Deux frères retrouvent protection et espoir grâce à une famille d’accueil à Musenyi.

Après un moment de séparation, UNICEF et ses partenaires aident les familles en exil à se retrouver grâce à l’appui du Fonds National de Réparation des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits & des victimes des crimes contre l’humanité-FONAREV

Giorgio Algeri
Deux jeunes garçons réunifiés dans une famille d'accueil dans le site des réfugiés congolais de Musenyi II
UNICEF Burundi/2025/G. Algeri
16 décembre 2025

À Musenyi II, deux frères d’origine congolaise, *Dieudonné (16 ans) et *Moïse (13 ans), redécouvrent aujourd’hui un semblant de stabilité après des mois d’incertitude et d’errance. Leur parcours, marqué par la séparation familiale, la fuite et l’insécurité, a pris un nouveau tournant grâce au soutien de l’UNICEF et à l’appui financier du Fonds National de Réparation des Victimes de violences sexuelles liées aux conflits et des victimes des crimes contre l’humanité (FONAREV).

Avant que le conflit n’éclate au Sud-Kivu, la vie des deux enfants était déjà fragilisée par les tensions familiales. Leur mère, victime de violences conjugales, avait quitté le foyer pour se réfugier chez des voisins. Lorsque la guerre a rattrapé leur village de Ruvungi, les deux garçons ont fui seuls en janvier 2025, sans personne pour les guider. Fatigués, désorientés mais déterminés à survivre, ils ont mis plusieurs semaines à atteindre la frontière burundo-congolaise.

La traversée de la rivière Rusizi fut l’une des étapes les plus périlleuses. Sans argent pour payer les passeurs, ils ont attendu, hésité, puis ont finalement pu compter sur l’aide d’un inconnu, qui leur a permis de traverser la rivière en sécurité. Après des jours de marche et d’incertitude, ils ont été accueillis au camp de transit de Cishemere, où ils sont restés jusqu’en octobre 2025. Là-bas, la faim, l’accès limité aux vêtements et l’absence de soutien familial ont marqué leur quotidien.

Le 22 octobre 2025, Dieudonné et Moïse ont été transférés au site de Musenyi. Ce jour-là, un événement inattendu a changé leur destin : au milieu du convoi, une femme originaire de leur région, Madame Nyota Marie, les a reconnus. Connaissant leur histoire et la précarité dans laquelle vivait leur mère, elle a pris une décision lourde mais profondément humaine : les accueillir chez elle, aux côtés de son époux et de leurs deux filles de 8 et 4 ans.

La famille recomposée compte désormais six membres. Malgré sa générosité, Madame Nyota Marie n’avait pas toutes les informations nécessaires pour orienter les enfants vers les services offerts aux réfugiés. Les garçons se rendaient régulièrement aux distributions alimentaires, mais, faute d’enregistrement, ils ne recevaient rien.

Deux jeunes garçons réunifiés dans une famille d'accueil dans le site des réfugiés congolais de Musenyi II.
UNICEF Burundi/2025/G. Algeri Deux jeunes garçons réunifiés dans une famille d'accueil dans le site des réfugiés congolais de Musenyi II.

Face à cette situation, les deux frères se sont présentés au bureau d’écoute de Save the Children. Un gestionnaire de cas les a alors accompagnés dans toutes les démarches administratives, a officialisé leur placement en famille d’accueil et a organisé leur accès à l’ensemble des services disponibles.

Depuis, ils bénéficient de l’assistance humanitaire destinée aux réfugiés et ont pu reprendre le chemin de l’école, soutenus activement par leur famille d’accueil et les travailleurs humanitaires.

Aujourd’hui, Dieudonné et Moïsevivent dans un environnement où ils se sentent à nouveau protégés, entourés et soutenus. Le retour à l’école marque pour eux un tournant décisif : celui de l’espoir retrouvé.

Dieudonné confie : « Je suis heureux d’avoir retrouvé une famille grâce à la famille d’accueil. Avant cela, je pensais que ma vie était condamnée. »

Pour Madame Nyota Marie, le défi était immense au départ : « Au départ, je ne pensais pas pouvoir assumer seule la prise en charge. Aujourd’hui, je suis rassurée et reconnaissante pour le soutien apporté par l’UNICEF, en collaboration avec Save the Children. J’aimerais disposer d’un capital pour lancer une activité commerciale afin de subvenir durablement aux besoins des enfants une fois le projet terminé. »

L’histoire de Dieudonné et Moïse témoigne du courage des enfants affectés par les conflits, mais aussi de la force des communautés d’accueil prêtes à ouvrir leurs portes et leurs cœurs. Elle illustre enfin l’impact concret des programmes financés par le FONAREV : offrir une protection durable, prévenir les risques d’exploitation, et redonner à chaque enfant la possibilité de croire en un avenir meilleur.

*Pour des raisons de confidentialité et de protection, les noms réels ont été remplacés par des pseudonymes.