Pour une meilleure conservation des vaccins, le Togo fait la cartographie des chambres froides
Une étape clé pour renforcer la chaîne du froid et protéger chaque enfant
Les chambres froides sont essentielles pour assurer la qualité, l'efficacité et la sécurité des vaccins et des produits pharmaceutiques, en répondant aux exigences spécifiques de température. L’exercice aide à fournir un environnement contrôlé pour leur stockage. Le Togo dispose de 11 chambres froides au niveau national et dans chaque région. Disposer des chambres froides c’est bien mais, faire leur cartographie c’est-à-dire la surveillance et la documentation détaillée des conditions environnementales à l'intérieur de ces chambres est très importante. La dernière en date du Togo remonte à 2016. Grâce à l’appui de Gavi l’Alliance du vaccin, Stéphanie LAPIERE, Spécialiste de la chaîne de froid au bureau régional Afrique de l’Ouest de l’UNICEF, était à Lomé pour renforcer les capacités du personnel dédié de la Direction de l’immunisation pour l’élaboration de la cartographie de ces chambres froides.
C’est dans la grande salle de réunion rectangulaire de la Division de l’immunisation du ministère de la santé que Stéphanie, 46 ans, mariée et mère de deux adorables enfants de 14 ans et de 11 ans, entretenait les logisticiens. Durant son séjour à Lomé, elle a renforcé les capacités des professionnels du Programme élargi de vaccination (PEV) à pouvoir maintenir des températures stables dans la chambre froide où sont stockés les vaccins.
Pour faire la cartographie, il faut des moniteurs en permanence qui mesurent la température jour et nuit
Faire la cartographie d’une chambre froide revêt d’une importance capitale, celle de s'assurer que les conditions à l'intérieur de la chambre froide sont uniformes et respectent les plages de température recommandées. Cette technique aussi connue sous la dénomination de " maping de température" permet de garantir la stabilité et la qualité des produits pharmaceutiques stockés. « Pour bien faire la cartographie d’une chambre froide, il faut utiliser des moniteurs en permanence qui y mesurent la température jour et nuit », explique Stéphanie. Cela permet, précise-t-elle, d’obtenir des données qui montrent si la température est de deux ou plus de huit degrés.
A en croire Aoudja Komla Gérard BASSIMBOKOA, Logisticien national du Programme élargi de vaccination (PEV), les chambres froides fonctionnaient mais le personnel dédié ne maitrisait pas toutes les plages de températures dans tous les espaces. « C’est cet exercice qui nous permet de déterminer la température adéquate. Ça permet aussi de voir la qualité de fonctionnement des évaporateurs notamment s’il y a un risque de congélation ou de trop exposition à la chaleur », a-t-il relevé.
Ce Chef section Logistique à la Division de l'Immunisation se réjouit de cette formation.
« Nous avons acquis beaucoup de chambres froides en remplacement des anciennes et il fallait que l’exercice de la cartographie soit bien maitrisé par le personnel. C’est un exercice que j’ai trouvé intéressant parce-que ça garantit la qualité de la conservation des vaccins ».
Cette formation vient à point nommé
La réalisation d’une cartographie répond à des normes spécifiques et un protocole bien précis. La base c’est l’utilisation de 12 moniteurs obligatoires d’abord et après de faire le rajout en fonction de la taille de la chambre froide. Le protocole choisit par le Togo est d’utiliser 20 dataloggers à l’intérieur des chambres froides et un à l’extérieur. Ces dataloggers ou enregistreurs de données, comme le nom l’indique, enregistrent en continu les données de température à l'intérieur de la chambre froide. Ils aident à s'assurer que la température est maintenue dans la plage spécifiée pour le stockage des produits pharmaceutiques. Le datalogger placé à l’extérieur des chambres froides, à en croire Stéphanie permet de relever la température ambiante. Elle précise que cela permet d’apprécier si la température extérieure a une influence sur la température intérieure.
A en croire Stéphanie LAPIERE, les relevés des températures sont faits après 48h au minimum afin d’avoir des indications de point chaud ou de point froid ou d’indication de bon fonctionnement ou de mauvais fonctionnement d’évaporateur. Les données recueillies fournissent une source essentielle d'information pour assurer que tous les produits sensibles à la température sont correctement stockés dans leur gamme de température.
Chaque chambre froide fournit son propre rapport qui va conditionner les recommandations à appliquer. « Si certaines chambres froides sont un peu trop chaudes cela veut dire qu’il faut y mettre des vaccins moins sensibles à la chaleur. Ce faisant, c’est qu’on met en place les bonnes pratiques et les procédures normalisées sont respectées afin que les points focaux PEV aient toutes les informations utiles pour mieux arranger ces vaccins », a-t-elle renchéri.
Sans la cartographie, nous disposions pêlemêle les vaccins sans savoir si ces vaccins sont dans de bonnes conditions surtout qu’il y a des coins qui sont plus frais que d’autres. L’exercice nous a permis de constater que certaines de nos chambres ont des problèmes.
Somiyé KEZIE est logisticienne de santé et chargée de la gestion des vaccins à la Direction de l’immunisation. Elle fait partie de ces personnes qui doivent s’assurer que les vaccins sont gardés dans de bonnes conditions et que les bénéficiaires finaux en profitent pleinement. Elle fait partie de la vague de personnes ressources formées par Stéphanie LAPIERE pour faire la cartographie. Elle s’en réjoui car confi-t-elle, « cette formation vient à point nommé. On l’attendait depuis longtemps ».
Madame KEZIE explique que la dernière cartographie remonte à l’année 2016 alors que dans les normes, chaque deux ans, cette cartographie devrait être refaite afin d’apprécier la fonctionnalité des chambres froides et disposer des informations nécessaires pour mieux disposer les vaccins.
Nous allons aussi implémenter la cartographie dans les régions
Après la formation de Lomé, Gérard BASSIMBOKOA, Logisticien national du Programme élargi de vaccination (PEV), rassure que les connaissances acquises ne soient pas circonscrites à la Direction. Il promet déjà en faire bénéficier les régions. « Nous allons aussi implémenter la cartographie dans les régions notamment, à Kpalimé, Atakpamé, Tsévié, Kara, Sokodé et Dapaong où nous avons des chambres froides », promet le Chef section Logistique à la Division de l'Immunisation.
« Notre équipe va faire d’une manière complète la cartographie des chambres froides. Nous en avons 11 dont deux négatives et neuf positives ».
En poste à la Direction de l’immunisation, ce père de trois enfants reste confiant qu’une chose est de vacciner et l’autre est d’immuniser. Il insiste sur la nécessité que le vaccin qui est administré à l’enfant lui confère l’immunisation. « Si le vaccin est mal conservé, l’enfant sera vacciné mais pas immunisé. Cet exercice permet de garantir la qualité des vaccins. Si les enfants sont immunisés, cela veut dire qu’il n’y aura plus d’épidémies et ils seront à l’abri des maladies évitables par la vaccination », a-t-il détaillé.
A deux ans de sa retraite, Gérard comme il aime se faire appeler, entend faire passer bien avant ses trois points forts qui le caractérisent, la simplicité, la rigueur dans le travail et le leadership dans le travail d’équipe, avant de raccrocher.
« Cet exercice nous le trouvons salutaire et remercions le Gouvernement, et ses partenaires dont GAVI et l’UNICEF », a-t-il conclu.