Dadou MANTCHI : parcourir les villages pour que chaque enfant aille à l’école
Une enseignante itinérante, un engagement pour l’éducation de tous
Nous rencontrons Madame Dadou MANTCHI, la quarantaine révolue, mariée et mère de quatre (4) enfants, large sourire, d’un air épanoui. C’est depuis 2018, qu’elle est enseignante itinérante à Nkassaïdè, Assoli dans la région de la Kara. Elle fait partie de ces acteurs grâce à qui, le Gouvernement du Togo, avec l’appui de ses partenaires dont le Comité national français pour l’UNICEF, relève le pari de la politique de l’éducation inclusive au Togo.
L’éducation inclusive désigne un système éducatif qui tient compte des besoins particuliers en matière d’enseignement et d’apprentissage de tous les enfants et jeunes gens en situation de marginalisation et de vulnérabilité qu’ils soient des enfants de rues, des filles, groupes d’enfants appartenant à des minorités ethniques, enfants issus de familles démunies financièrement, enfants issus de familles nomades, enfants atteints du VIH/sida ou des enfants handicapés.
L’approche, basée sur la valorisation de la diversité comme élément enrichissant du processus d’enseignement-apprentissage, vise à assurer à ces enfants l’égalité des droits et des chances en matière d’éducation.
J’ai été admise parmi les enseignants itinérants après avoir suivi une formation en déficience auditive, intellectuelle et visuelle, suivi des séances de recyclage avant d’être orientée dans un centre spécifique pour le perfectionnement. Depuis lors, je m’active à détecter et aider les enfants handicapés physiques ou intellectuels. Je vais d’école en école, à cet effet.
Ma mission est d’accompagner les enfants malvoyants et non-voyants dans les classes avec l’enseignant, mais aussi de sensibiliser les enseignants et les autres élèves pour qu’ils puissent être ensemble dans la classe.
Nous avons reçu du matériel adapté à cet effet comme de grandes ardoises. L’enfant n’a plus besoin de quitter sa place pour se rapprocher du tableau avant de mieux voir.
Madame MANTCHI reconnait que le visage de l’enseignement au Togo a beaucoup changé avec l’introduction de l’éducation inclusive. Auparavant, les enseignants étaient réticents à maintenir ces enfants handicapés dans les classes. Actuellement, la réalité est toute autre, soutient-elle.
Chargée de la déficience visuelle et de l’écriture braille, Dadou se met pendant la leçon à côté, de l’enfant handicapé pour l’aider à mieux comprendre la matière.
J’ai enseigné des élèves malentendants dont certains sont aujourd’hui en classe de quatrième et d’autres en classe de troisième.
Rabiou ADJANA, enseignant de la classe du Cours moyen deuxième année (CM2) de l’Ecole primaire publique (EPP) N’kassaïdè, qui a des élèves avec déficience visuelle, apprécie à juste titre l’apport de Dadou et dit avoir compris lui aussi, l’importance d’écrire un peu plus gros au tableau, de ne pas utiliser souvent la couleur rouge afin de permettre aux enfants de mieux lire au tableau.
Il reconnait également l’importance des matériels pédagogiques adaptés offerts par le Gouvernement du Togo avec l’appui du Comité national français pour l’UNICEF. Ces matériels pédagogiques l’aident à dispenser aisément le cours et permettent aux élèves de bien assimiler les leçons. Rabiou est aujourd’hui convaincu que le handicap des élèves ne constitue plus un obstacle à la poursuite de leur scolarisation dans l’enseignement public.
L’EPP N’kassaïdè est devenue une école modèle d’éducation inclusive. Dans son itinérance dans au moins trois (3) différentes écoles, Dadou accompagne ses collègues à aider plus de 20 élèves handicapés inscrits aux Cours primaires.
Toutefois, elle explique qu’il y a des enseignants qui ont été formés mais affectés à d’autres postes pendant que certains ont eu des nominations perturbant un peu la dynamique. Le vœu le plus cher de Dadou est que la formation d’autres enseignants itinérants se poursuive pour le grand bonheur des enfants handicapés au Togo.