Le Cameroun érige le premier réseau universitaire des droits de l'enfant en Afrique
DSCHANG, Cameroun – Sur les hauteurs de la Menoua, le Cameroun lance le premier Réseau africain des Centres des Droits de l’Enfant : 9 centres universitaires, une charte commune et une gouvernance prête à agir.
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Ce n’est pas seulement une signature sur un parchemin ; c’est une architecture de combat. Neuf centres universitaires, autrefois isolés, forment désormais une phalange unie par une charte rigoureuse et une volonté commune : transformer la recherche académique en un rempart impénétrable pour les plus vulnérables.
Le Cri du Cœur : « Pourquoi l’enfant devrait-il souffrir ? »
Élue par acclamation à la tête de ce comité directeur, le Pr Marie-Thérèse Mengue (UCAC) n’a pas choisi la langue de bois. Face à la recrudescence tragique des infanticides qui balafrent l’actualité, elle a lancé un appel vibrant qui a fait vibrer les murs de l'Université de Dschang :
« En Afrique, l'enfant est une richesse. Quand on n'en a pas, on est désemparé. Alors pourquoi, lorsqu'on a un enfant, celui-ci devrait-il souffrir ? »
Le Pr Marie-Thérèse Mengue, la toute première présidente du Réseau universitaire des centres des droits de l'enfant face à la presse le 02 avril 2026 à l'Université de Dschang
Pour cette première Présidente, l’expertise scientifique n’est pas une tour d’ivoire, mais une arme de précision. Son engagement ? Un plaidoyer bâti sur des évidences, car pour briser le cycle de la violence, il faut d’abord la comprendre et la documenter avec une rigueur implacable.
Des Témoins debouts : La voix de l’inclusion et de la preuve
Le réseau tire sa force d'une synergie inédite entre l'expérience des aînés et l'énergie des étudiants. Jolivette Mandou, 18 ans, porte-parole du think tank « Mboa Youth Thinkers », incarne cette relève qui ne veut plus de solutions approximatives :
« Résoudre les problèmes liés aux droits de l’enfant nécessite des preuves. Nous allons générer ces évidences. »
Ulrich Steve Dodji, président de l'association des étudiants en situation de handicap de l'Université de Dschang
L'inclusion n'est pas en reste. Pour Ulrich Steve Dodji, président de l'association des étudiants en situation de handicap et déficient visuel, ce réseau est une promesse de citoyenneté :
« Ce réseau va permettre aux jeunes d'exercer enfin leur droit à la participation. Nous ferons en sorte que chacun devienne un défenseur des droits dans son entourage. »
Le Cameroun, phare de l’Afrique
Le Dr Léonard Kouadio, porte-parole de la Représentante de l’UNICEF, a souligné la dimension continentale de l'événement. Le message est clair : le Cameroun n'est plus un simple observateur, il est une source d'inspiration pour l'Afrique. Un sentiment partagé par le Pr Raymond Bernard Guimdo, Vice-Recteur de l’Université de Dschang, pour qui l'institution universitaire doit être le garant ultime de la sécurité sociale de l'enfant.
Le Dr Leonard Kouadio, porte-parole de Mme la Représentante de l'UNICEF au Cameroun
Le Pr Raymond Bernard Guimdo, Vice-Recteur de l'Université de Dschang
Une nouvelle ère : de la théorie à la protection
Ce réseau marque une rupture. Désormais, les centres universitaires camerounais fonctionneront comme des unités de veille stratégique :
- Documenter l’inacceptable pour éclairer les décideurs.
- Fédérer les expertises du Nord au Sud du pays.
- Porter la voix des sans-voix dans les instances de décision.
En ce mois d'avril 2026, l'engagement est pris. Sous l'impulsion de l'UNICEF et de ses partenaires universitaires, la science et la justice marchent désormais main dans la main. L'objectif est limpide : faire en sorte que chaque enfant camerounais retrouve son droit le plus sacré — celui de sourire, sans peur, en regardant l'avenir.
Pour chaque enfant, un bouclier. Pour chaque enfant, un avenir.