Les jeunes doivent s’asseoir à la table des négociations sur le climat

Avant le sommet des chefs d'État de l'Union Africaine et de l'Union Européenne, des jeunes d'Afrique et d'Europe ont mené un débat public sur le changement climatique

Lalaina F. Andriamasinoro
Maguette
UNICEF Senegal/2022/Fall
16 février 2022

DAKAR (Sénégal), le 16 Février 2022 - "Le changement climatique a un impact dramatique sur les pays du Sahel, affectant les jeunes - en particulier les filles. Nous devons agir maintenant !". Maguette Ba, 20 ans, a représenté la jeunesse sénégalaise au cours du débat public virtuel organisé par l’UNICEF en amont du prochain sommet des chefs d'État de l'Union africaine et de l'Union européenne, qui se tiendra à Bruxelles les 17 et 18 février 2022.

Ce débat, rassemblant une dizaine de jeunes d’Afrique et d’Europe a été l’occasion pour eux de partager leurs expériences sur l’impact du changement climatique, de discuter des solutions avec les décideurs politiques et d’élaborer des recommandations à destination des chefs d'État.

Le débat a vu la participation de la Ministre de la Jeunesse du Sénégal, Madame Néné Fatoumata Tall, du Ministre fédéral des ressources en eau du Nigéria, M. Suleiman Adamu, du Vice Premier Ministre Bulgare en charge de l’environnement et de l’eau, M. Borislav Sandov, ainsi que de la Directrice de la Commission Européenne en charge des partenariats internationaux, Madame Carla Montessi.

Maguette
UNICEF

"Nous, les jeunes, devons-nous asseoir à la table des négociations dès lors qu’on parle d’action climatique. La rareté de l’eau, les inondations, l’érosion sont des événements climatiques qui nous affectent au quotidien", a soulevé Maguette au cours de son intervention.

Le Sénégal est sujet à des vulnérabilités chroniques et saisonnières, principalement dues au changement climatique. L'érosion côtière affecte déjà certaines parties du pays, menaçant les moyens de subsistance de certaines communautés. La sécheresse affecte les régions du nord, du centre et de l'est du Sénégal, provoquant une insécurité alimentaire et nutritionnelle, exposant les jeunes enfants et les femmes à un risque de malnutrition aiguë.

Une analyse mondiale soutenue par l'UNICEF en 2021 sur l'indice de risque climatique pour les enfants a montré que les enfants vivant au Sénégal sont parmi les plus vulnérables aux impacts du changement climatique, le pays étant classé 22ème au monde.

Au Sénégal, les efforts de l'UNICEF pour lutter contre le changement climatique grâce à l'engagement des jeunes et à l'impact sur la santé des enfants, ainsi que le dialogue avec les jeunes, se sont poursuivis. L'UNICEF a mené une série de consultations auprès des jeunes et des enfants des régions touchées par les chocs liés au climat pour recueillir leur avis et les aider à mener leur propre plaidoyer.

L'UNICEF a également lancé une initiative pour lutter contre la pollution de l'air dans les écoles de Dakar. Une étude sur la prévalence de l'asthme a révélé une prévalence élevée (18,4 %) chez les enfants du secondaire. L’UNICEF a ainsi lancé un programme visant à protéger les enfants des effets sur la santé de la pollution de l'air.

Maguette est une jeune étudiante en électricité industrielle et un membre actif de l’organisation Jeunes volontaires pur l’environnement au Sénégal. Elle soutient l'organisation dans son travail quotidien de sensibilisation au changement climatique. Dans une déclaration publique, Maguette et une centaine d’autres jeunes des pays du Sahel ont formulé un certain nombre de recommandations – qui ont été partagées pour animer le débat.

"Nous sommes la population la plus jeune au monde, et nous serons les décideurs de demain. C’est notre avenir qui est en jeu, avec celui de l’humanité entière.  Alors il est temps que le changement change de camp pour repasser du côté de l’espoir. Il est temps de nous donner à nous, adolescents et jeunes, les moyens d’être les héros qui sauveront notre belle planète" ont-ils formulé.

Minister
UNICEF

"Les jeunes dénoncent, à juste raison, l’inefficacité et l’insuffisance des décisions politiques souvent prises faces aux changement climatique. Mais jamais, ils s’en arrêtent là. Ils nous montrent aussi qu’ils sont prêts à se mobiliser de façon plus forte, afin de constituer les acteurs de première ligne des changements et des innovations à entreprendre face à la crise climatique" a pour sa part déclaré Madame Néné Fatoumata Tall, à cette occasion.  

"Bien que les perspectives du changement climatique soient très préoccupantes, il y a place à l'action et à l'optimisme. Plusieurs solutions s'offrent à nous. Chaque solution peut aider à hiérarchiser les actions pour les personnes les plus à risque" a-t-elle poursuivi.

"Nous pouvons faire en sorte que les enfants et les jeunes d'aujourd'hui héritent d'une planète vivable. Chaque action que nous entreprenons maintenant peut laisser aux enfants et aux jeunes une longueur d'avance pour prévenir de pires défis à l'avenir."

Minister
UNICEF

A l’issue du débat, des pistes de solutions ont été formulées par la Ministre de la Jeunesse.

"Pour faire face à la crise climatique, toutes les composantes de la société doivent agir. Les gouvernements doivent veiller à ce que les politiques environnementales soient adaptées aux enfants et aux jeunes. Les entreprises doivent s'assurer que leurs pratiques protègent l'environnement naturel dont dépendent les enfants et les jeunes. Les émissions de gaz à effet de serre et les polluants environnementaux doivent être considérablement réduits. Les services destinés aux enfants et aux jeunes doivent intégrer la résilience climatique et la durabilité environnementale. Les écoles doivent éduquer aux compétences vertes."

"Et les enfants et les jeunes doivent être reconnus et écoutés en tant qu'agents du changement" a-t-elle conclu.