Bande de Gaza : en août, le taux de malnutrition de l’enfant, dévastateur, dépasse le record de juillet

Après la confirmation de la famine par l’IPC de juillet dans la ville de Gaza, les dépistages montrent qu’un enfant sur cinq souffre de malnutrition aiguë alors que l’offensive militaire s’intensifie.

12 septembre 2025
Mariam, âgée de 2 ans, est allongée sur un lit à l'hôpital Nasser de Khan Younis, dans la bande de Gaza. Mariam souffre de malnutrition aiguë. Elle ne pèse que 5 kilos, alors que le poids moyen d'un enfant de deux ans devrait être d'environ 11 kilos. Sa mère explique que Mariam était en bonne santé à sa naissance, mais qu'elle a commencé à perdre du poids il y a quelques mois. Aujourd'hui, elle est souvent trop faible pour manger et visiblement épuisée.
UNICEF/UNI812782/Eleyan Le 5 juin 2025, Mariam, âgée de 2 ans, est allongée sur un lit à l'hôpital Nasser de Khan Younis, dans la bande de Gaza. Mariam souffre de malnutrition aiguë. Elle ne pèse que 5 kilos, alors que le poids moyen d'un enfant de deux ans devrait être d'environ 11 kilos. Sa mère explique que Mariam était en bonne santé à sa naissance, mais qu'elle a commencé à perdre du poids il y a quelques mois. Aujourd'hui, elle est souvent trop faible pour manger et visiblement épuisée. Elle a besoin de toute urgence d'un soutien nutritionnel et d'un traitement médical approprié.

NEW YORK, le 11 septembre 2025 – La malnutrition de l’enfant dans la bande de Gaza continue de s’aggraver à un rythme alarmant, comme en témoignent les dernières données des dépistages effectués en août, qui indiquent qu’une proportion sans précédent d’enfants sont atteints de malnutrition aiguë.

D’après les dépistages menés dans l’ensemble de l’enclave, le pourcentage d’enfants souffrant de malnutrition aiguë a encore augmenté, passant de 8,3 % en juillet à 13,5 % en août. Dans la ville de Gaza, où la famine a été confirmée le mois dernier, le pourcentage d’enfants pris en charge en raison de la malnutrition était encore plus élevé, atteignant 19 %, contre 16 % en juillet.

Pour ce qui est des chiffres bruts, les dernières données fournies par nos partenaires nutritionnels dans la bande de Gaza indiquent qu’au moins 12 800 enfants étaient atteints de malnutrition aiguë en août. Il convient de noter que les ordres d’évacuation et l’intensification des opérations militaires ont récemment contraint 10 centres de traitement ambulatoire à fermer, ce qui signifie que moins d’enfants ont pu être examinés. En comparaison, en juillet, lorsque les chiffres faisaient état de 13 000 enfants, les capacités de dépistage étaient bien plus importantes et l’activité militaire était moindre et n’entravait pas autant l’accès au dépistage.

La situation des personnes les plus vulnérables continue de se détériorer. La proportion d’enfants pris en charge pour cause de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus mortelle de malnutrition, ne cesse d’augmenter dramatiquement depuis le début de l’année. En août, 23 % des enfants pris en charge souffraient de malnutrition sévère aiguë, contre 12 % six mois plus tôt.

« En août, dans la ville de Gaza, un enfant sur cinq souffrait de malnutrition aiguë et avait besoin d’un soutien nutritionnel et d’un traitement vital fourni par l’UNICEF », indique Catherine Russell, Directrice générale de l’UNICEF.  « Bien que nous ayons réussi à acheminer davantage de fournitures dans l’enclave, l’intensification de l’offensive militaire dans la ville de Gaza a contraint près d’une douzaine de centres de nutrition à fermer, aggravant la vulnérabilité des enfants. Il est impératif de protéger les services de nutrition dans la ville de Gaza et dans l’ensemble de l’enclave. Aucun enfant ne devrait souffrir d’une maladie que nous pouvons éviter et traiter lorsque nous avons accès aux familles et les moyens d’agir en toute sécurité. »

L’UNICEF continue d’alerter sur les risques liés à une escalade de l’offensive militaire dans la ville de Gaza. Face au manque d’abris et de services, l’intensification actuelle des opérations militaires provoque déjà un nombre catastrophique de victimes civiles ainsi que l’effondrement presque total des derniers moyens de survie des enfants, les coupant des services vitaux dont ils ont besoin pour recevoir un diagnostic et un traitement.

À l’instar des enfants en bas âge, les femmes enceintes et allaitantes sont particulièrement touchées par l’insuffisance alimentaire. Alors que les professionnels de la santé sont contraints de réduire les services de nutrition qui leur sont destinés et ne peuvent leur offrir une prise en charge adaptée, les mères et les nourrissons font face à des risques majeurs. Actuellement, dans l’enclave, un bébé sur cinq naît déjà prématurément ou en état d’insuffisance pondérale.

L’UNICEF s’attache à intensifier l’acheminement et la distribution de fournitures nutritionnelles essentielles, en collaboration avec ses partenaires nutritionnels, dans près de 140 sites à travers le territoire. Les stocks d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) ont ainsi récemment augmenté et devraient être suffisants pour traiter le nombre estimé d’enfants atteints de malnutrition aiguë sévère d’ici à la fin de l’année. Cependant, d’autres fournitures nutritionnelles essentielles pour répondre aux besoins des nourrissons et des femmes enceintes et allaitantes à l’intérieur de la bande de Gaza continuent de manquer. Les stocks préventifs, ainsi que les réserves d’aliments nutritifs, doivent être renforcés de toute urgence si nous voulons enrayer l’apparition de la malnutrition.

Grâce à la reprise partielle de l’entrée des marchandises commerciales dans la bande de Gaza, davantage de produits alimentaires sont disponibles à la vente sur les marchés, et les prix diminuent progressivement après avoir atteint des niveaux extrêmement élevés. Cependant, de nombreux produits essentiels restent indisponibles ou inabordables, en particulier pour les familles les plus vulnérables.

L’UNICEF insiste sur le besoin pressant d’accroître les volumes d’aide alimentaire, ainsi que d’améliorer considérablement leur acheminement, leur distribution et leur accessibilité, ce qui vaut également pour les produits nutritifs, les abris, le combustible, le gaz de cuisine et les ressources pour la production alimentaire. Il est impératif de soutenir la réhabilitation du système de santé, de maintenir et de relancer les services de santé essentiels, notamment les soins de santé primaires, et de veiller à ce que les fournitures médicales puissent être acheminées de manière ininterrompue jusqu’à Gaza et dans l’ensemble de l’enclave. Le rétablissement des flux commerciaux à grande échelle, des systèmes de marché, des services essentiels et de la production alimentaire locale est également vital pour contrer les pires effets de la famine.

L’UNICEF appelle toutes les parties à rétablir le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international. Les civils, ainsi que les infrastructures vitales dont ils dépendent, notamment les hôpitaux, les abris, les centres de nutrition et les systèmes d’approvisionnement en eau, doivent toujours être protégés, conformément au droit international humanitaire. Les civils, y compris les familles touchées par un ordre d’évacuation, doivent être protégés et autorisés à se déplacer librement pour se mettre en sécurité, sans jamais être déplacés de force. Israël doit autoriser l’entrée rapide et sans entrave d’une aide humanitaire suffisante dans la bande de Gaza, et garantir au personnel humanitaire un accès sûr, durable et constant afin de lui permettre de fournir une aide vitale partout où elle est nécessaire. L’UNICEF appelle également le Hamas et les autres groupes armés à libérer immédiatement tous les otages encore détenus.

Contacts presse

Ricardo Pires
Responsable de communication
UNICEF Genève
Tél: +41 79 481 5021
Adresse électronique: [email protected]
Tess Ingram
UNICEF Moyen-Orient et Afrique du Nord
Tél: +962 7 9385 7212
Adresse électronique: [email protected]

Ressources supplémentaires

Une mère tient son enfant souffrant de malnutrition dans les bras
Yazan, âgé de deux ans, souffre de malnutrition sévère. Il vit dans le camp de réfugiés de Shati (Beach) à Gaza. Sa mère, Naima, explique : « Nous n'avons reçu ni farine ni aide alimentaire depuis deux mois. » Yazan est assis sur un morceau de mousse déchiré, ses yeux lourds de fatigue et son corps maigre montrent des signes de faim. La malnutrition s'est rapidement répandue parmi les enfants de la bande de Gaza, avec des taux qui ont quadruplé dans la ville de Gaza depuis février.

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF, le Fonds des Nations Unies pour l’enfance, œuvre à la protection des droits de chaque enfant, où qu’il soit, en particulier ceux des plus défavorisés et des plus difficiles à atteindre. Dans plus de 190 pays et territoires, nous mettons tout en œuvre pour aider les enfants à vivre, à s’épanouir et à réaliser leur potentiel. 

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