Ézéchiel, l’enfant des mines d’or

Ézéchiel, 12 ans, enfant refugié centrafricain travaille sur un site minier artisanal, a Kette, a une trentaine de kilomètres de Batouri, une ville départementale située dans la région de l'Est.

Beguel Salomon Marie Joseph
Ezekiel, in the gold mines
UNICEF/Salomon Beguel
15 septembre 2021

Le site minier dans lequel Ezéchiel travaille a été récemment découvert par les chercheurs d’or. Il s’est créé rapidement autour de la mine, un village. Des huttes en paille ont poussé comme des champignons. Le petit commerce aussi. Ici et là, des débits de boisson et des épiceries ont ouvert pour répondre aux besoins des centaines d’ouvriers qui sont venus s’installer à proximité du filon d’or.

Ezekiel and his mate, working in a gold pit
UNICEF/Salomon Beguel Ezekiel and his mate, working in a gold pit

Une centaine d’enfants comme Ézéchiel représentent une main d’œuvre importante dans cette exploitation artisanale qui s’appuie sur des techniques rudimentaires.  Leur travail consiste à creuser dans des puits d’une profondeur allant de plus de 15 mètres, pour retrouver la terre contenant l’or. Le travail se fait manuellement, pieds et mains nus, à l’aide de pioches et de pelles. Il arrive très souvent que des éboulements surviennent, enterrant les occupants du trou.  Une fois la terre hors du trou, il faut la transporter la terre contenant de l’or jusqu’à la citerne de lavage.  Dans les citernes il faut laver à mains nues le minerai avec le mercure. Ensuite bruler le mélange pour séparer l’or, inhalant les vapeurs hautement toxiques.

Une fois l’or trouvé, il est vendu à des collecteurs qui viennent l’acheter sur place.

Ézéchiel met ainsi sa vie et sa santé en danger pour aux revenus de sa famille et pour contribuer à payer sa scolarité.

 

A woman working in the Gold mine
UNICEF/Salomon Beguel

En effet, contrairement à la majorité des enfants travaillant dans cette mine d’or Ézéchiel a la chance d’aller à l’école. Il fait la classe de CE2 Il travaille essentiellement pendant les vacances scolaires et les week-ends.

De milliers d’enfants en âge d’être scolarisés continuent de travailler dans les mines, malgré une décision du ministre des Mines, de l’Industrie et du Développement technologique (Minmidt), portant interdiction de l'accès des enfants mineurs aux sites miniers.

An aerial photo of Kette Village and it gold pits
UNICEF/Salomon Beguel An aerial photo of Kette Village and it gold pits

« Est strictement interdit, pour compter de la date de signature de la présente décision, l’accès des enfants mineurs aux sites d’exploration, d’exploitation minières sur toute l’étendue du territoire national, de même que toute forme de travail à l’intérieur desdits sites impliquant les enfants en deçà de l’âge obligatoire de scolarité tel que prévu par la réglementation en vigueur », écrit le ministre.

Le Ministre précise que tout opérateur titulaire d’un titre minier contrevenant aux dispositions de cette décision s’expose aux peines prévues par les textes en vigueur sans préjudice des sanctions administratives prévues par le Code minier et les textes connexes.