SIDA : le combat continue

Des progrès significatifs grâce à la prévention et aux technologies de dépistage

UNICEF Togo
Natacha, une future maman (anonyme) venue en consultation pré-natale
UNICEF/Togo/IMAGEO
31 janvier 2023

Les pays du monde ont subi de pleins fouets, les conséquences de la Covid-19 sur leur politique de riposte contre le VIH Sida. Pendant ce temps, les communautés qui étaient déjà plus exposées au VIH sont devenues encore plus vulnérables. Les dernières données de l’ONUSIDA montrent qu’en 2021 les nouvelles infections au VIH ont diminué de 3,6 % par rapport à 2020, la plus faible réduction annuelle depuis 2016. Au Togo, le Gouvernement poursuit ses efforts avec ses partenaires tels que l’ONUSIDA et l’UNICEF, à travers le Programme National de Lutte contre Sida (PNLS-IST) pour réduire les nouvelles infections.

Les efforts consentis depuis de nombreuses années, tant en termes de prévention que de traitement portent aujourd’hui leurs fruits. Selon les résultats de la troisième Enquête Démographique et de Santé au Togo (EDST III), en 2014, la prévalence moyenne au Togo était de 2,50% dans la tranche d’âge de 15 à 49 ans. En 2022, cette prévalence, dans la même tranche d’âge, a chuté à 1,70 % en 2022 selon les estimations du Spectre et du logiciel d’estimation et de projection (EPP Spectrum). Si la prédominance féminine était de 2,40%, elle était par contre de 1,10% chez les hommes.

Pour continuer dans la même dynamique, le Gouvernement togolais, le PNLS et l’UNICEF ont opté pour la Prévention de la transmission mère-enfant (PTME) et le GeneXpert. Le GeneXpert est un système breveté qui permet d’optimiser les résultats des tests de dépistage en quelques heures, ce qui réduit le temps d’attente des patientes anxieuses et permet une prise en charge rapide.

 

Ce dépistage précoce, gratuit, est désormais systématique lors de la première consultation prénatale

Bonfo KOUSSOUA, responsable de la Consultation Pré-Natale (CPN) au Centre hospitalier régional de Da
Bonfo KOUSSOUA (à droite), responsable de la Consultation Pré-Natale au CHR de Dapaong
UNICEF/Togo/IMAGEO Bonfo KOUSSOUA (à droite), responsable de la Consultation Pré-Natale (CPN) au CHR de Dapaong
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A la maternité du Centre Hospitalier Régional de Dapaong, le chef-lieu de la région des Savanes au Nord du Togo (35 km de la frontière du Burkina Faso), l’accent est de plus en plus mis sur la prévention de la transmission du VIH Sida de la mère à l’enfant.

Bonfo KOUSSOUA, responsable de la Consultation Pré-Natale (CPN) au Centre hospitalier régional de Dapaong explique que si la contamination peut se faire par l’échange de liquides corporels tels que le sang, le sperme ou les sécrétions vaginales d’une part, elle peut aussi se faire de la mère à l’enfant pendant la grossesse, lors de l’accouchement et durant l’allaitement d’autre part.

C’est dans cette perspective que le protocole Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) est mis en place lorsqu’une future maman est dépistée séropositive.

Ce dépistage précoce, gratuit, est désormais systématique lors de la première consultation prénatale. Quand une femme enceinte est dépistée séropositive, on met en place le programme PTME. On ouvre un carnet de suivi de la femme, on inscrit les rendez-vous et on la met le jour-même sous anti rétroviraux (ARV).

Bonfo KOUSSOUA, responsable de la consultation prénatale au CHR de Dapaong

Pour le Docteur Paul SIMPKA, Chef de service gynécologie-obstétrique au CHR de Dapaong, « la différence c’est que quand une femme est atteinte du VIH, il y aussi la vie de l’enfant qui est en jeu. Donc on essaie de protéger les deux vies et, avec le suivi et la prise en charge, on peut éviter la contamination ».

En cas de transmission du virus de la mère à l’enfant, le bébé est aussitôt placé sous traitement d’antirétroviraux.

Dans cette maternité, comme ailleurs au Togo, le protocole Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) est mis en place également lorsqu’une future maman est dépistée séropositive. Ce dépistage précoce, gratuit, est désormais systématique lors de la première consultation pré-natale : « Quand une femme enceinte est dépistée séropositive, on ouvre un carnet de suivi de la femme, on inscrit les rendez-vous et on la met le jour-même sous anti rétro-viraux (ARV) » nous confie Bonfo KOUSSOUA, responsable de la Consultation Pré-Natale (CPN) au CHR de Dapaong.

Durant les consultations pré-natales, les femmes sont systématiquement testées au VIH. Le dépistage précoce permettra une prise en charge rapide qui diminuera les chances de transmission mère-enfant.
UNICEF/Togo/IMAGEO Durant les consultations pré-natales, les femmes sont systématiquement testées au VIH. Le dépistage précoce permettra une prise en charge rapide qui diminuera les chances de transmission mère-enfant.

Les traitements ARV réduisent drastiquement la transmission mère-enfant du virus à condition que le traitement soit respecté par la future maman. Si elle suit les conseils des médecins et poursuit le traitement de l’enfant chez elle, la charge virale est drastiquement réduite. C’est le cas de Natacha Adzo M. (nom d’emprunt) qui, alors qu’elle était enceinte de quelques semaines, a découvert, lors de la consultation prénatale sa séropositivité. « La sage-femme ne m’a pas laissée seule. Elle m’a donné des conseils et m’a surtout rassurée que je pourrai vivre aussi longtemps si je poursuis mon traitement de même que celui de mon enfant à naître », confie-t-elle.

Durant toute sa grossesse, Natacha sera suivie régulièrement, comme le promet Bonfo KOUSSOUA : « Après 32 semaines, nous allons mesurer la charge virale. L’objectif est de quantifier le taux de virus pour savoir si la maman a pu les éliminer. Si le virus est encore présent, nous allons poursuivre le traitement et éviterons un accouchement par voie basse. Enfin le nourrisson sera testé après six semaines ».

Depuis que le CHR dispose du GeneXpert, nous arrivons à avoir des résultats presque en temps réel et adapter le traitement pour une meilleure prise de décision et sauver la vie de l’enfant.

Eugène KOMBATE, technicien biologiste au CHR de Dapaong.

En général, plus tôt la maladie est détectée plus les chances de transmission se réduisent. Mais pour que cette affirmation soit réelle, elle doit s’accompagner d’actions concrètes. Le grand avantage aujourd’hui est la disponibilité des traitements, la compétence du personnel médical et de meilleurs équipements, comme le GeneXpert par exemple.

Dr Paul SIMPKA, Chef de service gynécologie-obstétrique au CHR de Dapaong,
Docteur Paul SIMPKA, Chef de service gynécologie-obstétrique au CHR de Dapaong
UNICEF/Togo/IMAGEO Docteur Paul SIMPKA, Chef de service gynécologie-obstétrique au CHR de Dapaong

L’acquisition de cet équipement par les laboratoires des hôpitaux togolais améliore encore le diagnostic de la charge virale chez les patients. Désormais, les résultats peuvent être connus en à peine quatre heures alors qu’avant les échantillons devraient être envoyés à Lomé, la capitale du pays, à 620 km.

« Depuis que le CHR dispose du GeneXpert, nous arrivons à avoir des résultats presque en temps réel et adapter le traitement pour une meilleure prise de décision et sauver la vie de l’enfant », confie Eugène KOMBATE, technicien biologiste au CHR de Dapaong.

En 2022, 52 laboratoires utilisaient le GeneXpert. Cela a permis à ces laboratoires, dans la même année, de réaliser 26.070 comptages des LTCD4+ qui permettent de jauger l’immunité des personnes vivant avec le virus.

Le GeneXpert est donc une pierre angulaire dans le cadre du Programme National de Lutte contre le SIDA et c’est pourquoi le Gouvernement du Togo, appuyé par l’UNICEF a mis sur pied des formations afin que les techniciens de laboratoires puissent utiliser cet équipement de façon optimale. « Cette formation me donne le sentiment d’être plus utile parce que mon travail permet de prendre des décisions et d’intervenir rapidement dans la prise en charge des femmes enceintes et des nouveau-nés. Je me sens désormais beaucoup plus utile dans cette démarche là », a ajouté Eugène KOMBATE.

Les données du Programme national de lutte contre le Sida, montrent qu’en 2022, 65.172 mesures de la charge virale ont été réalisées chez les personnes vivant avec le VIH sous ARV éligibles sur les 10 plateformes conventionnelles et les 52 laboratoires utilisant le GeneXpert.

Aussi, 2956 dépistages précoces du VIH ont pu être réalisés chez les enfants exposés sur l’ensemble desdits sites.

Je tiens à remercier le Gouvernement du Togo, le Programme national de lutte contre le Sida (PNLS) et l’UNICEF qui ne ménagent aucun effort dans cette lutte continuelle contre le VIH SIDA.

Eugène KOMBATE, technicien biologiste au CHR de Dapaong.

Par son action, le Gouvernement du Togo permet à ses citoyens de croire à nouveau à un avenir radieux pour eux et leurs enfants. Ce sentiment d’espoir est partagé par Natacha. 

 Je peux vraiment dire merci à tout le personnel de l’hôpital car je suis sûre désormais que mon enfant n’a pas cette maladie et qu’il naîtra sain et sauf. Mon bébé deviendra une grande personne, je l’espère, une sage-femme pour prendre soin des autres, des malades, des bébés et des femmes enceintes. 

Natacha, nom d'emprunt
Les résultats sont confidentiels et apparaissent sur l’ordinateur après deux heures d’analyse en moyenne par échantillon.
UNICEF/Togo/IMAGEO Les résultats sont confidentiels et apparaissent sur l’ordinateur après deux heures d’analyse en moyenne par échantillon.