Rapport d’Évaluation du projet d’amélioration des pratiques d'alimentation des jeunes enfants

District de Vavatenina de la Région d’Analanjirofo à Madagascar de 2018 à 2021

Une mère et son bébé
UNICEF/UN0573528/Ramasomanana

Points forts

Entre 2019 et 2021, un projet d’amélioration des pratiques optimales d'alimentation du nourrisson et de la diversité de l'alimentation, HAFA Velotegna, a été mis en œuvre dans le district de Vavatenina de la Région Analanjirofo à titre de pilote, conjointement par le Gouvernement de Madagascar (principalement l’Office National de Nutrition/ Office régional de nutrition Analanjirofo) avec l'appui technique de l’UNICEF. Ce projet s’inscrit dans le troisième Plan d'action national pour la nutrition 2017-2021 du gouvernement (PNAN-III) et vise à lutter contre le retard de croissance, en améliorant la qualité des services de nutrition communautaires dans un district.

Le projet HAFA Velotegna répond aux investissements nécessaires pour lutter contre la malnutrition chronique en mettant en œuvre une intervention multisectorielle décentralisée innovante qui propose des activités spécifiques (sites communautaires opérationnels, Agents Communautaires de Nutrition formés et équipés, Communication pour le Changement de Comportement …) en articulation avec des activités sensibles à la nutrition (Groupes d’Epargnes Communautaires ou GEC) afin d’offrir des opportunités pour améliorer la diversité alimentaire et lutter contre le retard de croissance. Le tout sous la Gouvernance au niveau central et décentralisée d’un comité de pilotage et technique régional (coordination, plaidoyer, planification, analyse des données, suivi …).

Conduite par une équipe indépendante d’évaluateur externe, PLAN Eval SPRL, sous la gestion de l’Unité indépendante d’évaluation de l’UNICEF Madagascar et celui du Bureau régional pour l'Afrique de l'Est et australe à Nairobi et avec la participation active et transparente d’un Groupe de Reference, l’évaluation du projet nous livre les retombés, les forces et faiblesses, les leçons apprises et recommandations.

Un projet pertinent par rapport aux besoins d’amélioration de la nutrition de la communauté des zone rurales permettant ainsi de prévenir les retards de croissance des enfants et des jeunes et les plus défavorisées ont été ciblées. C’était une intervention qui se repose sur les acquis des interventions précédemment menées et est alignée au Plan National d’Action sur la Nutrition (PNAN III). L’intervention est complémentaire aux autres projets en phase d’exécution dans la zone cible.

L’ensemble des activités prévues conduites et les résultats attendus ont été atteints : 22 272 personnes sensibilisées sur la nutrition ; 4 240 femmes enceintes et 7 760 enfants de 0 à 23 mois ont bénéficié d’interventions spécifiques à la nutrition ; et plus du 94% de femmes fréquentant les sites disposent de bonnes connaissances de diversification alimentaire ;67 sites cibles sont réhabilitées et opérationnelles ; une dissémination significative des messages clés réalisée avec l’implication des jeunes scouts; 44% ménages enquêtés font de l’épargne et adhèrent aux regroupements GEC, dont 4 807 des membres GEC sont des femmes.

L’efficience financière de l’intervention est très positive et le volet sensible à la nutrition à travers la création de Groupes d’Épargne Communautaire est mis en œuvre par deux ONG experts dans le domaine de développement de GEC. Les dispositifs opérationnels de gouvernance ont également été assez performants réunissant toutes les parties prenantes autour de l’intervention et permettent la collaboration entre les secteurs (le comité de pilotage et les comités techniques). Toutefois le système de suivi et évaluation (S&E) interne comporte des faiblesses et le rapportage est beaucoup plus orienté sur les activités. Également, des difficultés ont été relevées au niveau de la gestion de la multisectorialité de l’intervention à cause des responsabilités de chaque secteur de s’aligner à leur politique du secteur de référence.

En termes d’impacts, un recul net du retard de croissance a été observé dont 25% attribuable à HAFA Velotegna. Les pratiques alimentaires sont largement diffusées et acquises par au moins le 60% des femmes enceintes et mères allaitantes de toute les zones enquêtées incluant les districts de la deuxième phase. L'augmentation du taux de fréquentation des sites de nutrition communautaire et la fréquence des visites démontrent de la réhabilitation des sites et l'implication des ACN. L’impact obtenu grâce aux GEC est visible grâce aux changements produits par les dynamiques de solidarité générées et/ou intensifiées entre les ménages. La plus grande difficulté est de produire des changements d'attitude en matière d'alimentation et de santé reste liée à l'accès encore limité à l'eau et à l'assainissement, empêchant la tenue d’un bon niveau de santé qui affecte aussi celui nutritionnel. Finalement, une faible résilience est encore constatée au sein des communautés des zones ciblées ne permet pas aux ménages de faire face et surmonter les périodes difficiles, telles que les périodes de soudure.

Sur la base de huit (08) critères d’évaluation le rapport a dégagé 108 constats, a fourni diverses leçons apprises et a proposé 10 recommandations destinées aux communautés, partenaires de mise en œuvre, partenaires institutionnels et à l’UNICEF. Nous vous invitons à voir en toute transparence la méthodologie, les détails des analyses et les conclusions de l’évaluation.

Auteur
UNICEF et partenaires
Date de publication
Langues
Français