Un Sénégal sans Mutilations Génitales Féminines: OUI, c’est POSSIBLE !
Du 10 au 14 octobre 2022, le Comité de Pilotage du Programme conjoint pour l’élimination des Mutilations Génitales Féminines a effectué une visite de terrain au Sénégal
DAKAR/KOLDA (Sénégal), le 14 octobre 2022 - Les mutilations génitales féminines désignent toutes les interventions aboutissant à l’ablation partielle ou totale des organes génitaux externes de la femme ou toute autre mutilation des organes génitaux féminins pratiquées pour des raisons non médicales.
Bien que constituant des violations des droits humains reconnues à l’échelle internationale, les mutilations génitales féminines ont été pratiquées sur plus de 200 millions de filles et de femmes en vie aujourd’hui. Cette pratique est répandue dans 31 pays répartis sur trois continents.
Les mutilations génitales féminines (MGF) constituent une pratique profondément ancrée au Sénégal et touchent généralement les filles à un très jeune âge. Malgré les efforts en cours, la prévalence des MGF reste pratiquement inchangée depuis au moins deux décennies. Près de deux millions de filles et de femmes ont subi des MGF au Sénégal.
Pourtant, les mutilations génitales féminines sont une atteinte à la dignité et l’intégrité physique des filles et des femmes, et une violation de leurs droits, y compris leurs droits à la santé.
Les MGFs peuvent entrainer des risques à la santé, y compris les hémorragies, les chocs septiques, les infections, et des douleurs sévères.
De nombreux facteurs contribuent à la prévalence de la pratique. Cela dit, dans toutes les sociétés où elles ont cours, les mutilations génitales féminines sont la manifestation d’une profonde inégalité de pouvoir entre hommes et femmes.
Depuis 2008, l’UNICEF et l’UNFPA travaillent ensemble sur le Programme conjoint pour l’élimination des mutilations génitales féminines..
Du 10 au 14 octobre 2022, le Comité de Pilotage du Programme conjoint, composé de représentants des pays donateurs et de représentants des sièges de l’UNFPA et l’UNICEF, a effectué une visite de terrain dans la région de Kolda au Sénégal, dans le but d’observer les réalisations et les conditions de mise en œuvre du programme. A la suite de la mission le Comité a tenu sa réunion annuelle à Dakar. La visite en photos.
Dr Fatou Diane, Ministre de la Femme, de la Famille et de la Protection des Enfants, a présidé le cocktail dînatoire organisé en l’honneur des membres du Comité de Pilotage du programme conjoint UNFPA-UNICEF pour l’élimination des Mutilations Génitales Féminines. Elle a saisi cette opportunité pour partager la vision de Son Excellence Monsieur Macky SALL et rappeler les priorités du Sénégal à l’horizon 2035.
Le Coordinateur Résident du Système des Nations Unies au Senegal a également réitéré l’engagement de l’ensemble du Système des Nations Unies en particulier celui de l’UNFPA et de l’UNICEF à redoubler les efforts et d’appuyer l’état de Sénégal en vue de l’atteinte de l’Objectif de Développement Durable 5.3, à savoir éliminer la violence basée sur le genre et toutes les pratiques préjudiciables d’ici 2030.
Les jeunes du Centre Conseil Adolescent(e)s de Kolda sont en première ligne dans l'accélération de l'abandon total de toutes les formes de Mutilations Génitales Féminines
Les « boutiques de droit » sont les acteurs de premier plan pour la prévention et l’accompagnement para-juridique concernant les mutilations génitales féminines, les violences basées sur le genre et les mariages d’enfants. Le programme conjoint soutient les efforts de renforcement de capacités des acteurs et des relais communautaires
Grâce au Programme Conjoint, un forum départemental sur la pratique de l’excision regroupant 105 leaders religieux a été organisé à Kolda en 2020. Ces leaders religieux ont été renforcés sur l’argumentaire médical et religieux contre les MGF
A travers le programme conjoint, l’ONG Tostan déroule des campagnes de sensibilisation pour l'abandon des MGF et du mariage d’enfants, intégrant les rencontres inter-villageoises, avec les religieux, les communicateurs traditionnels, les jeunes, les autorités et élus locaux Bagadadji Kolda
Le personnel de santé communautaire contribue à la lutte contre les MGF grâce à une formation continue dispensée par le Centre Régional de Formation, de Recherche et de Plaidoyer en Santé de la Reproduction (CEFOREP). "Nous avons une forte adhésion des populations pour l'abandon des MGF grâce aux efforts de sensibilisation " Mme BA sage-femme PS GADAPARA
A travers le Programme Conjoint, le Groupe pour l’Étude et l’Enseignement de la Population (GEEP) anime depuis plusieurs années des leçons de vie (compétences à la vie), y compris sur les Mutilations Génitales Féminines dans les établissements scolaires
M. BALDE, chef de village de Sare Moussa Kanadou, prône l’interdiction de l’excision de même que toutes autres formes de violences basées sur le genre depuis plus de 15 ans
Grâce au Programme conjoint, 11.040 jeunes ont été capacités sur l’abandon des mutilations génitales féminines grâce au Programme Conjoint. « Nous sommes mieux outillés pour gagner le combat pour l'abandon des MGF », Adama Diallo, Jeune activiste pour les droits des filles.
Au Sénégal, l’appui du Programme conjoint de l’UNFPA et de l’UNICEF a impulsé un engagement des communautés et de la société civile aux côtés du Gouvernement pour la transformation des normes sur les MGF, ce qui s’est traduit par d’importantes avancées.
D’importants progrès ont été acquis, à savoir entre autres :
- L’adoption d’une Stratégie Nationale pour l'abandon des MGF 2022 -2030, accompagnée d'un Plan d'Action budgétisé, pour la période 2022-2026 ;
- La mise en place d’une ligne budgétaire d'environ 50 millions de FCFA par an pour le renforcement la coordination des interventions visant à éliminer la pratique des MGF
- La mise en place de mécanismes de suivi aux niveaux décentralisés (départemental à travers les Comités Départementaux de Protection de l'Enfance, et communautaire à travers les comités villageois de protection de l'enfance)
- L’augmentation du nombre de communautés favorables au changement des normes sociales qui est passé de 148 à 1455 entre 2017 et 2021
- L’amélioration de l’offre de services de santé liés aux MGF ces dernières années avec une augmentation du nombre de femmes et de filles bénéficiant de ces services
- L'intégration des indicateurs MGF dans le système d'information sanitaire et sociale (DHIS2) en vue d’un meilleur suivi de base des cas de MGF.
- L’intégration des MGF dans le carnet mère-enfant
- L’appui technique et financier dans la conduite des Enquêtes Démographiques et de Santé (EDS), en particulier pour les EDS en continu
En dépit des progrès enregistrés, il reste encore des actions à renforcer, pour mettre fin aux MGF, notamment :
- L’engagement continu et visible des décideurs pour l’abandon des MGF
- Le respect des engagements souscrits en faveur des droits des femmes et des filles en matière de MGF d'ici 2030
- Le renforcement des interventions qui permettent à tous, femmes, hommes, filles et garçons de dire « non » aux MGF
- Renforcement de l'accès aux services de prévention, de protection et de prise en charge des MGF
- La mise en place d’un dispositif de renforcement des capacités pour générer et utiliser des données et des preuves
- L’implication massive des communautés, y compris les leaders religieux, pour le changement des normes sociales
- La mobilisation de ressources pour promouvoir le changement des normes sociales et le changement de comportement