Une rentrée scolaire différente :
Les premiers pas d'Aissetou avec FAABA CASH+CARE
Depuis 2020, Faaba Cash + Care, programme lancé par le ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance, avec l’appui des Pays-Bas et du Canada, soutient les filles du nord du pays.
Le but : alléger la pauvreté des ménages, travailler sur les normes sociales néfastes qui perpétuent le phénomène du mariage des enfants, et œuvrer au maintien des filles à l’école.
Au Bénin, le mariage des enfants entraîne des conséquences négatives profondes, tant sur la santé que sur l'éducation des filles. En plus de contribuer à une forte croissance démographique, il engendre des inégalités économiques et sociales. Les filles mariées jeunes sont confrontées à une faible productivité économique à l'âge adulte, et exposent les enfants nés de tels mariages à une mortalité infantile plus élevée, et à des taux de retard de croissance plus importants. Selon l'enquête MICS 2021-2022, 27,5% des filles au Bénin sont mariées avant leurs 18 ans. Le programme multisectoriel Faaba Cash+Care du Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance, soutenu par l’Unicef et financé notamment par les Pays-Bas et le Canada, a été conçu pour lutter contre le mariage des enfants en s'attaquant à ses trois causes principales : les normes socio-culturelles, la pauvreté et l’environnement scolaire. Il est composé de deux volets.
Le premier volet de transfert monétaire soutient les familles pour favoriser l’inscription et le maintien des filles à l’école. À ce jour, plus de 160000 filles ont bénéficié de ce programme.
N'Dali est une commune située dans le nord-est du Bénin, dans le département de Borgou, et bénéficie du programme FAABA CASH + CARE.
Angèle, une mère de 28 ans, témoigne de la lutte qu'elle a menée pour sa fille.
« Quand ma fille Aissetou n'avait pas l'âge requis, je voyais ses camarades bénéficier du programme et j'espérais qu'elle en profiterait bientôt. Dès qu'elle a eu 9 ans, j'ai insisté auprès du directeur de l'Ecole Primaire Publique Sirarou pour qu'elle soit prise en compte. Il m'a dirigé vers la facilitatrice du programme, qui m'a aidée à rassembler les documents nécessaires. Depuis cette rentrée scolaire, ma fille bénéficie des transferts FAABA CASH+ CARE. J’en suis très heureuse care j’ai pu lui acheter ses fournitures et j’arrive à lui donner l’argent petit-déjeuner chaque matin pour son petit-déjeuner. », raconte-t-elle.
En offrant un soutien financier direct aux familles, les transferts monétaires FAABA CASH+CARE allègent la charge des ménages et permettent de maintenir les filles à l'école. Destiné aux filles âgées de 9 à 15 ans, le volet transfert monétaire (“cash”) s'adresse à celles qui sont inscrites à l'école primaire ou secondaire, sans autres conditions à part l'âge et la scolarisation. Tous les quatre mois, les familles reçoivent 16 350 FCFA par fille bénéficiaire, à raison de 4 000 FCFA par mois, directement sur le numéro de téléphone de la mère, pour garantir que l’argent parvienne bien à la famille et non à un intermédiaire. Dans cette école, le taux de réussite au CEPE est monté à 100%.
C’est un facteur de motivation, qui encourage beaucoup de parents en envoyer leurs filles à l’école. On constate une baisse du nombre d’abandons et d’absentéisme.
Le volet Care (Appui) du programme Faaba Cash+Care couvre les zones d'intervention dans les quatre départements du nord du Bénin. Il met l'accent sur plusieurs domaines clés, tels que la protection des filles, en identifiant et dénonçant toute action qui pourrait affecter leur intégrité physique et émotionnelle. En matière d'éducation, il veille à fournir le matériel didactique nécessaire pour les filles. Dans le secteur du WASH, il promeut la gestion de l'hygiène menstruelle en installant des infrastructures sanitaires dans les écoles et en sensibilisant les enfants à l'importance de l'hygiène pour garantir la scolarisation des filles. Le programme favorise également un changement comportemental et social, en accompagnant les apprenants pour qu'ils comprennent l'importance de l'éducation des filles et en encourageant les garçons à adopter des comportements de masculinité positive.
Des comités de suivi des transferts monétaires sont mis en place au sein de l'école et de la communauté, composés d'enseignants, d'autorités locales et de parents, dont la taille varie de 3 à 5 membres selon la taille de l'école. Leur rôle est d'assister le facilitateur dans la collecte des données des bénéficiaires, de vérifier la fréquentation des filles à l'école et de valider les listes des bénéficiaires. Par ailleurs, le comité de gestion des plaintes, également tripartite mais composé de membres différents, est chargé de recevoir et d'enregistrer les plaintes de la communauté, de vérifier les listes de paiement en cas de non-réception des fonds, et de référer les plaintes qu'il ne peut résoudre. Les types de plaintes incluent la non-réception des fonds, l'omission d'une fille sur la liste (souvent en raison de son âge ou d'informations manquantes), et la mauvaise utilisation des fonds. Les plaintes liées aux violences basées sur le genre (VBG) sont directement référées aux Guichets Uniques de Protection Sociale (GUPS, ex-CPS), seuls habilités à les traiter.
La mise en œuvre de FAABA Cash+Care au niveau des communautés est placée sous le leadership des GUPS, et les départements de l’éducation, avec des partenaires de mise en œuvre de l’UNICEF tels qu’EDUCO, GBEWA, DEDRAS, Sia N’son, PIED, Potal Men, Havre de Paix, ainsi que l’ONG CARE Bénin.
A ce jour, dans les départements du Borgou et de l’Alibori, plus de 75 000 filles ont bénéficié des transferts monétaires.