« Si nous connaissons nos droits, nous pouvons les défendre »

Maria Rafamasoa, 16 ans, vice-présidente du « club heure creuse » au collège Ampisikina est une leader des Droits de l’Enfant

Mairi Robertson
Maria Rafamasoa, 16 ans, vice-présidente du « club heure creuse » au collège Ampisikina lors d'une formation sur la sécurité en ligne
UNICEF/UN0285169/Ralaivita

13 mars 2019

Lors d’un après-midi chaud dans la région de Boeny, dans le nord-ouest des côtes malgaches près de Mahajanga, ce tient une classe remplie d’élèves attentif au cours sur la sécurité en ligne donné par le professeur. Les enfants âgées de 10 à 17ans, son membre du « club heure creuse », mis en place avec le soutien de l’UNICEF.

Parmi elles, Maria, âgée de 16 ans. Elle est une membre active et vice-présidente du club, depuis sa création il y a trois ans au collège Ampisikina. Pour Maria, il est important que les enfants connaissent leurs droits. « Si nous comprenons quels sont nos droits, nous pouvons jouer un rôle dans leur protection et leur promotion ».

Ces clubs, que les enfants fréquentent volontairement après l’école, se trouvent maintenant dans plusieurs endroits du pays. Elles visent en particulier à sensibiliser les adolescents sur les questions de protection de l’enfance. Mais aussi à améliorer leur connaissance et leur utilisation des services de protection qui existent pour fournir des soins et un soutien à ceux qui pourraient en avoir besoin.

Maria a d'abord rejoint le club parce qu'elle s'intéressait à sa propre protection et était déjà consciente du contexte dans lequel elle vivait. Mahajanga, bien que populaire pour ses plages et son atmosphère animée le long de l'esplanade du front de mer, est également connue pour son niveau élevé de violence et d'exploitation des enfants, en partie dans le contexte de l'industrie du tourisme.

À mesure que de plus en plus d'enfants vont sur Internet, de plus en plus d'enfants risquent d'être victimes d'exploitation et de maltraitance en ligne. Maria possède un téléphone et un compte Facebook. En dépit d'être très prudente, elle nous a dit que des inconnus ont néanmoins essayé de l'ajouter en utilisant de faux comptes. D'autres élèves de son école ont déjà connu été victimes chantage en ligne.

Maria joue avec son telephone portable dans la cours du collège
UNICEF/UN0285176/Ralaivita
Maria possède un téléphone et un compte Facebook. En dépit d'être très prudente, elle nous a dit que des inconnus ont néanmoins essayé de l'ajouter en utilisant de faux comptes.

« Nous apprenons à nous protéger contre certains dangers existants afin de pouvoir nous adapter et continuer à partager avec les autres »

Maria, 16 ans

Maria fait attention car elle a appris les risques liés à la connexion en ligne par le biais du club heure creuse, mais elle sait que nombre de ses amis ne sont pas préparés.

Pour son amie Elia, le club est un lieu sûr pour échanger des idées, poser des questions et acquérir de nouvelles connaissances. "Jusqu'à aujourd'hui, je ne connaissais pas beaucoup de façons dont nos photos peuvent être utilisées et exploitées sur les médias sociaux", a-t-elle déclaré.

En plus d’apprendre les risques liés à la connexion en ligne, l’enseignant, qui a reçu une formation, dans le cadre de la stratégie de l’UNICEF pour la protection de l’enfance, parle également aux enfants de certains avantages. Maria aime utiliser Facebook pour suivre ses chanteurs préférés et se renseigner sur les pays étrangers.

Avec les connaissances acquises, Maria et le reste du club sensibilisent leur camarades de classe et leurs entourages. Maria nous a dit que lorsque le club a débuté, ils ont utilisé la cérémonie du drapeau du lundi matin à l'école pour parler des droits de l'enfant à leurs pairs .

«Nous organisons maintenant des activités de sensibilisation environ deux fois par mois et avons visité deux écoles publiques à Mahajanga, ainsi qu'un collège privé», a-t-elle ajouté avec fierté.

Maria est une jeune femme forte et proactive qui sert de modèle à ses pairs. Elle est constamment motivée pour développer le club et accroître son impact car elle estime « qu'il est important que nous apprenions comment nous protéger nous-mêmes contre certains des dangers existants pour pouvoir nous adapter et partager nos expériences avec les autres. »