Grâce à Merankabandi, Dorothée ne vit plus comme une indigène, mais comme une femme leader
Merankabandi est basé sur une approche combinée d'un transfert monétaire couplé à un accompagnement des bénéficiaires appelés activités complémentaires qui rend ce programme unique et augmente son potentiel d'impact.
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Dorothée Nsengiyumva est une femme Twa de 53 ans vivant dans la commune de Mugoboka, province de Gitega. Elle est participante du projet d'appui aux filet sociaux Merankabandi. Un projet de protection sociale visant à soutenir les ménages les plus vulnérables au Burundi.
Merankabandi est basé sur une approche combinée d'un transfert monétaire couplé à un accompagnement des bénéficiaires appelés activités complémentaires qui rend ce programme unique et augmente son potentiel d'impact.
L'absence de dignité dans la communauté, la malnutrition et la déscolarisation des enfants, tels sont les principaux défis que vivaient au quotidien les ménages de la communauté Batwa, avant le projet Merankabandi. Aujourd’hui, leur vie est améliorée grâce aux transferts monétaires et aux activités complémentaires du projet.
Dorothée se souvient des conditions de vie déplorables qu’elle a connues avant l'arrivée de Merankabandi : une pauvreté extrême, une maison recouverte d’écorce de bananes sèche, difficulté d’accès au crédit.
« Notre peuple a toujours été en recul par rapport aux autres, nous vivions dans de petites maisons sans toit, souvent nous n'avions même pas de quoi nourrir nos enfants. Nous ne vivions qu'en faisant de la poterie, qui ne nous rapportait presque rien, et les enfants avaient du mal à étudier à cause du manque de matériel scolaire et de beaucoup d'autres choses nécessaires », raconte Dorothée.
Les Batwa sont considéré comme le peuple autochtone du Burundi. Selon le recensement effectué par UNIPROBA (Unissons-nous pour la Promotion des Batwa) en 2008 le nombre de Batwa au Burundi est estime à 78 071, soit environ 1% de la population.
Les Batwa étaient autrefois des chasseurs-cueilleurs dans les forêts du pays. Ils n'avaient pas accès à la terre, aux soins de santé ou à l'éducation. Les Batwa n'avaient aucun droit légal, en grande partie parce que leurs naissances n’étaient pas enregistrées dans le registre des naissances de l’Etat civil.
« Je ne suis pas allé à l'école, mais le projet Merankabandi m'a appris les bases de la vie. Maintenant, j'économise de l'argent, j'ai accès au crédit, mes enfants vont à l'école sans problème, j'ai même construit une maison durable pour moi et mes enfants, et nous n'avons plus de problèmes de nourriture. Nous avons dit adieu à la pauvreté », Dorothée raconte avec un large sourire.
Le projet Merankabandi ne les a pas laissés pour compte, ils ont bénéficié du projet comme les autres bénéficiaires avec un soutien qui leur était spécifique, comme l'achat de matériel scolaire, l'achat d'intrants agricoles et l'amélioration de l'habitat.
Afin de promouvoir la reconnaissance légale des enfants et des mariages dans les ménages Batwa bénéficiaires du projet, des sessions de sensibilisation ont été régulièrement organisées à leur intention. Ces sessions ont porté sur l'enregistrement des enfants pour l'obtention d'actes de naissance et la régularisation des mariages.
« Dans notre communauté, il était rare de rencontrer une femme Twa qui mobilise les autres, mais grâce aux leçons que nous avons reçues dans le cadre du projet Merankabandi, la confiance renaît en nous. J’ai été leader dans notre groupe de solidarité et maintenant membre du comité au niveau de la commune », dit Dorothée
Les activités complémentaires du projet Merankabandi ont eu un impact positif, non seulement sur le revenu des ménages, mais aussi sur la confiance en soi, le renforcement des compétences et la cohésion familiale.
Les activités complémentaires portaient essentiellement sur l’éducation financières, la sante maternelle et infantile, planning familial, l’alimentation du jeune enfant et du nourrisson et le développement de la petite enfance ainsi qu’un appui supplémentaire pour la constitution de groupes de solidarité afin d’assurer la pérennité des actions après la fin du programme.
Les ménages bénéficiaires ont pu sortir de la pauvreté et Leur vie s'est améliorée.
Les filets de sécurité sociale, tels que le projet Merankabandi, constituent une approche efficace de la réduction de la pauvreté ; ils contribuent à protéger les familles des conséquences des chocs économiques, des catastrophes naturelles et d'autres crises ; ils forment la base de la protection sociale des plus vulnérables.
« Lorsque le projet s'est terminé, nous n'avons pas croisé les doigts, nous avons tous rejoint les coopératives d'épargne et de crédit, maintenant nous avons le droit à l'éducation, aux soins de santé, à l'accès à la terre. Je remercie le projet Merankabandi de nous avoir appris à survivre même sans le projet. Que ce que vous avez fait pour nous, vous le fassiez pour tout le pays. », dixit Dorothée.
Le projet d’appui aux filets sociaux Merankabandi a été mis en œuvre par le Gouvernement du Burundi avec l'assistance technique de l'UNICEF et le soutien financier de la Banque mondiale.