La vitamine A, un pivot central à une nutrition saine
Une petite dose qui garantit la protection des enfants de moins de 5 ans contre les infections et améliore leur survie et leur développement.
La forte mobilisation et l’implication de divers acteurs lors du deuxième passage des Journées de supplémentation en vitamine A, déparasitage et dépistage de la malnutrition JVA+ dans la région des Hauts Bassins ont été remarquables. Le lancement de la campagne a été fait à Bobo Dioulasso, par le ministre de la Santé, Dr Robert Kargougou dans le CSPS de Sarfalao, district sanitaire de Dafra.
Du 7 au 10 novembre 2025, le ministère de la Santé en collaboration avec l’UNICEF a organisé une campagne de supplémentation en vitamine A, appelée « Journées vitamine A plus » (JVA+) avec l’appui de généreux donateurs comme le gouvernement du Canada, le gouvernement des Pays-Bas et l’Union européenne.
Parents et gardiens d’enfants, agents de santé à base communautaire (ASBC), distributeurs communautaires, agents de santé et chefs coutumiers ont partagé un objectif commun pour faire supplémenter en Vitamine A les enfants de 6 à 59 mois, et de déparasiter les enfants de 12 à 59 mois.
« Je suis très contente que ma fille ait reçu la vitamine A. Je suis convaincue que cela l’aidera à rester en bonne santé et à éviter de nombreuses maladies », affirme la mère de la petite Maichara, âgée de 12 mois.
Pendant ces journées , 4 648 123 enfants de 6 à 59 mois sont ciblés pour la supplémentation en vitamine A ainsi que pour le dépistage de la malnutrition au Burkina Faso. Par ailleurs, la cible pour le déparasitage est de 4 133 555 enfants âgés de 12 à 59 mois. L’objectif principal de ces interventions est d’augmenter les chances de survie des enfants.
Pour la seule région des Hauts Bassins, la cible attendue de la supplémentation en vitamine A est de 566 411 enfants de 6 à 59 mois. Les ASBC sont allés de maison en maison pour demander aux parents de bien accueillir les distributeurs. Grâce à la sensibilisation, le petit Moctar Kaboré âgé de 12 mois, a pu bénéficier de la supplémentation en vitamine A.
« Nous sortons tous les jours de 7h à 14h et nous faisons du porte- à- porte. Par jour, on peut visiter 20 à 25 ménages. C’est à travers les campagnes de sensibilisation que les mamans arrivent à comprendre les bienfaits de la supplémentation en vitamine A », confie Aminata Fofana, volontaire communautaire à Bobo- Dioulasso, dont le rôle est de distribuer les suppléments de Vitamine A et déparasitants dans les ménages.
« Atteindre une large couverture par ces interventions, c’est investir dans la santé et le développement de toute une génération. Grâce à ces campagnes, nous pouvons renforcer le système immunitaire des enfants, les aider à mieux grandir et leur offrir de meilleures chances pour l’avenir », déclare Aissa Soumana, spécialiste en Nutrition à l’UNICEF.
« J’ai été mise au courant de la campagne de la JVA+ à travers les crieurs publics qui sont passés dans notre quartier pour annoncer le passage prochain des distributeurs. Je suis très contente que Moctar ait reçu la vitamine A et l’albendazole. », dit Alimata Zoringré, la mère de Moctar.
« Pour convaincre les parents, nous prenons le temps de bien expliquer les bienfaits de la vitamine A comme entre autres le traitement de la cécité crépusculaire et le renforcement des os. Après ces explications, les parents deviennent très enthousiastes et font sortir les enfants pour qu’on leur administre les médicaments selon leur âge », dit Kone Dembélé Alimata, ASBC depuis plus de 20 ans dans le secteur 6 de Sarfalao, un quartier de Bobo Dioulasso.
Cette campagne nécessite des ressources. Selon Amidou Traoré, major du Centre médical urbain de Sarfalao, la supervision de cette campagne se déroule très bien.
« Les distributeurs communautaires sont convoqués à 6h30. Ensuite, nous faisons l’appel pour vérifier que toutes les équipes sont présentes avant de leur donner les produits à distribuer. Après, chaque équipe part sur son circuit, puis nous sortons pour faire la supervision. Nous revenons vers 14.00. ».
La supplémentation en vitamine A et le déparasitage des enfants de 6 à 59 contribue à réduire la mortalité et la morbidité infantiles. Plus que de simples gestes de santé publique, c’est une façon concrète de protéger les enfants contre la maladie, la malnutrition et l’anémie.