Comment discuter avec vos ados des interdictions d’accès aux médias sociaux

Cinq conseils pour vous aider à mener cette conversation.

Ados et médias sociaux. En tant que parent, il est normal d’être préoccupé par les effets des médias sociaux. Alors que les pays envisagent de nouvelles restrictions d’âge pour pouvoir accéder à ces applications, le moment est idéal pour discuter avec votre ado de ce qu’elle ou il en pense, et de la manière dont elle ou il vit cette interdiction.

Dr. Lisa Damour, psychologue, autrice et maman partage cinq conseils pour vous aider à mener cette conversation. 

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Visionnez la vidéo ou lisez les conseils ci-dessous.


 

1. Choisissez le bon moment

Trouvez un moment propice durant lequel vous pourrez aborder le sujet naturellement, et où votre enfant sera enclin à discuter librement. Cela pourra être lors d’un repas en famille, ou d’une promenade par exemple.

Vous pourriez débuter en lui demandant : « Comment est-ce que tes ami·e·s et toi vivez ces projets d’interdiction d’accès aux médias sociaux ? ».

2. Attendez-vous à recevoir une réponse mitigée

En tant qu’adultes, nous avons souvent tendance à nous focaliser sur les risques, mais il est important de reconnaître que les médias sociaux permettent aux ados de prendre des nouvelles les uns des autres, de partager leur quotidien, et de cultiver un sentiment d’appartenance et de lien social qui compte énormément pour eux.

Certains ados vont ainsi éprouver de la colère ou de l’inquiétude à l’idée de perdre l’accès à leurs applications favorites. D’autres, en particulier ceux qui ont vécu des expériences négatives en ligne, pourront, au contraire, se sentir soulagés. Mais la majorité éprouveront frustration et soulagement à la fois.

Il est donc important de les écouter sans les interrompre et de leur permettre d’exprimer leurs sentiments.

Demandez-leur par exemple : « Qu’est-ce qui t’ennuierait le plus dans le fait de ne plus avoir accès aux médias sociaux ? », « Quel pourrait être selon toi l’aspect positif de cette interdiction ? ».

3. Montrez à votre enfant que son avis compte pour vous 

De nombreux ados ont le sentiment d’être ignorés ou mis à l’écart des décisions que prennent les adultes concernant les médias sociaux. Ces décisions ont pourtant des répercussions directes sur leur vie. Assurez-vous par conséquent que votre enfant se sente écouté et qu’il ait l’impression que son avis compte.

Veillez à expliquer que ces interdictions sont envisagées non pas à cause d’un quelconque comportement inadapté des adolescent·e·s, mais parce que les médias sociaux ne parviennent pas à les protéger. C’est pourquoi les gouvernements sont en train d’étudier des manières d’améliorer la protection des enfants en ligne.

Vous pourriez ainsi poser la question suivante : « Si tu dirigeais une entreprise de médias sociaux, que ferais-tu pour rendre ces plateformes plus sûres pour les jeunes ? ».

4. Il est essentiel de préserver ses liens sociaux

Pour les ados, rester en lien avec leurs ami·e·s est primordial, voire essentiel pour leur santé mentale.

Rassurez votre enfant en lui montrant que, même s’il perd son accès aux médias sociaux, le fait qu’il puisse conserver ses amitiés et ses centres d’intérêt est important pour vous.

Demandez-lui par exemple : « Si tu n’as plus accès à certaines applis, penses-tu pouvoir quand même rester en contact avec tes ami·e·s ? ».

Si cela vous semble utile, discutez ensemble des manières dont votre enfant pourrait préserver ses liens sociaux. Cela peut inclure de passer du temps en personne avec ses ami·e·s., de s’inscrire à des clubs à l’école, à des associations sportives, de passer des coups de fil, d’écrire des SMS ou d’utiliser d’autres moyens de communication numérique.

5. Mettez en place des habitudes saines

Tirez parti de cette occasion pour discuter des façons de naviguer en ligne en toute sécurité, et d’utiliser les technologies de manière raisonnée.

Rappelez-leur que nous avons toutes et tous le choix, à savoir : quels comptes suivre, quand se déconnecter et comment réagir si quelque chose se passe mal.

Discutez de règles simples que votre famille tout entière pourrait adopter, comme le fait de laisser les appareils en dehors de la chambre le soir, ou d’activer le mode silencieux lorsque l’on étudie.

Et n’oubliez pas que rien ne protège mieux la santé mentale des jeunes qu’une relation de confiance avec un adulte bienveillant.  Or, ce type de conversation avec votre ado peut justement contribuer à renforcer ce lien.

> Consultez le Portail de l’UNICEF consacré à la parentalité pour découvrir davantage de conseils d’expert·e·s.


Dr. Lisa Damour est psychologue, autrice et mère de deux enfants.