Le bol d’alimentation et de complément : une réponse efficace à la malnutrition au Burkina Faso
Le gouvernement du Burkina Faso, l'UNICEF et ses partenaires font la promotion du bol d’alimentation afin qu'aucun enfant ne souffre de malnutrition
Ramata SANA, mère de six enfants, est très élogieuse du groupe d'apprentissage et de suivi des pratiques d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant ou GASPA. Comme son dernier enfant a 7 mois seulement, elle a rejoint le groupe où les femmes enceintes ou mères de bébés âgés de 0 à 23 mois se retrouvent pour apprendre sur les bonnes pratiques de la survie de l’enfant.
« Pendant les six premiers mois, mon bébé a bénéficié d'un allaitement maternel exclusif. A partir du septième mois, un agent de santé à base communautaire m'a recommandée d'introduire une bouillie nutritive dans son alimentation. En combinant la bouillie nutritive et le lait maternel, j’ai remarqué que mon enfant est en pleine forme et en bonne santé », raconte Rasmata.
A Zorgho, dans la région du Plateau-Central au Burkina Faso, les femmes sont conseillées au niveau des centres de santé de rejoindre les GASPA, selon qu’elles soient enceintes ou allaitantes. Le GASPA est une réponse de l’intervention multisectorielle de prévention de la malnutrition chronique, par la mise en œuvre des activités du paquet intégré des services d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE).
Les agents de santé à base communautaire (ASBC) animent les GASPA dans leurs communautés. Ils sont formés pour suivre les femmes enceintes tout au long de leur grossesse, jusqu'à l'accouchement, et pour leur prodiguer des conseils en matière d'allaitement exclusif jusqu'aux six mois du nourrisson, avant d'intégrer les aliments complémentaires.
« Deux fois par mois, je réunis des femmes qui ont des nourrissons de 0 à 23 mois pour leur donner des conseils sur l’utilisation du bol alimentaire et les encourager à préparer de la bouillie enrichie pour assurer une bonne nutrition à leur enfant », explique l’agent de sante communautaire SANA Cheickna.
Lors des rencontres, les femmes préparent de la bouillie enrichie qu'elles distribuent à leurs enfants, pour prévenir la malnutrition, en assurant un apport nutritionnel suffisant pour leur croissance et leur développement.
« Les animateurs nous ont conseillées de préparer une bouillie plus épaisse, parce qu’elle apporte davantage de nutriments à l'enfant. De plus, j’ai reçu un bol étiqueté avec une liste des nutriments essentiels que doit contenir la bouillie. Le bol me permet de mesurer la quantité précise suivant l'âge de l’enfant », clarifie Ramata.
La stratégie du « bol d’alimentation de complément » et la promotion de la diversification alimentaire consiste à doter les mères d’enfants de 6 à 23 mois de kits composés de bols d’alimentation de complément, d’une cuillère à fente et de cartes conseils. Les mères sont également formées à l’utilisation de ces ustensiles à domicile pour nourrir régulièrement les bébés.
« Nous vérifions la consistance des repas à l'aide de cuillères percées, qui permettent de s'assurer que l'aliment est suffisamment épais et concentré en nutriments, garantissant ainsi une nutrition adéquate pour les enfants de 6 à 23 mois », précise Bertine OUARO, chargée de nutrition à l’UNICEF.
Grâce au financement des Pays-Bas et de la Fondation Bill et Melinda Gates, le ministère de la Santé et de l’Hygiène publique et l’UNICEF travaillent avec l’ONG International Baby Food Action Network (IBFAN) pour mettre en œuvre l’initiative GASPA à Zorgho. Ces interventions de prévention ont un impact considérable sur la survie et le développement de l'enfant.
Ce programme qui a lancé en mai 2024 et qui se poursuit jusqu'en avril 2025 dans les localités de la région du Plateau central profite à quelque 11.360 femmes, y compris des femmes déplacées internes.
Le Burkina Faso compte plus de 34.000 GASPA qui touche près d’un million de femmes « Ma participation au groupe a eu un impact positif sur mes connaissances que je partage avec d’autres femmes qui ont montré un vif intérêt et ont décidé de s'y investir. J’y ai appris la préparation et les bienfaits de la bouillie nutritive », dit Ramata qui remercie les autorités sanitaires, les partenaires et les donateurs pour avoir mis en place cette initiative.