Les jeunes du Burundi s’engagent pour le climat : une première Conférence Locale organisée à Gitega
Le Burundi se mobilise pour le climat. Une Conférence nationale des jeunes a posé les bases d’un plaidoyer ambitieux en faveur de la lutte contre les changements climatiques et de la préparation du pays à la COP30.
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Dix ans après la signature de l’Accord de Paris, qui visait à limiter le réchauffement planétaire à 1,5 °C, la jeunesse burundaise s’affirme comme un acteur incontournable de la réponse au dérèglement climatique. À deux mois de la fin de l’année 2025, date symbolique à laquelle les émissions mondiales de gaz à effet de serre devaient atteindre leur pic, le Burundi a organisé sa première Conférence Locale des Jeunes sur le Climat (LCOY Burundi), les 29 et 30 octobre à Gitega.
Placée sous le thème : « Les jeunes ne sont pas l’avenir, ils sont le présent du changement », la conférence a réuni plus de 100 jeunes champions, entrepreneurs et acteurs climatiques issus de toutes les provinces du pays.
Organisé par l’Initiative des Jeunes pour le Climat et le Développement (IJCD), l’événement a bénéficié du soutien des ministères de l’Environnement et de la Jeunesse, ainsi que de partenaires tels que l’UNICEF, l’OIM et le PNUD. La rencontre a été honorée par la présence de Mme Lydia Nsekera, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Culture ; de M. Liboire Bigirimana, gouverneur de la province de Gitega ; et de Mme Mame Selbee Diouf, représentante adjointe de l’UNICEF. Tous ont encouragé les jeunes à poursuivre leur engagement dans la lutte contre la crise climatique et pour la protection de l’environnement.
Selon Abischag Jitimay, fondatrice d’IJCD, la conférence constitue « une contribution notable au renforcement de la conscience écologique et à la promotion de l’action des jeunes ». Elle a rappelé :
« Le Burundi n’est pas parmi les grands pollueurs, mais il fait partie des pays les plus vulnérables face au réchauffement climatique. C’est pourquoi il est crucial que notre jeunesse s’implique activement. »
Pendant deux jours, les participants ont pris part à des ateliers, des panels et des sessions pratiques consacrés au reboisement, à la salubrité communautaire, à la finance climatique, à l’entrepreneuriat vert, à la transition énergétique et à l’activisme numérique.
Le point culminant de la rencontre a été la signature de la Déclaration Nationale de la Jeunesse Burundaise, un document collectif qui sera transmis au gouvernement. Cette déclaration constituera la base du plaidoyer que porteront les délégués burundais lors des négociations internationales de la COP30 à Belém, au Brésil.
Pour Diella Dieu Merci Iteka, fondatrice et directrice artistique de Kayangana Innovation Art (KIA), entreprise spécialisée dans le recyclage artistique, la conférence a été une occasion unique de rencontre et de collaboration :
« Je suis venue pour rencontrer d’autres jeunes engagés et contribuer à la Déclaration nationale. Ensemble, nous pouvons influencer les décisions qui concernent notre avenir. »
Même sentiment du côté des milieux universitaires. Nizigiyimana Thierry, représentant du club environnemental de l’Université du Burundi, appelle à mieux intégrer la voix des jeunes :
« Le gouvernement nous consulte rarement sur les décisions liées à l’environnement, alors que les effets du changement climatique nous touchent directement. Grâce à cette conférence, nous espérons que notre voix sera enfin entendue jusqu’à la COP30. »
La LCOY Burundi souligne avec force que l’heure n’est plus aux discours mais à l’action. « Reconnaissons notre échec », a déclaré António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies, dans une interview accordée au Guardian et à l’agence amazonienne Sumaúma. Un constat sévère, qui fait écho aux analyses des plans climatiques nationaux, jugés encore trop timides pour empêcher un dépassement, même temporaire, des seuils critiques.
Face à l’urgence, la jeunesse burundaise choisit l’engagement. En unissant leurs voix et leurs efforts, ces jeunes affirment haut et fort que la génération actuelle refuse d’attendre demain pour agir. Dix ans après l’Accord de Paris, ils ne se présentent plus comme de simples observateurs, mais comme des acteurs déterminés du changement dès aujourd’hui.
[1] https://www.theguardian.com/environment/2025/oct/28/change-course-now-humanity-has-missed-15c-climate-target-says-un-head