La riposte contre le choléra : la population de Cibitoke se mobilise.
Grâce au financement de l’USAID, l’UNICEF, à travers son partenaire «Social Action Développent» (SAD), aide la communauté de Rugombo en province de Cibitoke à lutter contre la propagation de l’épidémie de Choléra.
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Sur la route de Rugombo, l’équipe UNICEF traverse une grande plaine couverte de champs de riz. Après plus d'une heure de voyage, nous arrivons au chef-lieu de la province Cibitoke. Chaque année, le choléra est devenu presque chronique dans les localités de cette région de la plaine de l’Imbo dont fait partie la province Cibitoke.
Arrivé à Cibitoke, nous suivons un agent de l’ONG SAD pour une visite protocolaire à l’Administration. Le Secrétaire Exécutif Permanent de l’Administrateur de Rugombo, Firmin Habumuremyi, nous accueille dans son bureau. Il nous présenta la situation sanitaire de sa commune. « Le manque de points de captage d’eau, les sources d’eau qui tarissent, le manque du matériel pour la conservation de l’eau, les latrines insuffisantes ou mal entretenues… sont autant de facteurs qui augmentent la précarité de la situation sanitaire des habitants de Rugombo », nous raconte-t-il.
Afin de contrôler la propagation de cette épidémie, en juin 2023, l’ONG SAD est intervenue au niveau communautaire pour aider la population à se protéger. A travers les séances de sensibilisation, la population a appris les principes de base d’hygiène.
Viviane, vendeuse de riz au marché de Rugombo a bien compris l’intérêt d’adopter des mesures d’hygiène. « Je dois m’assurer que mes clients et mes collègues commerçants appliquent correctement les mesures d’hygiène. J’ai installé un dispositif de lavage de mains à côté de mon stand de vente de riz pour vérifier régulièrement que tout le monde l’utilise », nous dit Viviane en nous priant de nous laver les mains.
Le marché étant un lieu qui rassemble beaucoup de gens, le nombre accru de contacts de personne à personne est plus élevé, augmentant ainsi le risque de contamination. A un jet de pierre du stand de Viviane, nous rencontrons Afuwa Ntahorubuze, l’une des 15 volontaires communautaires de l’ONG SAD de la province Cibitoke.
« La consommation des aliments crus comme les fruits peut être une source de propagation du choléra. Chaque jour, je passe au marché pour m’assurer que ces mamans qui vendent des fruits comprennent le risque qu’il y a de manger des fruits sans les laver, surtout les enfants », nous explique Afuwa.
A Mparambo I, les habitants affirment qu’ils peuvent passer toute une semaine sans voir une goutte d’eau couler dans les robinets. La population de Mparambo I est contrainte de faire recours à l’eau de la rivière Nyakagunda. « A défaut d’avoir de l’eau potable, des méthodes de traitement de l’eau d’autres sources comme les rivières peuvent être utilisées. Nous pouvons par exemple bouillir l’eau avant de la consommer. La sensibilisation à l’intention de la population qui utilise l’eau de la rivière Nyakagunda est très nécessaire pour stopper la propagation de cette épidémie », témoigne Déus Manirakiza, un administratif rencontré sur place.
Malgré cette situation critique, les responsables administratifs se réjouissent du travail en synergie entre les structures communautaires (les Mamans Lumières, les Techniciens de Promotion de la Santé, les Leaders Communautaires), les autorités locales, les services de la Protection Civile et les partenaires œuvrant dans le domaine de la santé. Ils sont tous conscients que la transmission peut être interrompue notamment par une amélioration de l’approvisionnement en eau potable, des moyens d’assainissement et d’hygiène.
L’UNICEF continue d’intensifier ses efforts dans le domaine la prise en charge communautaire intégrée, qui met un ensemble d’interventions vitales à la portée des enfants, des familles et des foyers au Burundi.