Engagement des jeunes pour le climat : l’expérience inspirante de trois jeunes Tunisiens à la COP29
Farah, Tarek et Ahmed ont fait entendre la voix des enfants et des jeunes Tunisiens et ont prouvé que l’engagement des jeunes est une force incontournable pour un avenir durable.
La COP29, tenue à Baku en Azerbaïdjan du 11 au 22 novembre 2024, a été un moment clé pour l’action climatique mondiale. Parmi les participants, trois jeunes Tunisiens, Farah Ellefi, Tarek Ezzine et Ahmed Elhadj Taieb, ont eu l’expérience unique, grâce au soutien de l’UNICEF Tunisie, d’y participer avec la délégation nationale et faire entendre la voix des jeunes dans des décisions mondiales cruciales.
À travers le monde, l’UNICEF promeut la participation significative des enfants, adolescents et jeunes dans la discussion des sujets qui les concernent – et le changement climatique est souvent parmi leurs premières préoccupations. La Tunisie est un champion international de l’engagement des jeunes dans l’action climatique et a impliqué ces jeunes activistes dans la COP pour porter le double message qu’il faut protéger les enfants du changement climatique et en faire des partenaires dans la réponse. Basé sur leurs parcours d’activisme, Farah, Tarek et Ahmed ont contribué à un plaidoyer fort pour la lutte contre le changement climatique, partagé leurs idées, et appris des autres des approches qu’ils réinjectent depuis dans leurs réseaux de plaidoyer et action environnementale.
Farah Ellefi : Une première expérience transformatrice
À seulement 21 ans, Farah Ellefi, activiste environnementale et jeune chercheuse dans le projet PAR (Recherche Action Participative) sur l’environnement et le changements climatique, soutenu par l’UNICEF, a participé à sa première COP. Pour elle, cette expérience a été une révélation, une véritable chance de représenter les jeunes tunisien.ne.s et de contribuer à des discussions cruciales pour un meilleur avenir.
« La COP29 a été un moment déterminant dans mon parcours. J’ai pu assister à des négociations de haut niveau sur de différents sujets comme le financement climatique et j’ai échangé avec des leaders et des experts internationaux lors des événements parallèles. Ces discussions ont permis de faire entendre nos voix et de porter les défis locaux de notre pays à l’échelle mondiale », raconte Farah.
Ce qui l’a plus inspirée, c’est la détermination des jeunes activistes et négociateurs. « Leur engagement pour des solutions durables et inclusives m’a confirmé que le changement doit être conduit par nous, pour nous et pour les générations futures », souligne-t-elle.
Farah a également eu l’opportunité de participer à un événement parallèle sur l’engagement des jeunes dans l’action climatique avec les représentants des ministères de la Tunisie. Elle a plaidé pour l’intégration de l’environnement et du changement climatique dans les programmes officiels de l’éducation pour donner naissance à une nouvelle génération dotée des compétences et des connaissances requises pour protéger l’environnement. Elle a plaidé également pour le renforcement des capacités des enfants et des jeunes en tant qu’acteurs de changement et influenceurs de décisions afin de contribuer de manière durable à la résilience de la Tunisie face aux changements climatiques.
« L’engagement des jeunes n’est plus un choix, c’est une nécessité. Nous devons former les leaders de demain pour qu’ils agissent à tous les niveaux », affirme-t-elle.
Tarek Ezzine : Une immersion intense dans les négociations
Tarek Ezzine, jeune négociateur dans la délégation nationale officielle de la Tunisie, responsable du suivi du dossier de l’Atténuation et du Bilan Mondial, décrit sa participation à la COP29 comme une expérience intense et enrichissante.
« La semaine est passée aussi vite qu’une journée, mais une journée très intense et instructive », confie Tarek. Il a pleinement participé aux négociations, réunions et événements parallèles, y compris un panel sur le rôle des jeunes dans les négociations climatiques, organisé par la Mauritanie.
Tarek a été particulièrement impressionné par l’intégration des jeunes dans tous les aspects de la conférence. « J’étais inspiré par la participation des jeunes, qui étaient impliqués dans les processus de négociation, de décision et dans l’organisation même de l’événement de la COP29 », dit-il.
Une rencontre mémorable avec M. David Nunes Nabarro, ancien conseiller spécial des Nations Unies sur le développement durable et le changement climatique, a marqué son expérience. « J’avais déjà eu la chance d’interviewer M. Nabarro dans un webinaire lorsqu’il était l’Envoyé Spécial pour la réponse à la crise du Covid-19. Le retrouver à la COP29 était un moment fort. Nous avons pris une photo ensemble pour immortaliser cette rencontre. Cela m’a confirmé à quel point il est essentiel de construire des ponts entre les générations et les différentes disciplines », raconte Tarek.
Pour lui, cette expérience a renforcé sa compréhension des enjeux climatiques, des défis de la coopération internationale et des opportunités liées à l’innovation et l’inclusion des jeunes.
« En tant que jeune leader, je suis maintenant mieux équipé pour contribuer à la justice climatique et à l’inclusion des jeunes dans les processus de prise de décisions qui les concernent»
Ahmed Elhadj Taieb : Un plaidoyer pour l’adaptation et l’inclusion des jeunes
Ahmed Elhadj est un jeune activiste climatique titulaire d’une Licence en sciences de l'environnement et d’un Master en gestion durable de l'eau. Il a participé à la COP29 en tant que coordinateur de l’Adaptation pour le Groupe des Jeunes Négociateurs Tunisiens et membre de la délégation officielle de la Tunisie. Avec un parcours impressionnant dans l’activisme climatique, Ahmed a porté la voix des jeunes de son pays en prenant part dans des négociations de haut niveau. Il a assuré un plaidoyer en faveur de mesures d’adaptation et de l’inclusion des jeunes dans le processus de prise de décision.
« J’ai assuré sept interventions au nom de la Tunisie, visant à soutenir les priorités des groupes africain et arabe. Nous avons plaidé pour un financement climatique accru pour soutenir les mesures d’adaptation, l’intégration des jeunes dans la gouvernance climatique et la sécurité hydrique », explique Ahmed.
Son travail a influencé les textes de négociation pour refléter les besoins urgents des pays en développement. « Notre groupe de jeunes négociateurs a inspiré d’autres délégations régionales à créer leurs propres groupes de jeunes. C’est une avancée pour l’inclusion des jeunes dans les processus décisionnels », se réjouit-il.
Ahmed souligne également le rôle crucial de l’UNICEF dans sa participation. « L‘appui de l’UNICEF a permis de garantir la considération des perspectives des jeunes dans les politiques climatiques. Cela confirme que notre engagement est essentiel pour des solutions équitables et inclusives », affirme-t-il.
Un Engagement Renforcé
De retour en Tunisie, Farah, Tarek et Ahmed sont plus déterminés à poursuivre leur engagement pour le climat. Ils ont déjà commencé à partager leur expérience avec leur communauté et à travailler sur de nouveaux projets.
« La COP29 m’a confirmé l’importance de la participation des jeunes pour garantir un avenir durable et inclusif. C’est un chemin que je poursuivrai avec fierté, animée par la conviction que nos efforts collectifs peuvent conduire à un changement significatif », conclut Farah.
Tarek ajoute : « Cette expérience m’a confirmé que les jeunes doivent être parties prenantes du process de prise de décisions qui façonnent notre monde. Nous représentons une majorité démographique, et notre voix compte. »
Ahmed, quant à lui, insiste sur la nécessité de continuer à investir dans l’engagement des jeunes dans l’action climatique. « Les décisions prises aujourd’hui auront un impact sur les générations futures. Nous devons nous assurer que ces décisions sont durables, équitables et inclusives. »
Grâce à leur passion et leur détermination, Farah, Tarek et Ahmed incarnent l’espoir d’un avenir plus durable. Leur voix, encouragée par l’UNICEF, résonne bien au-delà de la COP29, inspirant d’autres jeunes à agir pour la planète.