Chaque enfant a droit à une identité légale

A l'occasion de la Journée africaine de l'état civil, l'UNICEF salue les progrès du Burundi en matière d'enregistrement des naissances et appelle à poursuivre les investissements pour un système d'état civil plus intégré, décentralisé et digitalisé

10 août 2026
Une mère présente l’acte de naissance de son enfant à Kirundo, au nord du Burundi, où l’UNICEF soutient l’enregistrement des naissances
UNICEF Burundi/2025/Odette Kwizera Une mère présente l’acte de naissance de son enfant à Kirundo, au nord du Burundi, où l’UNICEF soutient l’enregistrement des naissances

Bujumbura, 10 août 2026 – A l’occasion de la Journée africaine de l’état civil et des statistiques de l’état civil (CRVS), célébrée cette année sous le thème « Nouvelle Décennie CRVS (2027-2036) : Consolider les acquis de l’APAI-CRVS et assurer l’avenir de l’état civil et des statistiques de l’état civil en Afrique grâce à l’intégration, la décentralisation et la digitalisation », l’UNICEF salue les progrès accomplis par le Burundi dans le renforcement de l’enregistrement des naissances et réaffirme son engagement à accompagner les efforts nationaux pour garantir à chaque enfant le droit à une identité légale dès sa naissance.

Instituée par l’Union africaine, la Journée africaine de l’état civil constitue un moment privilégié pour rappeler l’importance de l’enregistrement universel et opportun des naissances, des décès et des autres faits d’état civil. Au-delà d’une formalité administrative, l’enregistrement d’une naissance est un droit fondamental consacré par l’article 7 de la Convention relative aux droits de l’enfant. Il constitue la première reconnaissance légale de l’existence d’un enfant et ouvre la voie à l’exercice de nombreux autres droits, notamment l’accès à la santé, à l’éducation, à la protection sociale et à la protection juridique. Au Burundi, l’acte de naissance est notamment indispensable pour bénéficier de la gratuité des soins de santé pour les enfants de moins de cinq ans.

En Afrique, malgré les progrès réalisés au cours de la dernière décennie, des millions d’enfants demeurent encore sans identité légale faute d’enregistrement à la naissance. La nouvelle Décennie CRVS 2027-2036 met ainsi l’accent sur trois priorités stratégiques : l’intégration et l’interopérabilité des systèmes, la décentralisation des services et leur digitalisation. Ces transformations doivent permettre de rapprocher les services des populations, de réduire les obstacles à l’enregistrement et de disposer de données fiables pour meilleure planification du développement.

Au Burundi, les progrès sont encourageants. Selon l’Enquête Démographique et de Santé du Burundi (EDSB) 2024, 73 % des enfants de moins d’un an et 84 % des moins de cinq ans sont enregistrés à la naissance, contre une moyenne africaine de 55 %. Toutefois, seuls 66 % des enfants enregistrés disposent effectivement d’un acte de naissance et des obstacles importants persistent, notamment le délai légal de déclaration limité à 15 jours, les coûts directs et indirects supportés par les familles, l’éloignement des centres d’état civil, la méconnaissance des procédures par les familles et les capacités encore limitées de certaines administrations locales. 

Depuis 2023, le Gouvernement du Burundi a engagé plusieurs réformes visant à moderniser le système d’état civil, notamment le projet de révision du Code des personnes et de la famille, la digitalisation progressive des services et l’introduction de l’interopérabilité entre les services de santé et ceux de l’état civil. Cette dernière approche constitue un levier important pour rapprocher les services des familles, en intégrant l’enregistrement des naissances aux services de santé maternelle et infantile.

Avec l’appui de l’UNICEF, l’approche d’interopérabilité a été mise en œuvre à partir d’octobre 2023 dans l’ancienne province de Kirundo. Le pilote documenté dans une étude de cas reposait sur la présence régulière d’agents de l’état civil dans 25 formations sanitaires réparties dans les sept communes de l’ancienne province, principalement choisies en raison de leur éloignement des bureaux d’état civil. Les formations sanitaires concernées jouent ainsi une double fonction : elles offrent des services de santé, tout en permettant aux familles d’y faire enregistrer les naissances et d’obtenir les extraits d’acte de naissance. Cette étude a montré une augmentation des naissances enregistrées dans le délai légal de plus de cinq fois pour les communes concernées. Elle a aussi montré l’effectivité de l’enregistrement de cent pour cent des naissances vivantes dans les formations sanitaires qui offrent ce service. 

Le taux d’enregistrement dans les délais légaux est quant à lui passé de 8 % à 45 %. Les analyses réalisées dans le cadre de l’étude de cas sur l’approche d’interopérabilité pour l’enregistrement des naissances au Burundi montrent également que l’interopérabilité a permis de réduire les déplacements des familles ainsi que les coûts liés aux démarches administratives, améliorant ainsi l’équité d’accès aux services d’état civil, en particulier pour les ménages les plus vulnérables. 

Depuis son lancement, l’approche a progressivement été étendue grâce au soutien de l’UNICEF et ses partenaires. Elle est aujourd’hui opérationnelle dans 123 formations sanitaires et a permis l’enregistrement de plus de 52 000 naissances dans les délais légaux, contribuant ainsi à rapprocher les services publics des communautés. Les analyses disponibles montrent également que cette approche constitue un investissement efficient : les bénéfices économiques et sociaux sont estimés à 27,83 BIF pour chaque BIF investi, tandis que les familles les plus vulnérables bénéficient d’une économie estimée à 9 907 BIF par naissance enregistrée.

Partenaire de longue date du Gouvernement du Burundi, l’UNICEF accompagne ses efforts à travers son expertise technique et stratégique en matière d’identité légale, d’enregistrement des naissances et d’interopérabilité des systèmes. Son appui porte notamment sur le développement et la mise à l’échelle de l’interopérabilité, la digitalisation des services d’état civil, l’accompagnement des réformes du cadre juridique ainsi que la coordination et le plaidoyer en faveur de l’enregistrement universel des naissances. L’UNICEF contribue également aux efforts visant à documenter les innovations et les bonnes pratiques afin d’éclairer leur mise à l’échelle.

« Chaque enfant a le droit d’exister légalement, d’être reconnu et protégé dès sa naissance. L’expérience d’interopérabilité menée à Kirundo montre qu’en rapprochant les services de santé et d’état civil, nous pouvons lever des barrières qui privent encore trop d’enfants de leurs droits fondamentaux. A l’occasion de cette Journée africaine de l’état civil, nous appelons à poursuivre les efforts de modernisation, de décentralisation et de digitalisation afin que chaque enfant, partout au Burundi, puisse bénéficier d’une identité légale et accéder pleinement à tous ses droits à travers les services essentiels. », a déclaré France Bégin, Représentante de l’UNICEF au Burundi.

A l’occasion de cette Journée africaine de l’état civil, l’UNICEF invite le Gouvernement, les partenaires, la société civile, les médias et les communautés à poursuivre leurs efforts pour faire de l’enregistrement universel et opportun des naissances une réalité au Burundi. 

Enregistrer une naissance, c’est reconnaître un enfant, protéger ses droits et lui ouvrir la voie vers les services essentiels dont il a besoin pour grandir et s’épanouir.

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Odette Kwizera
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