Un sachet, une survie, un avenir qui renaît
Comment un sachet d’aliment thérapeutique a permis à une mère et à son enfant de surmonter la malnutrition sévère et de retrouver l’espoir dans l’Extrême‑Nord du Cameroun
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À Mokolo, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, un simple sachet d’aliment thérapeutique peut faire la différence entre la vie et la mort. L’histoire de Naïma et de sa fille Madina illustre comment l’action de l’UNICEF, avec le soutien du gouvernement d’Allemagne/BMZ via la KfW redonne espoir aux familles confrontées à la malnutrition.
À Mokolo, dans l’Extrême-Nord du Cameroun, un simple sachet d’aliment thérapeutique peut faire la différence entre la vie et la mort. L’histoire de Naïma et de sa fille Madina illustre comment l’action de l’UNICEF, avec le soutien du gouvernement d’Allemagne/BMZ via la KfW, redonne espoir aux familles confrontées à la malnutrition.
Le soleil est déjà haut lorsque Naïma franchit le seuil du Centre Nutritionnel Ambulatoire pour les malnutris Sévère (CNAS ) de l’Hôpital de District de Mokolo, dans l’Extrême-Nord du Cameroun. Dans ses bras, Madina, huit mois à peine, un corps trop léger pour son âge, un regard encore fragile, mais bien vivant. Aujourd’hui, Naïma est venue chercher le Plumpy’nut, cet aliment thérapeutique prêt à l’emploi qui, pour de nombreuses familles ici, représente bien plus qu’un simple traitement : une seconde chance.
L’histoire de Madina ressemble à celle de milliers d’enfants dans cette région durement frappée par l’insécurité, les déplacements de populations et l’insuffisance alimentaire chronique. À deux mois seulement, Madina tombe gravement malade. Naïma allaite, mais l’épuisement, la pauvreté et les privations ont affaibli son corps affectant l’allaitement optimal de l’enfant.. Les jours passent, Madina perd du poids et s’affaiblit dangereusement. « Je voyais mon enfant disparaître sous mes yeux, sans savoir quoi faire », confie Naïma à voix basse.
Comme beaucoup de familles, elle hésite à se rendre à l’hôpital, faute de moyens et d’information. C’est finalement un agent de santé communautaire, formé et soutenu par l’UNICEF et ses partenaires, qui change le cours de leur destin. Lors d’une visite de routine à domicile, il reconnaît immédiatement les signes alarmants : une maigreur extrême, une faiblesse inquiétante. Le diagnostic est sans appel : malnutrition aiguë sévère. Sans perdre de temps, il oriente la mère et l’enfant vers le centre de santé pour une prise en charge appropriée.
Une urgence silencieuse dans l’Extrême-Nord
À Mokolo, comme dans l’ensemble de l’Extrême-Nord, la malnutrition reste une urgence souvent invisible. Les crises sécuritaires dans le bassin du lac Tchad, les déplacements internes, les mauvaises récoltes, l’accueil de réfugiés et la pression sur les ressources locales ont considérablement réduit l’accès à une alimentation saine, suffisante, diversifiée et aux services sociaux de base. Dans ces conditions, les femmes enceintes les femmes allaitantes, les adolescentes et les jeunes enfants paient le prix le plus lourd.
Dans cette région, près de 4 enfants sur 10 souffrent de retard de croissance, compromettant durablement leur développement optimal.
Des interventions vitales rendues possibles par l’appui des partenaires
Au centre de santé de Mokolo, Madina est immédiatement prise en charge. Elle reçoit des soins médicaux et un traitement nutritionnel adapté. Semaine après semaine, son état s’améliore. Elle reprend du poids, recommence à sourire, retrouve progressivement ses forces.
Cette prise en charge est rendue possible grâce au soutien du programme de nutrition mis en œuvre par l’UNICEF, avec l’appui essentiel du gouvernement d’Allemagne/BMZ via la KfW, la Banque allemande de Développement. En avril 2025, le gouvernement d’Allemagne/BMZ via la KfW a accordé une subvention de 10 millions d’euros à l’UNICEF pour renforcer les programmes de nutrition et de santé dans les régions de l’Extrême-Nord, du Nord, de l’Adamaoua et de l’Est.
Ce financement permet de soutenir des interventions vitales : le dépistage communautaire de la malnutrition, la prise en charge gratuite des enfants atteints de malnutrition aiguë sévère, la supplémentation en micronutriments, la promotion et protection de l’allaitement maternel optimal, supplémentation en Fer Acide Folique des Femmes enceintes et des adolescentes ainsi que le renforcement des services de santé reproductive. Par ailleurs, 40% des adolescentes dans la région sont fortement touchées par l’anémie. Ainsi que les grossesses précoces, augmentant les risques pour leur santé et celle de leurs nouveau-nés.
À l’échelle nationale, ce programme vise à améliorer la santé et la nutrition de plus de 336 000 enfants de moins de cinq ans, 316 000 adolescents, dont une majorité de filles, et 575 000 femmes enceintes dans les régions les plus vulnérables du Cameroun.
Aujourd’hui, je crois de nouveau en demain
Un espoir qui grandit
Pour Naïma, l’espoir est désormais tangible. Madina doit encore poursuivre son traitement et être suivie régulièrement, mais le pire est derrière elles. « Aujourd’hui, je crois de nouveau en demain », dit-elle en serrant sa fille contre elle avec un regard plein d’espoir et déterminer à poursuivre le traitement y compris garantir la complétude du calendrier vaccinal de sa fille jusqu’à ses 24 premiers mois de vies
À Mokolo, comme dans tant d’autres communautés, chaque enfant sauvé est une victoire collective. Une victoire rendue possible par l’engagement des communautés, l’action de l’UNICEF et le soutien déterminant de partenaires comme le gouvernement d’Allemagne/BMZ via la KfW. Car derrière chaque sachet d’aliment thérapeutique, il y a plus qu’un traitement : il y a une survie, une dignité préservée et un avenir qui renaît.