La création devient la voix des enfants en Haïti
Grâce à l’art et aux histoires qu’ils créent, les enfants rendent leurs droits visibles et font entendre leur voix.
A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Enfance, UNICEF Haïti a réuni 58 enfants et adolescents de l’Ouest, du Nord et du Sud pour un Bootcamp créatif qui leur a offert une parenthèse de calme et d’expression au cœur d’un contexte marqué par la violence, la peur et le déplacement. Dans un pays où plus de 3,3 millions d’enfants ont aujourd’hui besoin d’une assistance humanitaire et où près de 741 000 sont déplacés, créer des espaces sûrs pour protéger les enfants, leur offrir un moment de repis et les aider à comprendre leurs droits est essentiel.
Ce Bootcamp a été pensé comme un lieu où chaque enfant peut apprendre ses droits, les comprendre, les exprimer et les mettre en scène. Pendant plusieurs jours, ils ont participé à des ateliers de peinture, de théâtre, d’écriture et de production vidéo, animés par des artistes et des facilitateurs formés à l’éducation aux droits de l’enfant. À travers ces activités, les enfants ont pu raconter ce qu’ils vivent, transformer leurs émotions en créations, et surtout prendre conscience qu’ils ont le droit d’être protégés, d’apprendre, de participer et d’être écoutés.
Les discussions autour des droits fondamentaux la sécurité, l’accès à l’éducation, la protection contre la violence, la liberté d’expression, ont permis aux participants d’exprimer leurs inquiétudes, mais aussi leurs ambitions. Les œuvres produites, tels que les dessins, scénarios, films courts et pièces de théâtre, ont constitué la base de l’exposition nationale « Ma journée, mes droits », organisée pour la Journée mondiale de l’enfance 2025, une plateforme qui a permis de rendre visibles leurs voix et leurs messages.
Nous inventons des personnages dans nos films pour faire passer des messages sur nos droits.
Au-delà des créations, le Bootcamp a offert à chaque enfant une reconnaissance qui est celle d’être un sujet de droits, et pas seulement un témoin de crise. Il a montré que lorsque les enfants disposent d’un espace protecteur pour réfléchir et s’exprimer, ils deviennent des défenseurs puissants de leurs propres droits et des acteurs du changement dans leur communauté.
Ce qu’ils ont créé, partagé et raconté témoigne de leur résilience, de leur lucidité et de leur capacité à imaginer un avenir où leurs droits sont pleinement respectés, même au cœur de la crise.
Dans ma peinture, j’ai représenté une maison en train d’être incendiée par des hommes armés, tandis qu’un enfant, exposé à cette violence, pleure intensément.
Je souhaite que les enfants soient davantage protégés, dans un environnement sûr. Pas de violence, mais plutôt protection.
UNICEF/2025/Joseph
Tous les enfants ont droit au loisir ; nous devons leur accorder plus de temps pour qu’ils puissent se détendre et s’amuser. Dans mon quartier, je vois des enfants qui doivent faire toutes les tâches ménagères avant même d’aller étudier. Je ne pense pas qu’ils aient suffisamment de temps pour jouer.
Alissa