Mon rêve, c’est de devenir médecin
Aminatou, 13 ans et Nafissatou refugiée centrafricaine travaille environ 8h par jours dans les mines d’or de Yassa, une localité située à une trentaine de Kilomètres de Garoua Boulai, dans la Région de l'Est du Cameroun.
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Elle fait ce travail depuis l’âge de 7 ans et n’a jamais été à l’école, de sa vie parce que ses parents n’ont pas de moyens de l’envoyer à l’école.
Ses parents ont fui la guerre en République centrafricaine et sont réfugiés au Cameroun depuis 10 ans
Pour survivre, les parents de Aminatou ont essayé la vente du bois de chauffage. L’activité n’était pas rentable et ne leur permettait pas de subvenir aux besoins de la famille-11 enfants-. C’est ainsi qu’ils se sont lancés dans la recherche de l’or, dans des exploitations artisanales, mettant en péril leur santé pour des salaires de misère.
Le travail qu’Aminatou fait dans les mines d’or rapporte en moyenne à sa famille 2000 FCA par semaine.
Lorsqu’on pose la question à Aminatou sur ses ambitions, elle répond le sourire aux lèvres qu’elle rêve devenir médecin.
En réalité son avenir ressemble à celui de milliers de jeunes filles refugiées centrafricaines de son âge, qui faute de moyens d’aller à l’école se retrouvent dans les mines d’or. Une fois qu’elles ont atteint 15 ans, généralement, elles sont mariées précocement.
Mon rêve, c’est de devenir médecin
Outre le travail dans les mines, les enfants réfugiés dans la région de l’Est sont soumis à des activités champêtres, au Commerce et à la mendicité.
La République du Cameroun a signé et ratifié la Convention 138 de l'OIT sur l'âge minimum du travail ainsi que la Convention 182 sur les pires formes de travail des enfants, toutes deux entrées en vigueur respectivement le 13 août 2001 et le 05 juin 2002. L'âge minimum spécifié est de 14 ans. années.
Un programme d'action mondial (GAP) sur le travail des enfants financé par les États-Unis a eu lieu du 30 septembre 2011 au 31 mars 2017, améliorant le cadre politique pour protéger les enfants contre les pires formes de travail des enfants, y compris le travail domestique.
Cependant, l'UNICEF, alors que le MICS 2014 indiquait que 47% des enfants de 5 à 17 ans étaient soumis au travail des enfants, reste préoccupé par le fait que les enfants continuent d'abandonner l'école ou ne vont pas du tout à l'école et participent à des le travail des enfants. Dans les régions de l'Est, du Nord et de l'Adamaoua, les enfants sont touchés par les pires formes de travail des enfants lorsqu'ils travaillent dans et autour des sites d'extraction artisanale d'or. Malheureusement, des données précises ne sont pas disponibles pour démontrer l'ampleur de ce phénomène.
En 2014, le Gouvernement a élaboré un Plan d'action national pour l'élimination des pires formes de travail des enfants au Cameroun, dont la mise en œuvre est entravée par l'insuffisance de la mobilisation des ressources.
De même, la situation des enfants en milieu urbain est préoccupante avec des enfants soumis au petit commerce, au travail domestique, à la traite et à l'exploitation sexuelle.