Un duo d’ambassadeurs de la vaccination à Amoutiévé
Quand les parents s’engagent pour protéger leurs enfants
Au Togo, le Gouvernement s’est engagé à protéger leurs enfants contre les maladies mortelles évitables en offrant des services de vaccination continue aux familles. C’est le programme élargi de vaccination soutenu par GAVI Alliance, à travers l'UNICEF au Togo.
« Je félicite ce couple pour l'importance qu'ils accordent à la vaccination. Ils sont bien connus ici au CMS d'Amoutiévé, car Folly accompagnait son épouse Ameyo même aux consultations prénatales »,
HEDIDO Koku, assistant d’hygiène chargé de la vaccination au Centre Médico-Social d'Amoutiévé.
Ameyo HLONMETI 40 ans, couturière et son époux Folly Luc ASSE, 54 ans, mécanicien auto sont les heureux parents de quatre enfants. Trésor, deux mois et demi bénéficie des mêmes soins que ses parents ont prodigué et continuent de prodiguer à ses ainés, y compris en matière de santé.
« Je n'ai jamais manqué un rendez-vous de vaccination, et c’est grâce à mon époux qui m'accompagne le plus souvent pour ces rendez-vous », dit raconte Ameyo dans un sourire où se mêlent la fierté et la tendresse.
Chacun de ces rendez-vous de vaccination se déroule au Centre Médico-Social d’Amoutiévé. Convaincus de l’importance et de l’efficacité de la vaccination, ces parents harmonisent leurs agendas et traversent la ville ensemble aux dates communiquées par le centre de santé. Cette routine, bien que parfois exigeante, est une priorité pour eux.
« Je félicite ce couple pour l'importance qu'ils accordent à la vaccination. Ils sont bien connus ici au CMS d'Amoutiévé, car Folly accompagnait son épouse Ameyo même aux consultations prénatales », raconte HEDIDO Koku, assistant d'hygiène de santé publique chargé de la vaccination au CMS d'Amoutiévé.
A la naissance d’un enfant, on lui administre un premier vaccin contre la tuberculose, le BCG. Après six semaines, il reçoit une première dose de vaccins qui va le protéger les maladies les plus mortelles au monde comme la diphtérie, le tétanos, la coqueluche, l’hépatite B mais aussi de la poliomyélite et de la rougeole. Ensuite un rendez-vous est fixé pour un mois plus tard pour les mêmes antigènes entre autres. Un mois plus tard, un autre rendez-vous est pris pour une autre série de vaccins, suivis d’un rendez-vous neuf mois et 15 mois après. A ce dernier rendez-vous, l’enfant reçoit des micronutriments comme la vitamine A. Avant chaque vaccination, le personnel en charge prend le poids et mesure la taille de l'enfant.
« La santé de notre fils est notre plus grande priorité », confie Ameyo. « Nous avons la chance de vivre à une époque où les vaccins sont accessibles. Il est de notre devoir de les utiliser pour protéger nos enfants. » Ameyo sait que la piqûre peut causer un moment d’inconfort, mais elle est consciente que ce geste est essentiel pour une protection à long terme. Le sourire réconfortant de son époux lui donne la force de traverser ces moments pénibles pour le bébé et pour elle.
« Lors de l’injection du vaccin, l’enfant pleure et cela me fait de la peine, mais cela ne m’empêche pas de l’amener pour d’autres séances de vaccination, car la santé est plus importante que tout », confie-t-elle. « La vaccination, c’est plus qu’un acte médical, c’est un acte d’amour », déclare Ameyo avec conviction.
Nous le faisons non seulement pour notre fils, mais aussi pour protéger notre communauté. Chaque enfant vacciné est un pas de plus vers l’éradication des maladies dangereuses.
GAVI est le partenaire numéro un en matière de vaccination au Togo. Bien que le Gouvernement fasse beaucoup, la contribution de GAVI est très importante en ce qui concerne les vaccins. Je tiens vraiment à féliciter GAVI qui ne ménage aucun effort lorsqu'il s'agit du bien-être des enfants et des populations
« La vaccination est douloureuse pour les enfants, et certains continuent de pleurer une fois à la maison, ce qui peut entraîner de la fièvre. Nous recommandons alors de leur administrer des médicaments pour faire baisser la fièvre », explique Koku HEDIDO.
« Il est inconcevable de laisser ses enfants tomber malades et de devoir dépenser de l'argent pour des médicaments », Folly
Situé à Lomé la capitale du Togo, le Centre Médico-Social (CMS) d’Amoutiévé est l’une des formations sanitaires de la préfecture de Golfe, qui fait partie des deux districts de la région appelée « Grand Lomé ». Il couvre 10 quartiers avec une population de 45 845 habitants en 2024. Bien que géographiquement accessible, Amoutiévé présente des défis en termes d’utilisation des services de santé, ce qui affecte les indicateurs de vaccination. En effet, la pandémie mondiale de coronavirus survenue en 2020 a un impact non négligeable sur la confiance des parents envers la vaccination. Ce qui n’est pas le cas de Folly, le père de Trésor. « Il est inconcevable de laisser ses enfants tomber malades et de devoir dépenser de l'argent pour des médicaments. Il est préférable de les protéger, ce qui permet aussi de faire des économies », déclare-t-il.
Lors de certaines séances de vaccination, pour gagner du temps, Folly s'occupe lui-même de tenir Trésor dans ses bras car en tenant l'enfant pendant l'injection, la vaccination se fait plus rapidement. « Je n'ai jamais laissé ma femme aller seule aux consultations car je suis très soucieux de la santé de nos enfants », affirme Folly.
Le Togo a fait des avancées très significatives ces dernières années dans le domaine de la santé. La situation sanitaire des enfants continue de s’améliorer avec une tendance à la baisse des taux de mortalité et morbidité. Le taux de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans a reculé de 71 à 64,4 pour mille naissances vivantes entre 2017 et 2020, ce qui est inférieur à la moyenne constatée dans les pays subsahariens.
Dans le domaine de l’immunisation, entre 2019 et 2023, l’évolution des couvertures vaccinales a été impactée par la COVID-19. Cependant l’organisation des Journées de Santé de l’Enfant, les stratégies d’accélération vaccinale, la mise en œuvre de la stratégie urbaine de vaccination, les dialogues communautaires et l’introduction de nouveaux vaccins contre la méningite et le virus du papillome humain ont permis de revitaliser la vaccination. De plus, l’acquisition de 764 nouveaux équipements de chaine du froid grâce au financement du Japon et de la Banque Mondiale a renforcé la capacité de stockage en vaccins de 98% de formations sanitaires du pays en 2023. Cela a permis d’améliorer notamment la couverture de vaccination en Pentavalent-3 (contre la diphtérie) qui est passée de 91% en 2019 à 92% en 2023.
« GAVI est le partenaire numéro un en matière de vaccination au Togo », reconnaît Koku HEDIDO
Ces données positives sont liées aux efforts consentis par le Gouvernement du Togo et à son leadership dans la coordination des interventions de ses différents partenaires tels que GAVI Alliance, à travers l’UNICEF au Togo. L’UNICEF s’est en effet engagé à soutenir les stratégies gouvernementales visant à faire progresser la vaccination en tant que partie intégrante des soins de santé primaires afin de continuer à avoir un impact considérable sur la vie des enfants, des adolescents et de leurs familles.
Les efforts du pays dans le domaine sanitaire ont été orientés entre autres vers le renforcement du système de santé, l’amélioration de la qualité de chaine de froid, l’intensification de la sensibilisation des communautés et des stratégies intégrées de proximité en faveur notamment de la vaccination. Autant d’interventions soutenues par GAVI Alliance.
Si une mère suit régulièrement les séances de vaccination de son enfant, elle peut compléter le calendrier vaccinal retenu par le Programme Élargi de Vaccination dès les 15 mois de l'enfant. En revanche, si elle est un peu irrégulière dans ses rendez-vous, la vaccination peut s'étendre jusqu'aux deux ans de l'enfant.
Dans l’approche « Atteindre Chaque District (ACD)/ Atteindre Chaque Enfant (ACE) » que met en œuvre le Ministère de la Santé, cinq domaines sont mis en exergue :
1️⃣ la planification et la gestion des ressources,
2️⃣ l’atteinte des populations cibles,
3️⃣ l’établissement des liens entre les services et les communautés,
4️⃣ la supervision formative et
5️⃣ le monitoring pour action vise l’amélioration du système de vaccination.
C’est pourquoi l’UNICEF a mis dans ses prorogatives de fournir une assistance technique aux régions et districts. Cet appui vise la composante « Atteindre les populations cibles » qui est une combinaison de stratégies fixes, avancées et mobiles de prestations correspondantes aux besoins spécifiques des communautés et visant l’amélioration de l’accès et de l’utilisation des services de vaccination. Pour exemple, en matière de mobilisation, le Centre Médico-Social dispose de relais communautaires qui effectuent du porte-à-porte pour sensibiliser la population. Les médecins se rendent également sur le terrain pour organiser des dialogues communautaires et, à l'occasion, des séances de vaccination. Des techniques de gongonnage* (utilisation de l’instrument traditionnel appelé le gong) sont aussi, utilisées.
Ces stratégies vont permettre l’augmentation de la couverture vaccinale de tous les antigènes par la recherche des enfants zéro dose, les perdus de vue et l’organisation des stratégies réussies.
La vaccination n'est pas seulement une question de santé individuelle, mais un devoir communautaire pour le bien-être collectif. Grâce à des parents comme Ameyo et Folly, le Togo peut espérer un avenir sans maladies évitables.