Projet modèle de développement de la petite enfance pour les 1000 premiers jours de la vie.
Le Gouvernement burundais, l’UNICEF et le Royaume des Pays-Bas ont dressé le bilan hautement positif du projet modèle de Développement de la Petite Enfance (DPE) de Kayanza.
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C’est autour de l'ambition d'investir plus dans le développement de la petite enfance que s’est tenu, à l’hôtel Royal Palace, l’atelier national de capitalisation des acquis du Projet modèle de Développement de la Petite Enfance (DPE) de Kayanza. Ouverte par la Première Dame de la République du Burundi, l’évènement a réuni près de 160 participants, dont les principaux acteurs gouvernementaux, les gouverneurs des cinq provinces du pays, les autorités locales, les représentants de la société civile, les communautés et les partenaires au développement engagés dans le domaine du DPE dont notre Représentante , les Représentants des autres agences des SNU (ONU Femmes, FNUAP, PAM, OMS et UNESCO) ainsi que les délégués de l’Ambassade du Royaume des Pays-Bas et de l’Union européenne autour d’un défi commun : capitaliser les résultats obtenus et accélérer la mise à l’échelle des interventions intégrées en faveur des jeunes enfants.
Pendant dix-huit mois, ce projet pilote - financé par le Royaume des Pays-Bas - a expérimenté une approche multisectorielle centrée sur les 1 000 premiers jours de la vie, une période déterminante pour le développement holistique de l’enfant. Santé, nutrition, protection de l’enfant, eau, hygiène et assainissement (WASH), stimulation précoce, protection sociale et changement social et comportemental : autant de domaines qui ont été mobilisés simultanément pour répondre aux besoins des jeunes enfants et de leurs familles.
Les résultats présentés lors de l’atelier témoignent de l’ampleur de l’intervention. Près de 77 800 enfants de moins de cinq ans, dont 25 800 âgés de moins de deux ans, ont bénéficié de services multisectoriels intégrés. Plus de 33 500 parents ont été sensibilisés à la stimulation précoce et à la parentalité positive, tandis que 359 acteurs communautaires ont été formés et renforcés.
Au-delà de l'accompagnement humain, le projet a activement contribué au renforcement des infrastructures sanitaires. Les services de néonatologie de l’Hôpital de Kayanza ont notamment été réhabilités et dotés d’un biodigesteur ainsi que d’un système moderne d’approvisionnement en eau, ce qui a permis d'améliorer la qualité et la pérennité des services de santé destinés aux nouveau-nés et à leurs familles.
Au niveau institutionnel, l’une des avancées majeures réside dans l’intégration du DPE dans le Plan Communal de Développement Communautaire de la commune Kayanza (PCDC), un acquis clé qui garantit la continuité des interventions bien après cette phase pilote.
Au-delà des chiffres, l’atelier a surtout constitué un espace de réflexion stratégique. Pour les partenaires, l’enjeu est désormais de transformer ces bonnes pratiques en un modèle permanent susceptible d’être étendu à l’ensemble du pays. « Le projet modèle de développement de la petite enfance de Kayanza en constitue aujourd’hui une démonstration tangible », a souligné la Représentante de l’UNICEF, rappelant qu’une approche intégrée permet d’agir simultanément sur tous les facteurs qui influencent la croissance de l’enfant.
Elle a également ajouté : « Le développement de la petite enfance constitue l’un des investissements les plus rentables pour le capital humain et pour l’accélération du développement durable du pays. »
Cette vision est pleinement partagée par le Royaume des Pays-Bas, principal bailleur de fonds de l'initiative. « C’est à ce moment [durant les premières années] que la nutrition, les soins divers et les stimulations appropriées peuvent faire une différence déterminante pour la santé et le développement de l’enfant, avec des effets qui se prolongent tout au long de sa vie. Nous ne pouvons donc pas attendre pour agir », a déclaré la déléguée de l’Ambassade des Pays-Bas lors de son allocution.
L’expérience de Kayanza a aussi mis en lumière le rôle crucial des communautés dans le suivi et la prise en charge des jeunes enfants. La formation des acteurs locaux, couplée à l’implication des autorités et à la sensibilisation des parents, a permis de rapprocher durablement les services multisectoriels des foyers.
« Le passage à l’échelle est non seulement possible, mais également nécessaire », a insisté un participant au cours des échanges.
Le ministre de la Santé publique, Fidèle Nkezabahizi, a réaffirmé l'alignement total de ces actions avec la Stratégie Nationale Multisectorielle (2021-2027) et son Plan Opérationnel 2024-2027dont les différents secteurs impliqués sont appelés à mettre en œuvre.
La présence et l'engagement de la Première Dame, S.E. Angeline Ndayishimiye, à l'ouverture de l'atelier illustrent l’importance accordée au plus haut niveau de l'État à cette problématique. Le développement de la petite enfance s’inscrit désormais dans la trajectoire de la Vision 2040/2060 du Burundi, qui ambitionne de bâtir un capital humain solide. « La malnutrition ne peut pas être combattue par un seul secteur », a rappelé avec insistance la Première Dame, soulignant que la malnutrition ne peut être vaincu de manière isolée.
Pour consolider ces réussites, les recommandations de l’atelier appellent à renforcer les investissements publics, à optimiser la synergie entre les ministères (Santé, Éducation, Justice, intérieur, Finances, ressources minières, communication, travail, environnement) et à intégrer systématiquement les budgets de DPE au niveau des communes. À travers la future mise à l’échelle des acquis de Kayanza, le Burundi s'apprête à franchir une étape historique : faire en sorte que chaque enfant, quel que soit son lieu de naissance ou son milieu social, bénéficie dès le départ d’une nutrition adéquate, des soins de qualité d’un environnement sécurisant et stimulant, ainsi qu’un apprentissage précoce pour jouir pleinement de son potentiel de développement.