L’UNICEF lance un appel de fonds à finalité humanitaire
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Les écoles de Dori ont accès à l’eau potable à l’aide du “water trucking”

Les élèves de l’école primaire de Nyarala C bénéficient du service d’approvisionnement en eau par camion-citerne pour boire, manger et maintenir l’hygiène de leur école.

Myriam Dossou
Les enfants de l’école primaire de Nyarala C se ravitaillent en eau potable, grâce au camion du “water trucking”.
UNICEF/2024/MyriamDossou
22 octobre 2024

Amina Dicko est élève en classe de CM1 à l’école primaire de Nyarala C à Dori. Elle aura 14 ans cette année. Originaire de Seytenga, elle a été obligée de fuir son village, il y a deux ans, à cause d’une attaque d’hommes armés qui a fait plusieurs morts et près de 30 000 personnes déplacées. Depuis, elle vit à Dori, avec ses parents et ses frères. Cet épisode de sa vie n’a pas été facile pour elle. Mais maintenant, Amina arrive à trouver ses repères, et a pu reprendre le chemin des classes. Dans sa nouvelle école, il y a beaucoup d’enfants déplacés internes comme elle. Sur un effectif total de 7700 élèves, l’école primaire de Nyarala C compte 668 élèves déplacés internes, dont 329 filles.

“Je ne suis pas la seule à avoir quitter mon village. Ici, j’ai même retrouvé certaines de mes amies. Heureusement, j’ai pu reprendre l’école avec certaines d’entre elles. Au départ, on n’était pas très motivée car ici à Dori, il y a aussi des problèmes. A la maison, on avait du mal à manger et quand on venait à l’école, c’était également difficile d’avoir de la nourriture et de l’eau ’’, raconte Amina. 

Amina Dicko puise de l’eau pour aller se servir dans leur salle de classe.
UNICEF/2024/MyriamDossou Amina Dicko puise de l’eau pour aller se servir dans leur salle de classe.

En effet, la situation sécuritaire dans le Sahel rend l’accès à l’eau difficile à Dori. Plusieurs quartiers de la ville n’ont pas d’eau, les écoles et les hôpitaux n’ont pas d’eau potable.

Maimounata Kabore, la directrice de l’école primaire de Nyarala C, se souvient comme hier à quel point c’était difficile de trouver de l’eau dans le quartier ou l’école est située.

“Nous avons essayé de faire des forages mais en vain. On nous dit qu’il n’y a pas assez d’eau sur le site. Avec l’insécurité, on ne peut pas avoir de l’eau autrement et nous n’avons pas les moyens de louer un camion pour apporter de l’eau ici”, explique-t-elle.

Avec l’appui du Fonds central d’intervention d’urgence des Nations Unies (CERF), le Gouvernement du Burkina Faso, l’UNICEF et ses partenaires ont lancé un projet d’approvisionnement en eau potable par camion-citerne communément appelé « water trucking », pour servir les institutions scolaires et de santé, et les communautés de la commune de Dori. Chaque jour, 36m3 ou 36.000 litres d’eau sont distribués aux familles déplacées internes et aux communautés hôtes. Cette quantité d’eau peut servir jusqu’à 4.800 personnes par jour, suivant la norme du cluster WASH de sept litres par personne et par jour. L’école Nyarala C est toujours ravitaillée en eau, à la grande satisfaction d’Amina.

“ Depuis un an, nous avons de l’eau à l’école. Nous venons avec nos gourdes pour nous servir. Grâce à cette eau, notre école est propre et en plus, la cantine scolaire peut fonctionner parce que sans eau, c’est difficile de préparer à manger”, dit-elle.

Maimounata Kabore est la directrice de l’école primaire de Nyarala C.
UNICEF/2024/MyriamDossou Maimounata Kabore est la directrice de l’école primaire de Nyarala C.

L’approvisionnement régulier de l’école en eau potable et les repas servis à la cantine scolaire ont un impact positif sur l’éducation des enfants. Selon Maimounata Kabore, l’absentéisme a baissé.

“Avant, les enfants avaient du mal à venir en classe. Maintenant, ils viennent parce qu’en plus de l’instruction qu’ils reçoivent, ils peuvent boire et manger à l’école”, justifie-t-elle.

En 2023, l'UNICEF a mené des interventions permettant l'accès à l'eau potable, l'amélioration de l'assainissement et la promotion de l'hygiène dans les régions du Nord, Centre-Nord, Sahel, Est, Centre-Est et Boucle de Mouhoun, les six régions les plus touchées par la crise. Dans les zones difficiles d’accès, l'UNICEF a facilité la réparation des points d'eau tout en assurant le transport d'eau par camion-citerne, ce qui a permis de réduire la vulnérabilité des communautés, en particulier des femmes et des enfants.

Un camion-citerne vient ravitailler l’école primaire de Nyarala C plusieurs fois par semaine.
UNICEF/2024/MyriamDossou Un camion-citerne vient ravitailler l’école primaire de Nyarala C plusieurs fois par semaine.

Au total, l'UNICEF a fourni de l'eau potable à environ 191 553 personnes (dont 58 pour cent d’enfants), grâce à la construction et à la réhabilitation de systèmes d'approvisionnement en eau et à l'injection de forages à haut débit dans le réseau de l'Office National de l'Eau et de l'Assainissement (ONEA). Au total, 116 772 personnes des régions du Centre-Nord et du Sahel et 1 415 autres dans le camp de Soussou dans la région du Nord ont été approvisionnées par camion-citerne.

L’approvisionnement des ménages en eau potable réduit la corvée de collecte de l'eau pour les femmes, et leur permet d’avoir plus temps pour les activités génératrices de revenus. Ainsi, leur pouvoir d’achat augmente et elles pourront mieux répondre aux besoins de leurs enfants et de leur famille, ce qui pourrait aussi accroitre leur pouvoir de décision au sein de la communauté.