Renforcement du système de santé à Muyinga grâce aux fonds de l’Alliance mondiale pour les vaccins

Grâce aux fonds GAVI, l’UNICEF contribue au renforcement du système de santé afin de contribuer à la réduction de la morbidité et la mortalité liées aux maladies évitables par la vaccination des enfants et des mères du Burundi

Odette Kwizera
 Le nouveau bureau du district sanitaire de Giteranyi construit par l’UNICEF
UNICEFBurundi/2022/Odette Kwizera
25 octobre 2022

 

’La construction de ce bureau de district sanitaire a été pour nous un grand ouf de soulagement ! ’’, nous dit, tout sourire, Nicaise Ndizeye, superviseur polyvalent au bureau de district sanitaire de Giteranyi. Nicaise se rappelle le calvaire enduré quand le bureau du district sanitaire Giteranyi était encore logé dans des bâtiments empruntés à l’hôpital Muyinga, au chef-lieu de la province Muyinga. ‘’Nous devions parcourir au moins 45 km pour atteindre le centre de santé le plus proche pendant nos missions de supervision. Même chose pour les centres de santé de notre ressort qui devaient venir s’approvisionner, avec le risque que les vaccins ou autres intrants transportés s’abîment en cours de route ; sans parler des espaces de stockage des vaccins et autres intrants qui n’étaient ni suffisants ni adaptés’’ se rappelle-t-il.

Aujourd’hui, le nouveau bureau de district, construit par l’UNICEF sous financement de Gavi, a été érigé à un endroit plus proche des centres de santé de son ressort, et dispose de bureaux spacieux pour le personnel, d’espaces pour la chaine du froid et le stockage des produits pharmaceutiques, une salle pour les réunions, des lieux d’aisance y compris pour les personnes vivant avec handicap, etc.

Le bureau de district de Giteranyi est le 3eme bureau, à côté de celui de Cibitoke et Rumonge, construit par l’UNICEF dans le cadre du troisième projet de renforcement du système de santé au Burundi, mis en œuvre depuis mai 2018, dans le cadre de l’accord tripartite entre le Gouvernement du Burundi, GAVI et UNICEF.

Dans le cadre de ce projet, 18 districts sanitaires, constituant les zones d’intensification des activités de vaccination du projet, ont été également dotés de véhicules ; ce qui rend moins pénibles leurs missions de supervision dans les formations sanitaires sous leur responsabilité, et facilite l’approvisionnement en médicaments, vaccins et produits de nutrition. ‘’Notre ancien véhicule était trop vieux, il tombait souvent en panne et pouvait rester au garage des semaines durant, ce qui fait que nous avions toujours du mal à respecter notre calendrier de supervision’’, dit Nicaise Ndizeye, superviseur polyvalent au bureau de district sanitaire de Giteranyi, soulagé.

 

Rogatien Macumi, responsable du centre de santé de Masaka/district de Giteranyi, travaillant avec un ordinateur reçu dans le cadre du projet
UNICEFBurundi/2022/Odette Kwizera Rogatien Macumi, responsable du centre de santé de Masaka/district de Giteranyi, travaillant avec un ordinateur reçu dans le cadre du projet
Un réfrigérateur solaire du CDS Masaka, reçu dans le cadre du projet
UNICEFBurundi/2022/Odette Kwizera Un réfrigérateur solaire du CDS Masaka, reçu dans le cadre du projet

Les fonds GAVI ont aussi permis à l’UNICEF de renforcer la capacité des centres de santé de la zone d’intervention du projet, en matière de chaine du froid à travers l’octroi de réfrigérateurs solaires homologués par l’OMS, ainsi que des kits d’énergie solaire de 3.8KW pour l’éclairage de certains centres de santé.  ‘’Avant on utilisait le réfrigérateur Sibir à pétrole et souvent la température allait en dehors des normes (+2 à +8°C) ; sans compter le manque de pétrole sur le marché et le temps que nous devions passer pour la surveillance de la température. Maintenant nous n’avons plus de problème quant à la conservation des vaccins et autres intrants’’, se réjouit Rogatien Macumi, responsable du centre de santé de Masaka, dans le district de Giteranyi.

Les centres de santé de la zone d’intervention du projet ont également été dotés d’autres équipements pour leur faciliter leur travail. Il s’agit, notamment, de motos qui leur permettent maintenant de faire leurs réquisitions de vaccin auprès de la pharmacie de district et de mieux mener leur mission de mobilisation au niveau communautaire. Il s’agit aussi d’ordinateurs pour leur faciliter la collecte, l’analyse et la transmission des données de vaccination et autres données sanitaires.

 Les agents de santé communautaire ont, quant à eux, bénéficié d’un kit composé notamment d’imperméables, de mégaphones avec accessoires, de sacs à dos, de téléphones, de lampes solaires pour charger les téléphones, de vélos, de paires de bottes, d’ordinogrammes et de matériel pour le dépistage rapide du paludisme. Ce qui a permis de renforcer la capacité des 5.341 agents de la zone d’intervention sur les 12.000 existants dans le pays. ‘’Grâce aux vélos, nous pouvons atteindre certains endroits qui nous étaient difficile d’accès quand nous devions marcher à pied’’, dit Marie Goretti Ndabarushimana, cheffe de groupement des agents de santé communautaire au CDS Masaka.

A la demande du gouvernement, l’UNICEF a, en outre, fourni des carnets de santé mère-enfant (CSME) pour deux cohortes annuelles de plus d’un million de femmes enceintes, en tenant à intégrer les attentes des prestataires des soins, des agents de santé communautaire (ASC) et des parents. ‘’Ce carnet me permet de me rappeler tous mes rendez-vous médicaux, et me donne beaucoup d’informations sur ma santé et celle du bébé’’, dit Vyizigiro Speciose, une jeune maman rencontrée au centre de santé de Masaka pour le 1er vaccin de son bébé.

Centre de santé de Masaka/Giteranyi. Une maman montrant son carnet de santé mère-enfant, grâce auquel elle ne rate aucun de ses rendez-vous médicaux
UNICEFBurundi/2022/Odette Kwizera Centre de santé de Masaka/Giteranyi. Une maman montrant son carnet de santé mère-enfant, grâce auquel elle ne rate aucun de ses rendez-vous médicaux

Dans le souci d’améliorer les conditions de stockage des vaccins du Programme Elargi de vaccination (PEV) un hangar a été construit dans le cadre du projet, et deux nouveaux groupes électrogènes, un de 100 KVA et un autre de 50 KVA, y ont été installés pour assurer la disponibilité en permanence de l’énergie nécessaire pour la conservation des vaccins