L’UNICEF lance un appel de fonds à finalité humanitaire
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« Je voudrais devenir médecin pour aider les gens à retrouver la santé »

Dans le Centre-ouest du Burkina Faso, des centaines d’enfants défavorisés comme Nadège ont pu être scolarisés en 2023. Les programmes de l’UNICEF, soutenus par la L’Occitane Foundation ont permis la scolarisation d’une cohorte de 550 enfants vulnérables.

Roland Zongo
Kouama Nadège
UNICEF/2023/RolandZongo
19 décembre 2023

Kouama Nadège a 16 ans et est en classe de 5 -ème. Elle est l’ainée d’une famille de quatre enfants. Ses parents résident dans la ville de Sapouy, province de la Sissili, où ils pratiquent l’agriculture. Les faibles revenus tirés de l’activité agricole ne leur permettent pas de pouvoir à la fois payer la scolarité de Nadège et tenir les charges de la maison. C’est alors qu’ils ont entendu parler d’un programme de bourse scolaire dans la région, leur fille Kouama Nadège a été sélectionnée et a pu bénéficier de cette bourse. Elle a été intégrée dans le centre d’hébergement du secteur 5 de Sapouy, où un total de 14 filles y ont aussi été soutenues. Sans cette bourse, Nadège aurait dû interrompre sa scolarité,et aurait été retirée du système scolaire pour aider dans les travaux champêtres.

Nadège et ses parents ont pu bénéficier de la bourse offerte par l’UNICEF, avec le soutien de la L’Occitane Foundation.

Scolarisation des filles
UNICEF/2023 Nadège et ses parents sont contents de pouvoir bénéficier de la bourse offerte par la L’Occitane Foundation et l'UNICEF.

« Le programme a été salutaire. Nous avons été soutenus et nous avons reçu des kits scolaires, après le paiement de nos frais de scolarité. Avant, pour avoir à manger c’était compliqué. Grâce au programme, je suis logée dans un centre, où je peux tout avoir : savon, serviette hygiéniques…J’ai reçu des cahiers, des stylos, un sac. Mes parents disent que le fait d’être parrainée les aides car cela leur donne une charge en moins. Ma matière préférée est l’anglais. Je voudrais devenir médecin pour aider les gens à retrouver la santé. Je travaille dure à l’école afin que le programme continue de me soutenir » explique Nadège.

Kouama Nadège
UNICEF/2023 Nadège a reçu des cahiers, des stylos, un sac...

Grâce à la bourse d’étude offerte par l’UNICEF avec le soutien de la L’Occitane Foundation, Nadège a pu obtenir une moyenne générale de 18,71/20 lors de l’année scolaire 2022-2023 et a ainsi assuré son passage en classe de quatrième.

Encadrante pédagogique
UNICEF/2023/RolandZongo Cécilia Sakama Bonkoungou encadrante pédagogique , donne des conseils à Nadège.

Nadège fait partie des filles qui sont conseillées au quotidien par Cécilia Sakama Bonkoungou, encadrante pédagogique et cheffe de service de l’éducation inclusive, de l’éducation des filles et du genre à la Direction régionale des enseignements post primaires et secondaires. Cécilia Bonkoungou est aussi point focal pour l’éducation des filles au niveau de la province du Boulkiemdé.

« Nous saluons vraiment ce programme financé par l’UNICEF, car il a permis à certains enfants de poursuivre leur scolarité après l’école primaire, et d’autres d’améliorer leurs résultats scolaires. Le point positif est aussi d’avoir ajouté 50 garçons au programme » explique Cécilia Bonkoungou.  

Madame Cécilia Bonkoungou, comme les 3 autres points focaux dans les provinces, se charge de la mise en œuvre du programme dans la province du Boulkiemdé. Elle supervise et s’assure que les enfants bénéficient du paquet d’intrants et des services (scolarité, kits scolaires, frais de cantine, frais de réparation de vélo, cours de soutien, etc.) Elle se rend dans les établissements pour recueillir les difficultés, rencontrer les filles, les sensibiliser et les motiver pour qu’elles réussissent dans leurs études.

Pour la préparation aux examens du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC), Madame Bonkoungou et des collègues à elle, ont organisé des cours d’appui de deux mois, afin d’accompagner les filles titulaires des bourses. Grâce à ces cours, 60% des élèves ont validé le BEPC 2023, contre un taux de succès national de 32% .

Madame Bonkoungou est fortement engagée pour que les jeunes filles se concentrent sur leurs études, afin de leur éviter des abandons qui peuvent engendrer des cas de mariages d’enfants. Cette année, le taux de passage des enfants en classe supérieure était de 90%.

« En tant que mère, le fait de savoir qu’une structure appuie la scolarisation des enfants, nous pousse à faire des sacrifices pour pallier les insuffisances. » a précisé Cecilia Bonkoungou. 

Selon elle, les difficultés rencontrées lors de la mise en œuvre du programme, sont surtout liées au manque d’équipements des directions provinciales.

« Je suis obligée d’effectuer les déplacements professionnels dans les villages avec mon véhicule personnel. Pourtant, souvent, ce n’est pas évident de trouver du carburant. Les crédits téléphoniques ne sont pas non plus prévus alors que nous passons beaucoup de coups de fil dans le cadre des suivis. C’est un sacrifice que nous faisons pour que le programme se déroule correctement. 

Je connais personnellement certaines filles, qui rencontraient des difficultés pour trouver de quoi se nourrir dans leurs familles. Grâce au programme, nous les avons intégrées dans des foyers, où elles sont nourries. Le fait de s’assurer que le repas quotidien, la scolarité et les fournitures sont garantis, les filles sont déjà apaisées. Sans ce programme, plus de la moitié de ces filles et garçons auraient abandonné l’école. Elles se seraient soit mariées, soit seraient devenues des aides ménagères. Les parents sont satisfaits, et sont les plus heureux » a déclaré Madame Bonkoungou.

Félicité Sawadogo, Chargée de programme éducation à l’UNICEF Burkina Faso remet des recompenses aux meilleurs élèves de la cohorte.
UNICEF/2023/RolandZongo Félicité Sawadogo, Chargée de programme éducation à l’UNICEF Burkina Faso remet des récompenses aux meilleurs élèves de la cohorte.

Le programme d’appui à l’éducation des filles dans la région du Centre Ouest couvre 4 provinces: le Boulkiemdé, la Sissili, le Ziro et le Sanguié. Il a débuté en 2017 avec le soutien à 450 jeunes filles, de la sixième à la troisième.

Le parrainage des filles consiste à fournir un paquet d’intrants et de services éducatifs : fournitures scolaires, cantine, vélos, centres d'hébergement pour les filles qui sont éloignées. Au total 4, centres ont été mis en place à Koudougou, Léo, Sapouy, Réo.

« Ce programme répond à un besoin réel. Quand je pense que ce sont des filles qui auraient pu ne pas aller au collège après de belles performances au CEP, et qu’on récupère ainsi, ça me fait plaisir. De nombreuses filles risquaient fort de rester au village avec leur CEP et d'être mariées de manière précoce. Le programme a donc permis de sauver de nombreuses filles de pratiques néfastes » raconte Félicité Sawadogo, chargée de programme éducation à l’UNICEF Burkina Faso.

Les 550 enfants ont été choisis car ils présentaient des critères de vulnérabilité, mais aussi les critères de performances scolaires en collaboration avec les structures régionales en charge de l’éducation dans la région. La sélection a été un processus inclusif avec la participation de la direction régionale de l’enseignement primaire préscolaire et l’éducation non formelle (DRPPENEF), la direction régionale de la promotion des filles, les Associations de parents d’élèves (APE) et l’association des mères éducatrice (AME).

Pour l’année scolaire 2021-2022, une autre cohorte de 550 enfants (dont 500 filles et 50 garçons) qui comprend les filles de la première cohorte ont réussi au BEPC et continuent leurs études au secondaire général ou technique.

L’UNICEF, avec le soutien de la L’Occitane Foundation, finance ce programme sur la période 2021-2025. L’UNICEF a apporté cette année un appui en matériel d’hygiène, et la prise en compte de la cantine scolaire de 450 élèves déplacés internes.