Grâce à Sakina, les enfants d’Ayorou sont soignés à temps
Une bénévole communautaire sauve des vies dans un district touché par l’insécurité
Situé dans la région de Tillabéri, à la frontière du Mali, le district sanitaire d’Ayorou couvre 87 villages, quartiers et hameaux. Il affiche un taux de couverture sanitaire de seulement 48 %, avec six cases de santé fermées en raison de l’insécurité causée par les attaques de groupes armés non étatiques. Dans ce contexte fragile, l’accès aux soins reste un défi majeur, notamment pour les enfants et les femmes enceintes.
Pendant longtemps, les relais communautaires comme Sakina Ali, 40 ans, du village d’Ayorou Goungou, se limitaient à la sensibilisation sur les bonnes pratiques de santé. La prise en charge médicale n’était pas possible au niveau communautaire.
« Avant la formation, nous sensibilisions les familles à fréquenter les centres de santé pour les consultations prénatales, les vaccinations ou les traitements. Mais à cause des longues distances, certains enfants arrivaient trop tard… ou mouraient en chemin », se souvient-elle. »
Grâce au soutien des fonds coréens, 60 relais communautaires ont été formés à la prise en charge intégrée des maladies de l’enfant dans la communauté. Ces soins incluent le traitement de la fièvre, de la toux et de la diarrhée chez les enfants âgés de 2 à 59 mois.
Ce financement vise à renforcer les soins de santé primaires communautaires et leur lien avec la préparation aux urgences et améliorer les infrastructures dans les domaines du WASH et de l’oxygénothérapie.
Aujourd’hui, Sakina peut soigner directement les enfants dans son village.
« Maintenant, nous assurons les soins de base directement au village. Nous avons constaté une nette diminution des décès et des déplacements vers les centres de santé. Les familles sont satisfaites, et moi aussi. Il y a moins de maladies, moins de drames. »
Maintenant, nous assurons les soins de base directement au village. Nous avons constaté une nette diminution des décès
Rien qu’au mois de mai, 1 312 enfants ont été vus et pris en charge par les relais communautaires formés dans le district sanitaire d’Ayorou.
Dans un contexte marqué par l’instabilité, l’engagement de Sakina et de ses collègues sauve des vies, rapproche les soins des communautés, et redonne espoir aux familles les plus vulnérables.