Des soins adaptés pour un meilleur départ dans la vie

Du matériel adéquat, un personnel qualifié et des parents déterminés ont offert le meilleur départ possible dans la vie aux jumeaux Fousseyni et Awa

UNICEF Mali
Les jumeaux Fousseyni et Awa agés de 8 mois
© UNICEF/UN0372719/Keïta
12 janvier 2021

« Quelques minutes après leur naissance, la sage-femme m’a expliqué qu’ils étaient nés avec un petit poids et qu’ils devaient être placés dans une machine », raconte avec émotion Ina. La jeune maman de 24 ans a donné naissance aux jumeaux Fousseyni et Awa, un 19 décembre 2019, avec respectivement un poids de 1500 et 1400 g. « A cet instant, je commençais à angoisser et à craindre le pire : perdre mes jumeaux comme cela a été le cas de leur grand-frère, » se souvient-elle.

Ina est ménagère, son mari Karim, 34 ans est chauffeur. La famille vit dans une modeste maison dans la région de Sikasso. Sur trois grossesses, Ina a déjà connu la difficile expérience de perdre son premier enfant à peine son deuxième anniversaire célébré. Un triste souvenir qu’elle a encore beaucoup de mal à se remémorer.

 

Des stratégies innovantes et une prise en charge adéquate pour une baisse de la mortalité néonatale

La région de Sikasso, connue comme étant le grenier du Mali, est aussi la deuxième qui a le taux de mortalité néonatale le plus élevé au Mali.En effet, un enfant sur 25 ne survit pas son premier mois de vie[1]. En 2017, l’UNICEF et ses partenaires l’OMS et l’UNFPA, en appui au Gouvernement du Mali ont soutenu l’évaluation des Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence, ce qui a conduit au choix d’orienter la totalité des fonds français MUSKOKA sur la région de Sikasso.

Grâce à l’appui de ces fonds, aux efforts du Gouvernement, de l’UNICEF et de ses partenaires, de nouvelles stratégies ont été mises en place pour la réduction de la mortalité néonatale et maternelle, particulièrement dans les districts qui enregistrent encore les taux les plus élevés.

Bien que le recul ne soit pas suffisant, des résultats encourageants ont été enregistrés. A Sikasso, plus de 50% des petit poids de naissance suivis en Soins Mère Kangourou, une méthode qui consiste à porter un enfant prématuré ou petit poids de naissance sur le ventre en contact peau contre peau, ont été sauvés en 2019. Ceci témoignant de l’amélioration de la qualité de la prise en charge et de l’efficience des stratégies mises en place.

Une femme medecin prends soin d'un nouveau placé dans une couveuse
© UNICEF/UN0372710/Keïta

Les jumeaux Fousseyni et Awa, nés 2 ans après la mise en place de ces stratégies, ont donc eu de meilleures chances d’avoir un bon départ dans la vie. Malgré leurs petits poids de naissance, ils ont été admis à l’unité de néonatologie du centre de santé de référence (CSRéf) de Sikasso et aussitôt placés dans des couveuses. Après 7 jours de soins intensifs, ils ont été transférés à l’unité de Soins Mère Kangourou.

« Je me rappelle comme si c’était hier, ils étaient tellement petits, mais je savais qu’ils avaient toutes les chances de s’en sortir et de récupérer le poids normal de naissance qui est de 2500 grammes » raconte Dr Sabou Doumbia, 35 ans, pédiatre responsable de cette unité de néonatologie depuis maintenant 3 ans. « Avant on pouvait compter entre 3 à 4 décès par semaine, surtout chez les prématurés. Tous les bébés qui naissaient avec un poids de moins de 1000 g étaient systématiquement référés à l’hôpital. Aujourd’hui grâce à tous les équipements que nous avons reçus et toutes les stratégies mises en place, nous gardons même les bébés qui naissent avec moins de 800 g » confie-t-elle.

Grâce aux fonds français Muskoka l’unité de néonatologie a bénéficié, en plus du renforcement des compétences de son personnel soignant (soit 12 infirmiers, 1 médecin et 1 pédiatre), entre autres de 3 couveuses, 14 berceaux, 1 pèse-bébé, un extracteur d’oxygène, un appareil de photothérapie, 2 aspirateurs à pédale, de 2 saturomètres et d’un glycomètre. Depuis la mise en place de ces stratégies et la dotation en nouveaux équipements, Dr Sabou affirme que son unité a connu une baisse de 8% des décès néonataux par mois.

Une mère allaite ses deux jumeaux assise sur un tapis au sol.
© UNICEF/UN0372721/Keïta

Les jumeaux Fousseyni et Awa, quant à eux, sont finalement rentrés chez eux après 2 mois de Soins Mère Kangourou. « Aujourd’hui ils ont 8 mois et pèsent chacun plus de 6kg. Awa est joyeuse et aime qu’on joue avec elle. Fousseyni lui, il a du caractère mais est très éveillé et a déjà commencé à gazouiller, » explique leur maman, heureuse de voir ses jumeaux grandir en bonne santé.

En plus d’avoir eu les meilleures soins, Awa et Fousseyni continuent à être allaité, ont chacun son acte de naissance, sont à jour dans leur vaccination et sont surtout entourés par l’amour de leurs parents, un paquet intégré qui leur offrira un meilleur départ dans la vie.