L'accessibilité des latrines, une dignité plus qu'un confort
Le manque de toilettes ne pose pas seulement des problèmes sanitaires et environnementaux. Il peut également exposer les enfants à toute une série de dangers, notamment des abus sexuels, surtout lorsqu'ils doivent s'éloigner pour se soulager
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Marie MBONIMPA, 62 ans, mère de 3 enfants avec ses 4 petits-enfants, vit dans le camp de personnes déplacées de Maramvya, vers où les victimes des inondations de Gatumba ont fui en raison de la montée du lac Tanganyika il y a 2 ans.
Depuis cette période, des latrines d'urgence ont été construites avec le soutien de l'UNICEF, mais elles se sont rapidement détériorées en raison des matériaux d'urgence utilisés pour la construction, ce qui a conduit à des conditions d'hygiène inacceptables dans ce camp, une situation difficile surtout pour les femmes et les filles.
Au Burundi, le rapport SMART 2022 indique que seulement 28% de la population a accès à l'assainissement de base, et que 0,5% de la population n'a pas de latrines, ce qui signifie que 71,5% n'ont pas de latrines adéquates et que seulement 8.6% de la population pratique le lavage des mains. Les conséquences sont regrettables. « Même si vous mangez bien, si vous n'avez pas de toilettes, il y a des conséquences. Les maladies étaient à notre porte, les latrines étaient loin ; Nous avions 117 latrines d'urgence construites par l'UNICEF, mais elles ont été détruites par une forte pluie. » dit Marie.
En l'absence de toilettes, les gens pratiquent la défécation en plein air et utilisent des latrines inadéquates. Cela conduit à une exposition aux bactéries et à la contamination de l'eau du ménage ou d'autres aliments et provoque des maladies d'origine hydrique telles que la diarrhée, le choléra et la typhoïde.
Mais le manque de toilettes ne pose pas seulement des problèmes sanitaires et environnementaux. Elle peut également exposer les enfants à toute une série de dangers, notamment des abus sexuels, surtout lorsqu'ils doivent s'éloigner des installations pour se soulager. Disposer d'un assainissement adéquat permet aux enfants, en particulier aux adolescentes, d'avoir accès à des installations sanitaires décentes dans leur communauté.
« Les latrines n'étaient ni propres ni couvertes, ce qui constituait un obstacle pour nous, les femmes et nos adolescentes. Les mauvaises pratiques d'hygiène ont un fort impact sur notre santé en raison des maladies infectieuses. Même s'il y avait des latrines séparées pour les hommes et les femmes, par exemple l'homme pouvait aller dans les latrines des femmes car les leurs étaient détruites. » explique Marie.
Pour répondre à ce problème de santé publique, l'UNICEF, avec le soutien du Comité Suisse UNICEF, en partenariat avec la SACODE, a construit des latrines semi-durables qui contribuent également à la prévention des maladies hydriques; et ce, par la réhabilitation des latrines et des douches, la sensibilisation à la promotion de l'hygiène, et la désinfection autour des latrines et des douches dans les sites de Kinyinya II et Maramvya Sobel.
Dans le milieu scolaire, les jeunes filles sont les premières victimes de l'absence de latrines adéquates. Elles sont souvent gênées d'aller aux toilettes devant leurs camarades. Au moment de leurs premières règles, l’embarras peut être tellement grand que certaines d’entre elles quittent l'école.
Dans les écoles proches du camp de Maramvya Sobel, le nombre d'élèves est très élevé par rapport aux latrines existantes.
L'UNICEF a construit quatre blocs de cinq latrines chacun avec huit points de lavage des mains dans quatre écoles de la région de Gatumba, qui desservent les enfants des écoles touchées par les inondations. Les latrines séparées par sexe profitent à 3127 écoliers, grâce à une contribution du Comité Suisse UNICEF.
« En plus d'avoir des latrines adéquates et propres, nous avons également retrouvé notre intimité grâce à l'UNICEF et ses partenaires. » conclue Marie.