Bénin : Journée mondiale de l’Enfance
Une exposition photo révèle les droits, la résilience et le courage des filles
La Place de l’Amazone s’est parée de bleu, couleur de l’espoir et des rêves d’enfants, à l’occasion de la célébration de la Journée mondiale de l’Enfance au Bénin. Organisée par l’UNICEF Bénin, la cérémonie a été marquée par le vernissage de l’exposition photographique intitulée « Droits. Filles. Résiliences », qui rend hommage à la force et au courage des filles face aux multiples défis auxquels elles sont confrontées.
Dans son allocution, Mme Véronique Tognifodé, ministre des Affaires sociales et de la Microfinance a salué l’initiative de l’UNICEF et rendu hommage à son accompagnement constant auprès du Gouvernement du Bénin pour la promotion et la protection des droits des enfants
Elle a rappelé les actions concrètes mises en œuvre par le gouvernement, parmi lesquelles : la gratuité de la scolarisation et le maintien des filles à l’école ; la lutte contre le mariage des enfants ; l’adoption de programmes structurants, dont le Programme National d’Alimentation Scolaire Intégré ; la réforme des Guichets Uniques de Promotion Sociale et récemment, l’adoption par le Conseil des Ministres de la nouvelle Politique Nationale de Protection de l’Enfant 2026–2035.
Selon Mme la Ministre, ces efforts permettent d’identifier, d’accompagner et de protéger des milliers d’enfants vulnérables, leur offrant de nouvelles perspectives. Elle a salué la qualité des photographies et le courage des enfants qui y figurent, symboles de résilience et d’espérance, et a invité tous les acteurs de la chaîne de protection de l’enfance à redoubler d’efforts pour que chaque enfant soit protégé.
Le Représentant de l’UNICEF au Bénin, Ousmane Niang, a quant à lui rappelé la portée de cette journée, célébrée cette année sous le thème « Ma journée, mes droits ». « Au-delà de la fête, la réalité quotidienne de nombreux enfants demeure marquée par des défis majeurs, notamment l’accès à l’éducation, à l’eau potable et à un environnement protecteur », a-t-il souligné, appelant à une mobilisation immédiate et collective en faveur des droits de l’enfant.
Prenant la parole au nom des enfants, la jeune Cidys Agoï a insisté sur l’urgence de lutter contre le mariage précoce, le travail des enfants et l’insécurité qui prive encore trop de jeunes de leur droit fondamental au jeu et à l’apprentissage. Elle a salué les efforts du Gouvernement béninois et de ses partenaires, notamment à travers des initiatives telles que : « Tous les enfants à l’école », les cantines scolaires, la gratuité de la scolarisation des filles et la budgétisation sensible aux droits de l’enfant.
La Coordonnatrice résidente du Système des Nations Unies au Bénin, Aminatou Sar, a mis en lumière la portée de l’exposition « Droits. Filles. Résiliences », qualifiée d’« hommage vibrant aux filles du Bénin issues des zones les plus vulnérables, dont les parcours témoignent d’une résilience remarquable ». Elle a appelé à un engagement renforcé des décideurs, des partenaires et des communautés pour briser les cycles de violence, d’exclusion et de pauvreté : “L’aide au développement s’enracine dans un modèle de partenariat stratégique : un partenariat qui valorise les leaderships locaux, amplifie les solutions nationales et investit dans la résilience du pays tout entier. Elle permet de mutualiser les savoirs, d’accélérer les innovations sociales et d’assurer qu’aucune fille ne soit laissée pour compte.”
Au cœur de cette exposition, trois regards d’autrices posés sur les filles du Bénin se répondent et se complètent. La photographe et réalisatrice Tanya Bindra explore, dans une approche participative et co‑créée, “la manière dont les filles se réapproprient leurs propres récits de changement, interrogeant ce que peut être un journalisme de compassion, responsable et profondément humain”. L’artiste visuelle Sophie Négrier cherche quant à elle à “révéler l’énergie intérieure et la dignité des jeunes filles en situation de vulnérabilité, en s’attachant moins à documenter leurs épreuves qu’à faire émerger leur résilience et leur poésie”. La photographe néerlandaise Ilvy Njiokiktjien, enfin, s’intéresse à la “tension entre statistiques et histoires singulières” : à travers chaque portrait, elle refuse la réduction à des chiffres pour donner à voir “des trajectoires à la fois fortes et fragiles, et inviter à un regard plus empathique sur ces adolescentes qui façonnent activement leur avenir”.
Cette exposition témoigne également de l'engagement de partenaires de long terme : le Canada, les Pays-Bas, la Suisse, le Luxembourg et le Japon, qui partagent avec l'UNICEF et le Gouvernement béninois la conviction que chaque enfant mérite de grandir en sécurité et d'exercer pleinement ses droits. À travers leur engagement dans la protection, l’éducation et la formation professionnelle notamment, ces partenaires investissent non seulement des ressources financières, mais aussi un engagement politique réel envers la résilience et l'égalité des genres au Bénin.
La cérémonie s’est achevée dans une atmosphère à la fois festive et engagée, avec un concert de l’Ambassadrice de bonne volonté de l’UNICEF, Zeynab Abib, qui a célébré à travers ses chants le courage et les rêves des enfants du Bénin et d’Afrique.
Au lendemain de la célébration, l’UNICEF Bénin a invité des élèves du Collège d’enseignement général Océan de Cotonou à visiter l’exposition sur la Place de l’Amazone, afin de sensibiliser les jeunes aux réalités vécues par d’autres enfants à travers le monde, tout en mettant en avant les capacités de résilience développées face à l’adversité.
À travers cette célébration, l’UNICEF et ses partenaires réaffirment leur engagement aux côtés du Gouvernement béninois pour faire de chaque jour une journée dédiée aux droits de l’enfant, et bâtir un Bénin où chaque fille et chaque garçon peut grandir, apprendre et rêver en toute sécurité.