Ecole des maris : Une alliée pour le bien-être des femmes et des enfants
Les hommes s'engagent activement à soutenir leurs épouses lors de la grossesse et pendant la durée de l'allaitement, montrant que ces responsabilités ne sont plus l’apanage des femmes. Les membres de l’école des maris promeuvent la masculinité positive.
Au Burkina Faso, le Ministère de la sante et l’UNICEF ont mis en place « l’école des maris » pour prévenir la malnutrition chronique. Tenue au niveau communautaire, l'initiative rassemble un groupe d’hommes pour les former et les sensibiliser sur les questions de santé maternelle, néonatale et infantile.
Souleymane Sana est animateur à l'école des maris depuis un an et demi dans le village de Ramatoulaye, dans le Plateau Central au Burkina Faso.
« Lors de nos discussions à l'école, nous abordons des sujets tels que la malnutrition, le paludisme, la grossesse et l'allaitement maternel. Nous informons les hommes que l’allaitement maternel exclusif jusqu’à six mois est essentiel pour le développement et la santé du nourrisson », explique-t-il.
Avant, peu de femmes s’intéressaient aux activités des groupe d'apprentissage et de suivi des pratiques d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (GASPA) et la communication était difficile. Mais grâce à « l’école des maris », les femmes sont de plus en plus nombreuses à y prendre part. Ce changement de comportement découle de la participation des hommes à l’école des maris et l’application des conseils de sensibilisation dont ils bénéficient. Ainsi, ils encouragent et mettent en confiance leurs femmes. L’acceptation des maris accroit la participation des femmes.
« Je remercie mon mari qui m’a soutenue depuis ma grossesse jusqu’à maintenant. Il m’a été d’une aide précieuse. Il m'a accompagnée lors des pesées régulières, et était présent à mes côtés quand j’étais malade. Il me gâtait avec de petites attentions tout au long de ma grossesse pour me remonter le moral. Il a été là le jour de l'accouchement », témoigne Safiatou dont le mari est un membre assidu de l’école des maris.
L’école des maris est une composante de l’intervention multisectorielle de prévention de la malnutrition chronique, par la mise en œuvre des activités du paquet intégré des services d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE). Cette approche communautaire vise à renforcer la participation des hommes aux questions d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants.
Le projet, soutenu financièrement par les Pays-Bas et la Fondation Bill et Melinda Gates, est mis en œuvre par l’International Baby Food Action Network (IBFAN) avec l’appui de l’UNICEF et du gouvernement. Les maris et futurs époux sont impliqués dans la sensibilisation d’autres hommes et des leaders communautaires.
Souleymane souligne les bénéfices de ce programme : « Depuis que les hommes ont rejoint l’école des maris, nous constatons de nombreux avantages. Un de mes voisins, qui avait auparavant des habitudes d'hygiène moins rigoureuses, a considérablement amélioré son cadre de vie depuis qu'il nous a rejoints. Aujourd'hui, il aide même ses femmes dans les travaux domestiques. Nous souhaitons que tous les villageois se joignent à nous pour que nos activités continuent à se développer », dit-il.
« Je fais partie de l'école des maris depuis plus d'un an et cela a un impact très positif sur ma famille. Grâce aux enseignements reçus, nos enfants sont moins souvent malades et les femmes enceintes bénéficient de meilleurs soins. Grâce à une meilleure santé de nos enfants, nous pouvons consacrer davantage de ressources à d'autres besoins familiaux. Nous sommes très reconnaissants pour l'opportunité que nous avons de participer à l'école des maris », Nassirou Gnantoré
« Je souhaite que tous les hommes membres du groupement puissent accompagner leur femme pendant leur grossesse, l’accouchement, l’allaitement jusqu’au sevrage. Que les partenaires nous aident davantage à aller de l’avant dans notre travail. Car à la vue des changements positif dans notre communauté, il serait intéressant que d’autres hommes s’y ajoutent », sollicite Souleymane.
Souleymane est responsable d’un groupe de 15 hommes qui se réunissent trois fois par mois. En plus de la sensibilisation, il souhaiterait passer à plus d’action avec ses « élèves » de l’école des maris. « Afin d'améliorer nos conditions d'hygiène, nous sollicitons des dons de matériel, comme des brouettes pour le ramassage des ordures et du matériel pour enlever les mauvaises herbes », dit-t-il.
C'est avec la satisfaction d'un devoir accompli et d'avoir contribué au bien-être de sa communauté que Souleymane dit aurevoir à ses frères de "l'école des maris", espérant que les conseils du jour profiteront aux familles respectives des hommes qui étaient présents.