Améliorer les soins obstétricaux et néonatals d’urgence de base pour sauver des vies

Afin de contribuer à la réduction de la mortalité maternelle et néonatale, l’UNICEF soutient les districts de Mukenke et Kayanza dans le développement des compétences des prestataires de maternité.

Jean Gabriel Uwamahoro
Les participants à la formation sur les soins obstétricaux et néonatals d’urgence de base en train de suivre une simulation sur la réanimation d’un nouveau-né.
UNICEFBurundi/2025/J.G uwamahoro
12 juin 2025

Au Burundi, le taux de mortalité maternelle et néonatale demeure alarmant, avec un taux de décès néonatal de 23 pour 1 000 naissances vivantes. En réponse à cette situation préoccupante, le Burundi a élaboré une feuille de route visant à accélérer la diminution de la mortalité maternelle et néonatale. L’une des stratégies globales, basée sur des données probantes, pour atténuer cette mortalité consiste à améliorer la disponibilité et la qualité des soins obstétricaux et néonatals d’urgence de base (SONUB).

Pour appliquer cette approche, le ministère de la Santé Publique et de la Lutte contre le Sida, à travers le Programme National de Santé de la Reproduction (PNSR), a déployé une stratégie de développement des compétences des prestataires impliqués dans les SONUB, centrée sur le renforcement des capacités. Dans ce cadre, une formation a été organisée pour les prestataires de maternité des districts de Mukenke et Kayanza à l’École paramédicale de Gitega, du 9 au 14 juin 2025.

 Apprentissage en action: les participants assistent à une présentation illustrée sur la gestion technique de l'accouchement, dans le cadre d'une session de formation pratique
UNICEFBurundi/2025/J.G uwamahoro Apprentissage en action : les participants assistent à une présentation illustrée sur la gestion technique de l'accouchement, dans le cadre d'une session de formation pratique

Les participants ont bénéficié d’une formation théorique dispensée par cinq formateurs sur une durée de six jours. Cette formation s’est principalement concentrée sur l’apprentissage à l’aide de modèles anatomiques adaptés. Les prestataires, répartis en deux groupes, ont également réalisé des exercices pratiques sur ces modèles.
En entrant dans l’une des salles, nous retrouvons un groupe de prestataires rassemblé autour d’une table. Au centre, un formateur, portant une blouse de médecin et un bonnet, réalise une démonstration sur un modèle anatomique représentant une femme en salle de réanimation.
« Ici, nous apprenons à réanimer une femme enceinte ou une femme ayant accouché dans des conditions compliquées », explique le formateur.
Dans les deux districts, la gestion des cas de complications urgentes demeure préoccupante. Certains cas nécessitant l’intervention de spécialistes ou d’infirmiers qualifiés sont difficilement pris en charge. « Dans des situations complexes, nous sommes souvent contraints de prendre des décisions nous-mêmes. Cela comporte des risques. Grâce à cette formation, je serai en mesure d’intervenir efficacement pour gérer ces cas difficiles et sauver la vie des mères et des enfants », témoigne Ferdinand Ndayisaba, sage-femme au centre de santé de Gishubi, dans la province de Kayanza, et participant à la formation. 

 Participants à la formation en train de suivre une démonstration sur un modèle anatomique représentant une femme en salle de réanimation
UNICEFBurundi/2025/J.G uwamahoro Participants à la formation en train de suivre une démonstration sur un modèle anatomique représentant une femme en salle de réanimation

Dans une autre salle, un autre groupe était réuni. Les membres participaient à une session visant à reconnaître les symptômes et signes les plus fréquemment observés. Le formateur démontrait également comment poser un diagnostic de complications urgentes possibles et mettre en œuvre des protocoles simplifiés pour la prise en charge d’une femme pendant et après l’accouchement.

« Je vais donner le meilleur de moi-même pour sauver des vies. Cette formation est précieuse pour moi. Étant donné le manque ou l’absence de couveuses dans de nombreuses structures de santé, je pourrai utiliser les soins Mère Kangourou pour préserver la vie du nouveau-né », a déclaré Godelieve, participante à la formation et infirmière au centre de santé de Tonga, dans le district sanitaire de Mukenke.

 Un infirmier prestataire des soins au centre de santé de Kabuye, district de Kayanza, participant à la formation sur les SONUB.
UNICEFBurundi/2025/J.G uwamahoro Un infirmier prestataire des soins au centre de santé de Kabuye, district de Kayanza, participant à la formation sur les SONUB.

La formation mettait surtout l’accent sur l’action concrète, le « faire », et pas seulement sur le savoir, en intégrant une évaluation axée sur la compétence et la performance. Celle-ci reposait sur l’expérience antérieure des participants concernant les SONUB.

Pour les aider à bien maîtriser toutes les interventions cliniques nécessaires à la prise en charge maternelle et néonatale, les participants ont eu l’occasion de se réunir en groupes de discussion pour partager leurs expériences. Les études de cas leur ont permis d’améliorer leur aptitude à identifier les complications durant la grossesse, ainsi que pendant et après l’accouchement.

« Les exercices pratiques réalisés sur des modèles anatomiques et les simulations de cas vont aider les participants à prendre des décisions cliniques appropriées pour prévenir la mort du nouveau-né et de la mère », a indiqué Josiane Nijimbere, responsable des prestations cliniques au PNSR et également formatrice.
Cette formation, organisée en collaboration avec l’UNICEF et financée par le Comité national de l’UNICEF Suisse, a concerné au total 50 prestataires de services de maternité des districts sanitaires de Kayanza et de Mukenke.
En attendant que ces régions soient dotées en matériel de néonatologie et de maternité, ces prestataires formés pourront mettre en pratique les connaissances acquises afin de favoriser la survie et le bien-être des enfants.