ses efforts, les fins du mois restent difficiles. Mais le besoin le plus grand était l’approvisionnement en eau potable. 

« Avant, pendant la saison sèche, notre vie était vraiment pénible, chaque matin avec les autres femmes du quartier, je me levais vers 1 heure ou 3 heures du matin et nous marchions longtemps pour chercher l’eau, parfois on rentrait à 7 heures, voire 9 heures du matin et l’eau que nous prenions n’était pas propre. Mais nous n’avions pas eu choix. »

Roseline Andjilongo, habitant du quartier Kotto Ville 2, de Bria

Le manque d’eau affectait non seulement leur santé, mais aussi leur quotidien : fatigue, manque de temps pour les activités génératrices de revenus et inquiétudes permanentes pour la santé des enfants. La diarrhée, les maux de ventre et les infections parasitaires étaient fréquentes.

Les maladies d'origine hydrique sont responsables d'un pourcentage élevé de maladies et de décès chez les enfants en RCA.

« L’eau était sale, elle sentait mauvais. Mais quand on a soif, on boit ce qu’on trouve. Et après, les enfants tombaient malades, » raconte Roseline.

L’eau propre coule abondamment pour les habitants de Kotto-Ville 2
Oxfam RCA L’eau propre coule abondamment pour les habitants de Kotto-Ville 2

Il y a quelques semaines, l’UNICEF et son partenaire Oxfam ont complété l’installation d’un château d’eau à Kotto-Ville 2. Cela fait partie d’un projet d’amélioration du système d’approvisionnement en eau potable en trois quartiers (Fini Kodro, Moussa Gbadou et Kotto Ville) de Bria qui accueillent des anciennes personnes déplacées. Trois anciennes pompes à motricité humaine ont été transformées en postes d’eau autonomes, capables de fournir un débit bien plus important grâce à un système de pompage alimenté par énergie solaire. Le Département d’Etat américaine a fourni le financement, grâce auquel l’arrivée de l’eau propre a marqué un tournant.

« Le jour où l’eau a commencé à couler, j’ai pleuré. On avait l’impression d’être enfin considérés » 

Roseline Andjilongo

Aujourd’hui, l’eau potable est accessible à proximité de sa maison. Les familles ne se lèvent plus à l’aube pour chercher de l’eau. Les maladies liées à l’eau sale ont fortement diminué.

Pendant des années, Bria était devenu un fief des différents groupes armés, qui souvent s’affrontaient entre eux. Cela a entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes. Avec l’arrivée de la paix, les familles se sont graduellement installées dans des nouveaux quartiers d’accueil, mais souvent ils manquaient des services essentiels. Les familles parcouraient de longues distances pour trouver de l’eau, mais souvent elle n’était ni propre ni saine, ce qui provoquait de nombreuses maladies.

Ce projet a redonné de l’espoir à la communauté, pour laquelle l’accès à l’eau est devenu un symbole de dignité, de santé et de stabilité.

Depuis leur mise en service le 17 octobre 2025, environ 3 000 personnes, dont la moitié des enfants, issues des trois quartiers de retour accèdent quotidiennement à ces installations de manière sure. Les quartiers ont retrouvé leur dynamisme. A Kotto Ville 2, même des habitants des zones voisines comme Gobolo 1 et 2 viennent désormais s’y approvisionner.

« Avant, je souffrais. Aujourd’hui, je vis avec espoir. L’eau nous a redonné notre sourire, » conclut Roseline.