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À Dori, Djamila protège sa fille de la malnutrition grâce au bracelet MUAC de dépistage

Déplacée interne et mère de Fatim, neuf mois, Djamila a appris à dépister elle-même les premiers signes de malnutrition aiguë à domicile pour protéger la santé de sa fille.

Yeri Audrey Kambire
Djamila utilise le bracelet MUAC pour mesurer le périmètre brachial de sa fille Fatim, âgée de neuf mois, à Dori
UNICEF/Burkina Faso/2026/Hamadou
30 juillet 2026

Assise devant son abri à Dori, dans la région du Liptako, Djamila glisse délicatement une bande colorée autour du bras de sa fille Fatim, âgée de neuf mois. Elle ajuste le ruban, observe la couleur indiquée, puis le retire avec assurance. Il y a encore quelques mois, cette jeune mère de 20 ans, déplacée interne originaire de Sampelga, ne connaissait pas ce geste simple qui peut contribuer à sauver une vie.

De nouvelles connaissances pour mieux comprendre la malnutrition aiguë

Avant sa formation, Djamila associait surtout la malnutrition à la diarrhée, aux vomissements ou à une perte visible de poids. Elle sait désormais que la malnutrition aiguë doit être détectée le plus tôt possible, parfois avant l’apparition de signes évidents.

« Aujourd’hui, je sais utiliser le bracelet MUAC et je vérifie le bras de ma fille une fois toutes les deux semaines. Le rouge signale une malnutrition aiguë sévère, le jaune une malnutrition aigüe modérée et le vert indique que le périmètre brachial ne révèle pas de malnutrition aiguë. Je suis plus rassurée parce que je peux surveiller moi-même son état nutritionnel », explique Djamila.

Le MUAC, ou bandelette de Shakir pour la mesure du périmètre brachial, est un outil simple utilisé chez les enfants de moins de 5 ans pour détecter rapidement la malnutrition aiguë. Ses codes couleur aident les familles et acteurs communautaires à identifier les enfants qui doivent être orientés sans délai vers une structure de santé pour confirmation et prise en charge. Les valeurs numériques permettent de préciser les valeurs du périmètre brachial par les agents de santé.

À l’issue de sa formation, Djamila a reçu un bracelet MUAC qu’elle utilise régulièrement à domicile pour dépister précocement la malnutrition aiguë
UNICEF/Burkina Faso/2026/Hamadou À l’issue de sa formation, Djamila a reçu un bracelet MUAC qu’elle utilise régulièrement à domicile pour dépister précocement la malnutrition aiguë

Fatim n’a jamais souffert de malnutrition, mais Djamila veut prévenir tout risque. C’est sur les conseils d’un agent de santé à base communautaire, qu’elle a rejoint un Groupe d’apprentissage et de suivi des pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (GASPA).

Au fil des séances, elle a appris à mieux nourrir son enfant, à adopter de bonnes pratiques d’hygiène et à prévenir la malnutrition. Elle sait notamment préparer des bouillies enrichies à partir d’aliments disponibles localement afin de diversifier l’alimentation de Fatim.

Comme des milliers d’autres mères, Djamila bénéficie aussi de visites à domicile par les acteurs communautaires. Ces échanges permettent de vérifier la bonne utilisation du MUAC, de renforcer les conseils sur l’alimentation et l’hygiène, et de rappeler les signes qui nécessitent une consultation rapide.

Renforcer les communautés grâce à la prévention et au dépistage précoce

Cet accompagnement est assuré sous le leadership du ministère de la Santé, avec l’appui de l’UNICEF à travers le projet mis en œuvre par l’ONG Help – Hilfe zur Selbsthilfe. Il s’inscrit dans un projet intégré de prévention de la malnutrition aiguë et chronique et de renforcement de la résilience des populations hôtes, déplacées internes et retournées dans la région du Liptako, grâce au financement du Children’s Nutrition Fund (CNF).

Au premier semestre 2026, l’appui du CNF a contribué à renforcer les interventions communautaires de nutrition : plus de 16 000 enfants de moins de cinq ans ont été dépistés, 2 315 enfants présentant une malnutrition aiguë ont été orientés vers les centres de santé, et 46 198 femmes enceintes ou allaitantes ont bénéficié de conseils sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant. Dans 169 villages, 1 236 GASPA ont soutenu l’apprentissage et l’adoption de pratiques optimales de nutrition.

Étienne Traoré, agent de santé à base communautaire, fait partie des acteurs formés pour accompagner les mères à travers des visites à domicile et des séances de communication.

« Auparavant, certains enfants vivaient dans un environnement qui les exposait davantage aux diarrhées et à d’autres maladies. Grâce aux sensibilisations, les mères adoptent de meilleures pratiques d’hygiène. Je leur rends régulièrement visite pour m’assurer qu’elles utilisent correctement le MUAC et qu’elles suivent la croissance de leur enfant », explique-t-il.

Aujourd’hui, Djamila ne garde pas ces connaissances pour elle. Elle montre à d’autres mères comment utiliser le MUAC, partage les conseils reçus au cours des GASPA et les encourage à se rapprocher rapidement d’un agent de santé lorsque la mesure du MUAC est jaune ou rouge.

« Aujourd’hui, je sais comment surveiller la santé de mon enfant. Je peux aussi montrer à d’autres mamans ce que j’ai appris afin qu’elles protègent leurs propres enfants », confie Djamila.

Dans une région marquée par les déplacements de population, l’insécurité et un accès parfois difficile aux services essentiels, conseiller sur les pratiques optimales d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant et rapprocher le dépistage de la malnutrition aigüe des familles peut faire une différence décisive. Grâce au soutien du CNF, des mères comme Djamila disposent désormais des connaissances et des outils nécessaires pour détecter plus tôt la malnutrition, demander rapidement des soins et donner à leurs enfants de meilleures chances de grandir en bonne santé.