Mon futur commence aujourd'hui

Journée mondiale des compétences des jeunes

Gallardo Honoré
A group of children stand for a group picture
UNICEF/2026/Honoré
21 juillet 2026

À l'occasion de la Journée mondiale des compétences des jeunes, des enfants en Haïti rencontrent des professionnels, découvrent différents métiers et partagent leurs aspirations pour l'avenir.

En Haïti, des milliers d'enfants grandissent dans un contexte marqué par la violence, les déplacements et les interruptions de leur scolarité et des services sociaux de base. Pourtant, ils continuent de rêver et d'imaginer un avenir brillant.

Sous le thème « Mon futur commence aujourd'hui », l'UNICEF et l'Institut du Bien-Être Social et de Recherches, avec le soutien du Canada, ont réuni des enfants âgés de 9 à 17 ans pour une journée de rencontres, de découverte et d'expression. À travers des échanges avec des professionnels et des activités consacrées à la confiance en soi, les enfants ont pu mieux comprendre les parcours qui mènent aux métiers auxquels ils aspirent.

Curieux et enthousiastes, les enfants arrivent avec leurs questions, leurs rêves et l'envie de découvrir ce que l'avenir pourrait leur réserver. Une journée d'écoute, de rencontres et de possibilités commence.

A young girl smiles while writing a note
UNICEF/2026/Honoré Bejilove participe aux activités avec enthousiasme et joie.

J'ai toujours rêvé de devenir un bon anesthésiste. Dans les centres de santé que je vois, leur rôle est tellement crucial pour calmer la douleur. Aujourd'hui, je vais enfin pouvoir en apprendre davantage, poser mes questions à des professionnels et nourrir cette aspiration qui me tient à cœur malgré tout ce qu'on traverse.

Bejilove, 16 ans

Médecin, enseignant, ingénieur, artiste ou spécialiste de la protection de l'enfance : chacun est invité à nommer le métier qu'il aimerait exercer. Derrière chaque réponse se dessine une aspiration personnelle et parfois le désir de contribuer au bien-être de toute une communauté.

Mon rêve le plus cher est de devenir médecin pour soigner ceux qui n'ont rien, confie Liguelta. Pour ma toute première construction en tant qu'ingénieur, je veux bâtir un hôpital moderne car c'est de ça que mon pays a le plus besoin, dit Woodley.

Liguelta et Woodley
2 young girls pose for a photo
UNICEF/2026/Honoré Liguelta et Woodley présentent chacun le symbole du métier qu’ils rêvent d’exercer plus tard.

Réunis en petits groupes, les enfants dialoguent directement avec des professionnels. Ceux-ci racontent leurs études, leurs premiers pas, les difficultés rencontrées et les choix qui ont façonné leur parcours.

A lady talks to a group of children
UNICEF/2026/Honoré La Dre Florence échange avec les enfants, les motive et les encourage tout au long de la session.

Votre lieu d'origine, le quartier où vous dormez ce soir ou les traumatismes de votre passé ne définissent jamais votre destin. Le chemin est difficile, c'est vrai, mais chacun d'entre vous peut devenir ce qu'il souhaite grâce à la discipline, à la curiosité et au travail. Ne laissez personne vous dire que vos rêves sont trop grands pour Haïti.

Docteur Florence, responsable du service de pédiatrie, Hôpital universitaire La Paix.

Comment devient-on médecin, enseignant ou ingénieur ? Quelles études faut-il suivre ? Quelles qualités faut-il développer ? Au fil des échanges, les aspirations prennent une forme plus concrète. Les enfants comprennent qu'un métier se construit pas à pas, avec de la persévérance, de la curiosité et du soutien.

En tant que futur pédiatre, je veux commencer dès maintenant à comprendre comment prendre soin des enfants de mon quartier. Aujourd'hui, en écoutant les conseils des professionnels, je comprends enfin les étapes à suivre et je réalise que mon rêve n'est pas impossible. Il est à ma portée.

Bruny, 15 ans
A young boy wearing a nursing scrub
UNICEF/2026/Honoré Bruny, vêtu d’une blouse de médecin, pose avec le sourire après les échanges.

Derrière chaque échange, des éducateurs veillent à ce que la curiosité des enfants reste vivante, même dans les périodes les plus difficiles. Leur présence rappelle qu'apprendre et rêver ne peuvent attendre la fin d'une crise.

A lady talks to a group of children
UNICEF/2026/Honoré Jenny échange avec les jeunes et partage son expérience en tant qu’éducatrice.

Travailler avec des adolescents m'a appris une chose fondamentale : leur curiosité et leur envie d'apprendre sont des forces, même face à la précarité. En tant qu'éducatrice et psychopédagogue, mon rôle dépasse la simple transmission des sciences naturelles ; il s'agit de soigner l'estime de soi de ces jeunes et de leur donner des repères stables. L'éducation ne peut pas attendre que la crise s'arrête. C'est maintenant, chaque jour, que nous devons leur montrer que leurs aspirations sont légitimes et que leur potentiel est la fondation même de la reconstruction d'Haïti.

Jenny, éducatrice et coordonnatrice Éducation, ICDH

Certains métiers sont familiers, d'autres totalement nouveaux. En écoutant les présentations, les enfants ont découvert des possibilités auxquelles ils n'avaient jamais pensé et élargissent leur vision du monde professionnel. 

J'ai enfin compris ce que je voulais faire de ma vie après avoir écouté les formateurs ce matin : je veux devenir directeur d'école. Je veux être celui qui organise les classes, qui protège les professeurs et qui donne à chaque enfant, même le plus pauvre, la chance d'apprendre dans une belle salle.

Michel, 9 ans
A boy writing on a white paper
UNICEF/2026/Honoré Michel sait désormais ce qu’il souhaite devenir et écrit ses rêves sur une feuille de papier.

Construire son avenir commence aussi par la connaissance de soi. Guidés par une travailleuse sociale, les enfants ont participé à des activités psychosociales qui les encouragent à s'exprimer, à reconnaître leurs capacités et à prendre confiance en leur potentiel.

A lady talks to a young boy
UNICEF/2026/Honoré Étienne échange avec un jeune garçon lors d’une activité d’écoute et de dialogue.

Grâce à une écoute attentive et sans jugement, j'aide ces enfants qui ont traversé des déplacements forcés et des moments extrêmement difficiles à changer de regard sur leur propre situation. Ils ne sont pas des victimes passives. Mon rôle est de réactiver leurs ressources internes et de leur ouvrir de nouvelles perspectives pour qu'ils croient à nouveau en leurs capacités.

Etienne, gestionnaire de cas, OFAVA

Pour d'autres professionnels présents, transmettre un métier, c'est aussi transmettre un message : que chacun, quel que soit son passé, a sa place dans la reconstruction du pays.

Les jeunes craignent souvent l'ingénierie, l'associant à un univers inaccessible ou réservé aux hommes. Je leur ai montré que les compétences n'ont pas de genre et que leur vécu est une force. Ce métier est d'abord un outil humain pour restaurer la dignité. Vous avez toute votre place dans la reconstruction d'Haïti : ne laissez personne vous exclure de vos rêves.

Jose-Ricardo, ingénieur superviseur assainissement, ORRAH
A professional man talks to a group of children
UNICEF/2026/Honoré Jose-Ricardo explique aux enfants que les métiers n’ont pas de genre et que chacun peut poursuivre ses rêves.
A girl sits an pose for a photo
UNICEF/2026/Honoré Loudiana reprend confiance en elle et ose de nouveau croire en ses rêves.

On m'avait toujours dit que l'architecture n'était pas un métier fait pour les filles, que c'était trop dur ou réservé aux hommes. J'avais fini par y croire et abandonner mon rêve. Mais aujourd'hui, les formateurs m'ont montré qu'une femme peut tout faire, qu'il n'y a pas de barrière, et cela m'a permis de reprendre confiance en moi. Désormais, je le dis haut et fort : je vais étudier dur pour devenir architecte et dessiner les plans des futures maisons sûres de mon pays.

Loudiana, 15 ans

À la fin de la journée, les rêves sont toujours là, mais ils semblent plus proches. Les enfants repartent avec de nouvelles idées, des repères concrets et une confiance renforcée dans leur capacité à construire leur avenir. Beaucoup d’entre eux savent déjà quel métier ils veulent exercer. Les plus jeunes, comme Jamesley, n'en sont pas encore là, ils veulent simplement tout devenir. Et après tout, pourquoi pas ? Quelle que soit la forme d'un rêve, l'important est qu'il continue d'exister.

Je veux devenir policier, docteur, professeur… Je veux tout être !

Jamesley, 6 ans
A little boy stands for a photo
UNICEF/2026/Honoré Jamesley pose fièrement avec une casquette de policier et un stethoscope de médecin, symbole des métiers qu’il admire.

Avec le soutien du Canada, l'UNICEF, l'IBESR et leurs partenaires accompagnent les enfants et les jeunes, en particulier ceux touchés par la violence, afin qu'ils puissent développer leurs compétences, faire entendre leur voix et envisager l'avenir avec espoir.