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Des dispositifs innovants pour réduire la mortalité infanto-juvénile et néonatale au niveau communau

Les acteurs de la santé réunis à Ouagadougou le 31 janvier 2025 pour évaluer l’utilisation de l’oxymètre de pouls et du bracelet d’alerte de l’hypothermie du nouveau-né pour une mise à l’échelle

Claude Tarpilga
Des dispositifs innovants pour réduire la mortalité infanto-juvénile et néonatale au niveau communautaire au Burkina Faso
UNICEF/2025/ClaudeTarpilga
05 février 2025

La mortalité infanto-juvénile et néonatale demeure un problème de santé publique au Burkina Faso en dépit des efforts fournis ces dernières années par le gouvernement avec l’appui de ses partenaires. 

En effet, selon les statistiques du ministère de la Santé, à travers la Direction de la santé de la famille (DSF), le nombre de décès néonatals enregistrés dans les formations sanitaires du pays, est passé de 5984 en 2021 à 6665 en 2022, soit une hausse de 11%. Ce nombre serait même plus élevé si les décès néonatals en communauté étaient correctement notifiés et pris en compte. 

Pour faire face à cette problématique majeure de santé publique, le Burkina Faso a, entre autres stratégies, opté pour la Prise en charge intégrée des maladies de l’enfant (PCIME) dans les formations sanitaires et au niveau communautaire comme approche de réduction des taux de mortalité maternelle, infantile et néonatale.

Une vue des participants à l'atelier de capitalisation
UNICEF/2025/ClaudeTarpilga Une vue des participants à l'atelier de capitalisation

En vue d’accompagner le ministère de la Santé dans le renforcement de la qualité de la PCIME, l’UNICEF en partenariat avec l'ONG Terre des Hommes Lausanne (Tdh-L) a introduit l'utilisation de l'oxymètre de pouls (OP) dans les districts sanitaires de Boulmiougou dans la Région du Centre, Saponé au Centre-Sud et Dafra dans les Hauts-Bassins, et l’introduction du bracelet d’alerte d’hypothermie du nouveau-né (BAH) dans cinq districts, dont Bogodogo au Centre et Karangasso-Vigué dans la région des Hauts-Bassins, en plus des trois districts d’introduction de l’OP.

Pour rappel, l’oxymètre de pouls est un dispositif médical permettant d’évaluer ponctuellement ou de surveiller en continu la saturation en oxygène du sang, tandis que le bracelet d’alerte de l’hypothermie du nouveau-né est un dispositif médical conçu pour détecter et alerter précocement les mères et gardiens d’enfants en cas d’hypothermie chez le nouveau-né.

Une agente de santé à base communautaire (ASBC) exhibant avec fieté son oxymètre lors de l’atelier.
UNICEF/2025/ClaudeTarpilga Une agente de santé à base communautaire (ASBC) exhibant avec fieté son oxymètre lors de l’atelier.

Pour documenter cette approche innovante et dans une perspective de passage à l’échelle, un atelier de capitalisation a réuni le vendredi 31 janvier 2025 à Ouagadougou les acteurs de la santé issus du Secrétariat général du ministère de la Santé, des directions centrales, régionales, des districts sanitaires de mise en œuvre, de l’UNICEF, de Terre des Hommes, du cabinet de recherche ayant mené l’étude de capitalisation et les représentants des sociétés savantes. 

Valérie Zombré, Directrice de la Santé et de la famille et Johanne Desormeaux, manager en Nutrition à l'UNICEF lors de leurs allocutions
UNICEF/2025/ClaudeTarpilga Valérie Zombré, Directrice de la Santé et de la famille et Johanne Desormeaux lors de son allocution
Johanne Desormeaux, manager en Nutrition à l'UNICEF lors son allocution
UNICEF/2025/ClaudeTarpilga Johanne Desormeaux, manager en Nutrition à l'UNICEF lors son allocution

Présidé par Valerie Zombré, Directrice de la Santé et de la famille représentant le Secrétaire général du ministère de la Santé, l’atelier a permis d’analyser le processus de déploiement, l’adhésion et l’acceptation de l’oxymètre de pouls et le bracelet hypothermique du nouveau-né au niveau communautaire aussi bien par les ASBC, les professionnels de santé que par les populations. Une analyse de la viabilité financière de ces outils innovants pour un passage à l’échelle nationale a fait l’objet de discussions et de recommandations. 

« Cette approche innovante en santé communautaire permettra d’accroitre significativement le rythme annuel de réduction de la mortalité infanto-juvénile et néonatale des enfants de moins de 5 ans », déclare Dr Zombré. 

L’introduction de ces deux outils au niveau communautaire, notamment l’oxymètre de pouls, a permis de détecter de manière précoce certains cas grave qui en temps normal, n’auraient pas pu être détectés à temps s’il n’y avait pas ces outils. Cela a permis d’améliorer la référence de ces cas graves du village vers le Centre de santé et de promotion sociale (CSPS) le plus proche. L’utilisation du bracelet électronique, quant à elle, a permis aux mères d’enfants de faible poids à la naissance, de mieux suivre et contrôler la température corporelle de leurs enfants plutôt fragiles. Cela a permis d’augmenter l’offre du paquet de soins aux nouveau-nés dans les formations sanitaires et à domicile, intégrant les soins maternels kangourou (SMK) au niveau communautaire.

« L’UNICEF se réjouit de cette innovation qui améliore la prise en charge précoce du nouveau-né par sa capacité à prévenir les risques de mortalité infantile liés aux au faible poids et à la température inadéquate du nouveau-né », déclare Johanne Desormeaux, Manager en nutrition à l’UNICEF.

Entièrement financé par l’UNICEF à plus de 911 millions de francs CFA (environ 1,4 million de dollars US), le projet pilote a touché 101.625 enfants de moins de 5 ans.  Au total, 213 CSPS et trois centres médicaux avec antenne chirurgicale (CMA) ont vu leurs capacités techniques et organisationnelles renforcées, pour faciliter la mise en place du continuum de soins au profit des enfants de moins de cinq ans dans les districts ciblés.