Visite de la Représentante spéciale de l’ONU sur la violence à l’encontre des enfants au Gabon
Un plaidoyer pour placer la protection de l’enfant au cœur des priorités nationales
Du 1er au 5 décembre 2025, le Dr Najat Maalla M’jid, Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies sur la violence à l’encontre des enfants, a effectué une visite officielle au Gabon. Ce déplacement intervient dans un contexte préoccupant : plus de 5 100 cas de violences scolaires recensés en 2023, 148 abus sexuels sur des jeunes filles enregistrés en 2023, 23 enfants victimes de traite et près de 4 500 filles mariées de façon précoce selon les données du Ministère de la Femme, de la Famille et de la Protection de l’Enfant.
Dr Najat a marqué cette visite par des mots fermes et porteurs d’espoir : « Aucun enfant ne devrait grandir dans la peur. La violence n’est ni inévitable, ni acceptable. Elle peut être prévenue. »
Une mobilisation politique et communautaire sans précédent
Tout au long de son séjour, Dr Najat a rencontré les plus hautes autorités du pays, dont le Président de la République, le Président de l’Assemblé National, ainsi que plusieurs ministres clés. Ces échanges ont permis de renforcer l’engagement politique en faveur de la tolérance zéro contre les violences faites aux enfants et d’intégrer la protection de l’enfance dans les politiques publiques. La mobilisation des leaders religieux, des organisations de la société civile et la participation active de la Première Dame ont été saluées comme des moteurs essentiels de sensibilisation et de mobilisation nationale.
Donner la parole aux enfants : écouter, comprendre, agir
Dr Najat a accordé une attention particulière à l’écoute des enfants afin de saisir leur vécu face à la violence. L’un des moments forts de la mission a été la rencontre directe avec des élèves d’une école publique de Libreville, survivants de harcèlement, d’abus ou de punitions violentes. Beaucoup ont exprimé leur peur quotidienne, leurs difficultés à se faire entendre et l’importance d’être réellement protégés par les adultes.
Elle a également échangé avec des jeunes filles victimes de viol, de traite ou de négligence, aujourd’hui prises en charge par le Centre d’Accueil pour Enfants en Difficulté Sociale (CAPEDS) et le centre Arc-en-Ciel ainsi qu’au centre d’Accueil Femmes et Filles survivantes des violences de Nzeng-Ayong, trois structures gabonaises dédiées à la protection et à la réinsertion des enfants et des femmes en situation de détresse.
Enfin, lors de sa visite à la prison de Port-Gentil, Dr Najat a découvert le chantier de la future maison d’arrêt et de réinsertion pour enfants, et a rencontré des mineurs incarcérés. Ce moment, particulièrement émouvant, a permis à plusieurs d’entre eux de s’exprimer sur les causes de leur incarcération, l’abandon parental ou le manque de communication familiale. Certains ont exprimé le souhait de bénéficier d’un véritable programme de réinsertion à leur sortie. Comme l’a souligné Dr Najat : « Punir un enfant ne suffit pas. Il faut comprendre ce qui l’a détruit pour pouvoir le reconstruire. »
Des engagements réaffirmés et des recommandations concrètes
La visite a permis de réaffirmer l’engagement du Gabon, membre de l’Alliance Mondiale Pionnière, à mettre fin à la violence contre les enfants. Un consensus fort s’est dégagé autour du principe de tolérance zéro et de la nécessité de transformer les promesses en actions durables, avec l’appui des Nations Unies et de l’UNICEF.
Parmi les recommandations stratégiques issues de la mission :
- Faire de la protection de l’enfant un investissement pour le développement durable du pays.
- Renforcer la coordination intersectorielle pour une réponse cohérente et efficace aux violences.
- Faire la cartographie des services et des existants en matière de protection de l’enfant
- Définir les rôles de chaque acteur et mettre en place des mécanismes de redevabilité clairs pour assurer le suivi des engagements.
- Investir dans la prévention, notamment par l’éducation, la sensibilisation et la formation des professionnels.
- Garantir la participation active des enfants et des jeunes dans l’élaboration et l’évaluation des politiques publiques.
L’UNICEF Gabon, partenaire engagé pour un avenir sans violence
L’UNICEF Gabon s’engage à accompagner le gouvernement, la société civile et l’ensemble des partenaires dans la mise en œuvre de ces recommandations. Ensemble, nous œuvrons pour que chaque enfant du Gabon grandisse dans un environnement sûr, protecteur et respectueux de ses droits.