Un apprentissage centré sur l’enfant, nourri par l’expérimentation
La pédagogie active au service de la réussite scolaire des enfants au Togo
Ces dernières années, le taux d’enfants inscrits à l’école primaire au Togo a augmenté de façon significative, mais encore 1 élève sur 5 ne termine pas sa scolarité primaire. Les principaux facteurs de l’abandon scolaire sont souvent des taux élevés de redoublement, la violence en milieu scolaire et la participation aux activités économiques au lieu d’aller à l’école. Environ 60% des enfants de l’école primaire ont échoué en maths et en français en 2015, ce qui signifiait que le Togo était l’un des pays les moins performants en éducation dans le monde francophone. De même, une étude menée en 2015 a révélé que plus de 25% des enseignants des écoles primaires n’étaient pas officiellement qualifiés.
Pour appuyer le pays à assurer que tous les enfants togolais aient accès à un enseignement de qualité et dans un environnement sûr, l’UNICEF a parrainé plusieurs programmes de formation d’enseignant qui mettent l’accent sur la pédagogie active. La pédagogie active est une méthode d’enseignement qui vise à réduire le nombre d’enfants qui redoublent ou qui abandonnent complètement l’école en encourageant les enfants à devenir les acteurs de leur propre apprentissage.
L’UNICEF collabore avec le Centre International de la Pédagogie Active (CIPAC) et l’Agence Française de Développement (ADF) pour mettre en œuvre des enseignements de pédagogie active à travers le pays. Dans Doufelgou, une région de Kara, 42 écoles ont été choisies pour accueillir des enseignants formés à des programmes de pédagogie active par le biais de l’initiative togolaise de CIPAC. Pour faciliter la transition d’un ‘style traditionnel’ d’enseignement au nouveau système, l’UNICEF a fourni du matériel pédagogique pour les écoles et contribué ainsi à faire de l’initiative une expérience d’apprentissage réussie. L’UNICEF a également formé 147 enseignants principaux pour superviser l’application de la pédagogie active dans les écoles et de suivre sa progression.
“Au début, ce n’était pas facile car c’était un nouveau système pour les enseignants, mais ils ont apprécié que ces techniques soient conçues dans le but final d’améliorer l’apprentissage”, Céline Meba Hezouwe, institutrice d’école
Malgré l’hésitation des débuts, l’UNICEF mais aussi le corps enseignant et les parents d’élèves se réjouissent des formidables résultats notés grâce au nouveau style d’enseignement, après avoir remarqué comment il a été bien reçu parmi leurs élèves. Le personnel recherche activement des moyens de généraliser ce mode d’enseignement.
"Nous nous retrouvons pour partager des idées entre enseignants et il y a même un groupe Whatsapp pour que les gens se connectent et partagent des bonnes pratiques"dit Céline
Céline renchérit : « Un de mes collègues me disait l’autre jour qu’il ne pouvait pas remercier suffisamment le ministère de l’Éducation pour la mise en œuvre de cette initiative, car cela lui a apporté une satisfaction personnelle. “Je suis beaucoup plus motivé” ! m’a-t-il dit. « Et même si “les conditions de travail ne sont pas toujours idéales”, il sait que ses élèves partiront avec “des connaissances qui les aideront à réussir leurs études”.
Les enseignants ne sont pas les seuls à bénéficier de la pédagogie active. Céline note qu’il y a eu un « grand changement dans l’école car « maintenant la motivation est plus élevée, les élèves timides le sont moins et tout le monde est encouragé à participer et à poser des questions. »
Les élèves et les enseignants s’accordent à dire que le nouveau système est la voie à suivre dans les salles de classe togolaises, car non seulement la pédagogie active aide à développer la créativité et la capacité de réflexion des enfants, mais les élèves se sentent comme les membres d’une équipe dans laquelle chacun est également respecté. Le CIPAC a aussi signalé de grands progrès scolaires dans les écoles où le nouveau système a été introduit. Dans ces écoles, « les enfants sont plus épanouis », « l’absentéisme et les situations d’indiscipline ou de violence tendent à disparaitre », et «les capacités d’expression des enfants (orale, écrite, artistique, corporelle), telles que l’expérimentation scientifique sont très développées. »
L’UNICEF, le Ministère des Enseignements primaire et secondaire et le CIPAC continuent de travailler ensemble pour assurer que l’éducation soit aussi inclusive que possible pour tous les enfants et exempt de violence. Un module de formation a été ainsi créé pour lutter spécifiquement contre la violence sexiste dans les écoles, à laquelle tous les partenaires de formation ont accès, ce qui permettra à un plus grand nombre de jeunes filles d’achever leur éducation primaire. Le programme encourage également la mobilisation d’un plus grand nombre d’enseignantes, car la recherche montre que la présence de personnel féminin dans les écoles crée une atmosphère plus conviviale et limite la violence. De même, des progrès sont réalisés dans l’intégration des enfants handicapés dans le système scolaire, de sorte qu’ils peuvent aussi recevoir une éducation suffisante comme tous les autres enfants.
Grâce au soutien de l’UNICEF, la pédagogie active devient progressivement un mouvement national. Au cours des deux dernières années, l’UNICEF a construit 33 écoles maternelles et 480 écoles adaptées aux besoins et à la sécurité des filles et des enfants handicapés. Cela a bénéficié plus de 12 000 enfants qui sont sous la surveillance d’environ 1 000 facilitateurs nouvellement formés et de 720 enseignants.
La vision du Ministère en charge et de l’UNICEF est que la pédagogie active soit intégrée dans toutes les écoles primaires, permettant à tous les enfants d’avoir un accès égal à un enseignement de qualité dans un environnement sûr, respectueux des spécificités de genre et inclusif.