Le Togo face au COVID-19
Pour chaque enfant, la santé
Les années 2020, 2021 et 2022 resteront à jamais marquées par la pandémie de COVID-19 qui a frappé le monde. Le 6 mars 2020, le virus a touché le Togo. Ce pays africain de 8,5 millions d’habitants entouré par le Burkina Faso, le Bénin et le Ghana a pris des mesures inédites et de qualité pour endiguer la propagation de la maladie. D’après le Lowy Institute, un think tank australien, le Togo est 2ème meilleur pays africain, après le Rwanda et 15ème au niveau mondial qui se soit particulièrement distingué depuis le début de la pandémie.
Une des priorités du Gouvernement togolais a été de focaliser son action sur le renforcement des mesures d’hygiène au sein des centres de santé communautaire. Grâce à la contribution du Gouvernement du Japon à travers l’UNICEF d’un montant de plus d’un million six cent mille dollars US (1,622,673$), dans le cadre du projet intitulé « Aide d’Urgence en faveur de la Promotion de la Vaccination contre la COVID-19 en Amérique Latine, Caraïbes et Afrique », plusieurs infrastructures ont pu être construites et du matériel de prévention et de contrôle de l’infection, distribué.
Dans le village de Tchatchaminade situé dans la région de Kara au Nord du pays (environ 400 km de Lomé), seulement deux cas de COVID-19 ont été détectés au sein de l’Unité de soins périphérique, le centre de santé local. Pour Mawuli Amefiawole ANKOU, infirmier à l’époque des faits « la crise sanitaire a été bien contrôlée car les messages de prévention ont été bien véhiculés mais aussi parce que nous avons été dotés de gels hydroalcooliques, d’un thermomètre électronique, d’un pulvérisateur pour la désinfection et surtout de dispositifs sanitaires » notamment les lave-mains, un « joyau » pour le jeune infirmier de 36 ans.
La communauté de Tchatchaminade a vu également des ouvrages sanitaires sortir de terre, de façon pérenne. Il s’agit de trois blocs de latrines (toilettes), hommes et femmes, de trois douches et de quatre postes de lavage de main dont un mobile.
« Les lave-mains ont été construits rapidement, en un mois. Cela a tout changé, les contaminations ont baissé. Cela m’a encouragé et m’a permis de poursuivre le travail. »
Communiquer à l’ensemble de la population le bon comportement à adopter a constitué une autre des priorités du Gouvernement togolais. Si la radio, la télévision et les réseaux sociaux sont de puissants canaux d’information, les autorités se sont appuyées aussi, dans les zones rurales, sur les agents de santé communautaire (ASC) qui, grâce à leur proximité avec leur communauté, ont su expliquer, étoffer et véhiculer le message.
A Tchatchaminade, c’est l’agent de santé communautaire Our Osama MOUKAILA, 62 ans, qui a eu la charge de diffuser les consignes aux 1500 habitants de la zone : « Pendant la COVID-19, mon rôle était de sensibiliser les gens pour qu’ils adoptent les gestes barrières, portent des masques, ne se serrent plus les mains et respectent la distanciation sociale ».
« Ce fut une période difficile car le lien social était brisé .»
Issu de la communauté et choisi par elle, l’ASC a la confiance de ses pairs. Il est écouté et son travail, intensifié par ces circonstances extraordinaires, a encouragé la population à adopter les bons comportements : « Tous les jours, je faisais du porte-à-porte et, parfois, j’organisais des réunions de sensibilisation, en respectant bien sûr la distanciation sociale. Ce fut une période difficile car le lien social était brisé, on ne se retrouvait plus comme avant. Les gens avaient peur et je devais les rassurer ». Pour joindre le geste à la parole, Our Osama distribuait aussi des cache-nez et du savon. Dans son village, 1 100 cache-nez et 2 640 savons ont été distribués.
En dehors de la construction d’ouvrages sanitaires et de la sensibilisation dans la lutte contre la pandémie, il était indispensable d’associer une alimentation fiable et durable en eau. Cet enjeu, le Gouvernement Togolais l’a pris en compte en dotant le centre de santé, avec l’appui du Japon à travers l’UNICEF, d’un forage manuel, d’un système gravitaire de distribution, d’un château d’eau et d’une fontaine qui garantissent une adduction en eau en quantité suffisante pour les besoins du centre de santé mais aussi de toute la population environnante.
« Avant, nous n’avions pas d’eau .»
Pour Rachida MOUSSA, la matrone - qui, en plus des soins, s’occupe des consultations prénatales et des accouchements, l’arrivée de l’eau a fait toute la différence :« Avant, nous n’avions pas d’eau. Plusieurs fois par jour, je devais marcher sur une distance de 500 mètres pour aller à la rivière puiser de l’eau. L’aller-retour pouvait prendre plus de 45 minutes et le retour était difficile car je portais un seau d’eau de 35 kilos sur la tête. Nous devions économiser l’eau et il est arrivé que des femmes commencent leur travail d’accouchement alors que j’étais encore à la rivière », explique-t-elle avec émotion.
« Je portais un seau d’eau de 35 kilos sur la tête. »